Project Gutenberg's Technologies et livre pour tous, by Marie Lebert

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Title: Technologies et livre pour tous

Author: Marie Lebert

Release Date: March 14, 2009 [EBook #27047]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TECHNOLOGIES ET LIVRE POUR TOUS ***




Produced by Al Haines







TECHNOLOGIES ET LIVRE POUR TOUS


MARIE LEBERT


Nouvelle version


NEF, University of Toronto, 2008


Copyright  2008 Marie Lebert



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Du Projet Gutenberg en 1971  l'Encyclopedia of Life en 2007, 38 tapes
avec rsum et description plus dtaille. Ce dossier est disponible
aussi en anglais, avec un texte diffrent. Les deux versions sont
disponibles sur le NEF
<http://www.etudes-francaises.net/dossiers/technologies.htm>.

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Marie Lebert, chercheuse et journaliste, s'intresse aux technologies
dans le monde du livre, des autres mdias et des langues. Elle est
l'auteure des ouvrages Les mutations du livre (2007) et Le Livre 010101
(2003). Tous ses livres et dossiers sont publis par le NEF (Net des
tudes franaises), Universit de Toronto, et sont librement
disponibles en ligne sur le NEF <http://www.etudes-francaises.net>.

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Ce dossier doit beaucoup  toutes les personnes ayant accept de
rpondre  mes questions, dont certaines pendant plusieurs annes. La
plupart des entretiens sont disponibles sur le NEF
<www.etudes-francaises.net/entretiens/index.htm>.

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TABLE

Introduction

  1968: ASCII
  1971: Projet Gutenberg
  1974: Internet
  1977: UNIMARC
  1984: Copyleft
  1990: Web
  1991: Unicode
  1993: Online Books Page
  1993: Format PDF
  1994: Premier site de bibliothque
  1994: Des titres gratuits / payants
  1995: Amazon.com
  1995: Presse en ligne
  1996: Palm Pilot
  1996: Internet Archive
  1996: Enseignement et internet
  1997: Publication numrique
  1997: Dictionnaires en ligne
  1997: Convergence multimdia
  1998: Gallica
  1998: Bibliothcaires numriques
  1998: Web multilingue
  1999: Format Open eBook
  1999: Auteurs numriques
  2000: yourDictionary.com
  2000: Bible de Gutenberg en ligne
  2000: Distributed Proofreaders
  2000: Public Library of Science
  2001: Wikipedia
  2001: Creative Commons
  2002: Cours du MIT gratuits
  2004: Projet Gutenberg Europe
  2004: Google Books
  2005: Open Content Alliance
  2006: WorldCat gratuit
  2007: Citizendium
  2007: Encyclopedia of Life



INTRODUCTION

Michael Hart fonde le Projet Gutenberg en 1971. Il crit en 1998: "Nous
considrons le texte lectronique comme un nouveau mdium, sans
vritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous
diffusons les mmes oeuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut
concurrencer le texte lectronique une fois que les gens y sont
habitus, particulirement dans les tablissements d'enseignement."
(entretien du NEF)

Tim Berners-Lee invente le web en 1990. Il crit en 1998: "Le rve
derrire le web est un espace d'information commun dans lequel nous
communiquons en partageant l'information. Son universalit est
essentielle,  savoir le fait qu'un lien hypertexte puisse pointer sur
quoi que ce soit, quelque chose de personnel, de local ou de global,
aussi bien une bauche qu'une ralisation trs sophistique. Deuxime
partie de ce rve, le web deviendrait d'une utilisation tellement
courante qu'il serait un miroir raliste (sinon la principale
incarnation) de la manire dont nous travaillons, jouons et nouons des
relations sociales. Une fois que ces interactions seraient en ligne,
nous pourrions utiliser nos ordinateurs pour nous aider  les analyser,
donner un sens  ce que nous faisons, et voir comment chacun trouve sa
place et comment nous pouvons mieux travailler ensemble." (The World
Wide Web: A very short personal history)

here was a second part of the dream, too, dependent on the web being so
generally used that it became a realistic mirror (or in fact the
primary embodiment) of the ways in which we work and play and
socialize. That was that once the state of our interactions was on
line, we could then use computers to help us analyse it, make sense of
what we are doing, where we individually fit in, and how we can better
work together."

John Mark Ockerbloom cre l'Online Books Page en 1993. Il crit en
1998: "Je me suis passionn pour l'norme potentiel qu'a l'internet de
rendre la littrature accessible au plus grand nombre. (...) Je suis
trs intress par le dveloppement de l'internet en tant que mdium de
communication de masse dans les prochaines annes. J'aimerais aussi
rester impliqu dans la mise  disposition gratuite de livres sur
l'internet, que ceci fasse partie intgrante de mon activit
professionnelle, ou que ceci soit une activit bnvole mene sur mon
temps libre." (entretien du NEF)

Voici le voyage virtuel que nous allons suivre:

  1968: Le code ASCII est le premier systme d'encodage informatique.
  1971: Le Projet Gutenberg est la premire bibliothque numrique.
  1974: L'internet prend son envol.
  1977: L'UNIMARC est cr en tant que format bibliographique commun.
  1984: Le copyleft est une adaptation du copyright pour les logiciels.
  1990: Le web fait ses dbuts.
  1991: L'Unicode est un systme d'encodage universel pour toutes les
        langues.
  1993: L'Online Books Page est le premier rpertoire de livres gratuits.
  1993: Le format PDF est lanc par Adobe.
  1994: Le premier site de bibliothque est mis en ligne.
  1994: Les diteurs utilisent le web comme outil de marketing.
  1995: Amazon.com est la premire grande librairie en ligne.
  1995: La grande presse se met en ligne.
  1996: Le Palm Pilot est le premier assistant personnel.
  1996: L'Internet Archive est cre pour archiver le web.
  1996: De nouvelles mthodes d'enseignement sont  l'tude.
  1997: L'dition en ligne commence  se gnraliser.
  1997: Des dictionaires sont mis en ligne gratuitement.
  1997: La convergence multimdia est le sujet d'un colloque.
  1998: Gallica est le secteur numrique de la Bibliothque nationale de
        France.
  1998: Le web devient multilingue.
  1998: Les bibliothcaires numriques font carrire.
  1999: L'Open eBook (OeB) sera le format standard des livres numriques.
  1999: Certains auteurs se mettent au numrique.
  2000: yourDictionary.com est cr en tant que portail pour les langues.
  2000: La Bible de Gutenberg est mise en ligne.
  2000: Distributed Proofreaders oeuvre pour le Projet Gutenberg.
  2000: La Public Library of Science (PLoS) lancera des revues
        scientifiques gratuites.
  2001: Wikipedia est la premire grande encyclopdie collaborative.
  2001: La licence Creative Commons rnove le droit d'auteur sur le web.
  2003: Le MIT OpenCourseWare met les cours du MIT  la disposition de
        tous.
  2004: Le Projet Gutenberg Europe dbute une bibliothque multilingue.
  2004: Google Print laisse la place  Google Books.
  2005: L'Open Content Alliance (OCA) lance une bibliothque universelle
        publique.
  2006: Le catalogue collectif WorldCat devient gratuit.
  2007: Citizendium promeut une encyclopdie collaborative "fiable".
  2007: L'Encyclopedia of Life rpertoriera toutes les espces vgtales
        et animales.

[La plupart des citations sont des extraits des Entretiens du NEF.]



1968: ASCII


[Rsum]

Publi par l'ANSI (American National Standards Institute) en 1968, aux
dbuts de l'informatique, avec actualisation en 1977 et en 1986, le
code ASCII (American standard code for information interchange) est un
code standard de 128 caractres traduits en langage binaire sur sept
bits (A est traduit par "1000001", B est traduit par "1000010", etc.).
Les 128 caractres comprennent 33 caractres de contrle (qui ne
reprsentent donc pas de symbole crit) et 95 caractres imprimables:
les 26 lettres sans accent en majuscules (A-Z) et minuscules (a-z), les
chiffres, les signes de ponctuation et quelques symboles,  savoir les
touches du clavier anglais ou amricain. L'ASCII permet donc uniquement
la lecture de l'anglais et du latin. Par la suite, des variantes de
l'ASCII (norme ISO-8859 ou ISO-Latin) prennent en compte les caractres
accentus de quelques langues europennes. La variante pour le franais
est dfinie par la norme ISO 8859-1 (Latin-1).


[En dtail]

Le premier systme d'encodage informatique est l'ASCII (American
standard code for information interchange). Publi par l'American
National Standards Institute (ANSI) en 1968, avec actualisation en 1977
et 1986, l'ASCII est un code standard de 128 caractres traduits en
langage binaire sur sept bits (A est traduit par "1000001", B est
traduit par "1000010", etc.). Les 128 caractres comprennent 33
caractres de contrle (qui ne reprsentent donc pas de symbole crit)
et 95 caractres imprimables: les 26 lettres sans accent en majuscules
(A-Z) et minuscules (a-z), les chiffres, les signes de ponctuation et
quelques symboles, le tout correspondant aux touches du clavier anglais
ou amricain.

L'ASCII permet uniquement la lecture de l'anglais et du latin. Il ne
permet pas de prendre en compte les lettres accentues prsentes dans
bon nombre de langues europennes, et  plus forte raison les systmes
non alphabtiques (chinois, japonais, coren, etc.). Ceci ne pose pas
de problme majeur les premires annes, tant que l'change de fichiers
lectroniques se limite essentiellement  l'Amrique du Nord. Des
variantes de l'ASCII (norme ISO-8859 ou ISO-Latin) prennent en compte
les caractres accentus de quelques langues europennes. La variante
pour le franais est dfinie par la norme ISO 8859-1 (Latin-1). Mais le
passage de l'ASCII original  ses diffrentes extensions devient vite
un vritable casse-tte, y compris au sein de l'Union europenne, les
problmes tant entre autres la multiplication des variantes, la
corruption des donnes dans les changes informatiques ou encore
l'incompatibilit des systmes, les pages ne pouvant tre affiches que
dans une seule langue  la fois.

Avec le dveloppement du web, l'change des donnes s'internationalise
de plus en plus. On ne peut plus se limiter  l'utilisation de
l'anglais et de quelques langues europennes, traduites par un systme
d'encodage datant des annes 1960. Publi pour la premire fois en
janvier 1991, l'Unicode est un systme d'encodage universel sur 16 bits
spcifiant un nombre unique pour chaque caractre. Ce nombre est
lisible quels que soient la plateforme, le logiciel et la langue
utiliss. L'Unicode peut traiter 65.000 caractres uniques et prendre
en compte tous les systmes d'criture de la plante.

L'ASCII garde toutefois une place prpondrante. Dnomm  juste titre
le plus petit dnominateur commun, l'ASCII sur sept bits est le seul
format compatible avec 99% des machines et des logiciels, et pouvant
tre converti dans d'autres formats. Il sera toujours utilis quand
d'autres formats auront disparu,  commencer par les formats phmres
lis  quelques tablettes de lecture commercialises depuis 1999 et
dj disparues du march. Il est l'assurance que les documents
survivront aux changements technologiques des prochaines dcennies ou
mme des prochains sicles. Il n'existe pas d'autre standard aussi
largement utilis, y compris l'Unicode, ce jusqu'en 2008, date 
laquelle les deux systmes d'encodage sont galement reprsents sur le
web.



1971: PROJET GUTENBERG


[Rsum]

Fond par Michael Hart en juillet 1971 alors qu'il tait tudiant 
l'Universit d'Illinois (Etats-Unis), le Projet Gutenberg a pour but de
diffuser gratuitement par voie lectronique le plus grand nombre
possible d'oeuvres du domaine public. Il est le premier site
d'information sur un internet encore embryonnaire, qui dbute
vritablement en 1974 et prend son essor en 1983. Vient ensuite le web
(sous-ensemble de l'internet), oprationnel en 1991, puis le premier
navigateur, qui apparat en novembre 1993. Lorsque l'utilisation du web
se gnralise, le Projet Gutenberg trouve un second souffle et un
rayonnement international. Au fil des ans, des centaines d'oeuvres sont
patiemment numrises en mode texte par des milliers de volontaires.
D'abord essentiellement anglophones, les collections deviennent peu 
peu multilingues. Le Projet Gutenberg Europe dbute en janvier 2004. Le
Projet Gutenberg franchit la barre des 20.000 titres en dcembre 2006
et celle des 25.000 titres en avril 2008.


[En dtail]

Si le livre imprim a cinq sicles et demi, le livre numrique n'a pas
encore 40 ans. Il est n avec le Projet Gutenberg, cr en juillet 1971
par Michael Hart pour diffuser gratuitement sous forme lectronique les
oeuvres littraires du domaine public. Site pionnier  tous gards, le
Projet Gutenberg est  la fois le premier site d'information sur un
rseau encore embryonnaire et la premire bibliothque numrique.
Longtemps considr par ses dtracteurs comme totalement irraliste, le
Projet Gutenberg compte 30.00 titres en novembre 2008, avec des
dizaines de milliers de tlchargements quotidiens. A ce jour, personne
n'a fait mieux pour mettre les classiques de la littrature mondiale 
la disposition de tous, ni pour crer  moindres frais un immense
rseau de volontaires de par le monde, sans gchis de comptences ni
d'nergie.

Les vingt premires annes, Michael Hart numrise lui-mme les cent
premiers livres, avec l'aide occasionnelle de telle ou telle personne.
Lorsque l'utilisation du web se gnralise au milieu des annes 1990,
le projet trouve un second souffle et un rayonnement international.
Tout en continuant de numriser des livres, Michael coordonne dsormais
le travail de dizaines puis de centaines de volontaires de par le
monde. Les collections atteignent 1.000 livres en aot 1997, 2.000
livres en mai 1999, 3.000 livres en dcembre 2000 et 4.000 livres en
octobre 2001.

Trente ans aprs ses dbuts, le Projet Gutenberg fonctionne  plein
rgime. La barre des 5.000 livres est franchie en avril 2002, celle des
10.000 livres en octobre 2003, celle des 15.000 livres en janvier 2005,
celle des 20.000 livres en dcembre 2006 et celle des 25.000 livres en
avril 2008, avec 340 nouveaux livres par mois, 40 sites miroirs dans de
nombreux pays, plusieurs dizaines de milliers de tlchargements par
jour et des dizaines de milliers de volontaires toutes quipes
confondues.

Qu'ils aient t numriss il y a trente ans ou qu'ils soient numriss
maintenant, tous les livres sont numriss en mode texte, en utilisant
l'ASCII (American standard code for information interchange) original
sur sept bits, avec des rgles prcises pour le formatage. Grce  quoi
les textes peuvent tre lus sans problme quels que soient la machine,
la plateforme et le logiciel utiliss, y compris sur un PDA ou sur une
tablette de lecture. Libre ensuite  chacun de convertir les livres
dans d'autres formats, aprs avoir vrifi que les oeuvres sont
galement du domaine public dans le pays concern.

En janvier 2004, le Projet Gutenberg essaime outre-Atlantique avec la
cration du Projet Gutenberg Europe. A la mission originelle s'ajoute
le rle de passerelle entre les langues et les cultures, avec de
nombreuses sections nationales et linguistiques. Tout en conservant la
mme ligne de conduite,  savoir la lecture pour tous  moindres frais,
par le biais du texte lectronique gratuit, indfiniment utilisable et
reproductible. Et, dans un deuxime temps, la numrisation de l'image
et du son, dans le mme esprit.



1974: INTERNET


[Rsum]

Apparu en 1974, l'internet se dveloppe rapidement  partir de 1983.
L'internet est un vaste rseau informatique oprant  l'chelle
mondiale et reliant une multitude de sous-rseaux au moyen d'un mme
protocole (IP: internet protocol), ce protocole permettant  des
ordinateurs diffrents de communiquer entre eux. Le rseau internet
regroupe les rseaux publics, rseaux privs, rseaux commerciaux,
rseaux d'enseignement, rseaux de services, etc., oprant  l'chelle
plantaire pour offrir d'normes ressources en information,
communication et diffusion.  Vinton Cerf est souvent appel le pre de
l'internet parce qu'il cre en 1974 (avec Bob Kahn) le protocole TCP/IP
(transmission control protocol / internet protocol),  la base de tout
change de donnes. En 1992, Vinton Cerf fonde l'Internet Society
(ISOC), un organisme international visant  promouvoir le dveloppement
de l'internet. Quelque trente ans aprs les dbuts de l'internet, "ses
trois pouvoirs - l'ubiquit, la varit et l'interactivit - rendent
son potentiel d'usages quasi infini" (Le Monde, 19 aot 2005).


[En dtail]

Apparu en 1974, l'internet est d'abord un phnomne exprimental
enthousiasmant quelques branchs. A partir de 1983, il relie les
centres de recherche et les universits. Suite  l'apparition du web en
1990 et du premier navigateur en 1993, il envahit notre vie
quotidienne. Les signes cabalistiques des adresses web fleurissent sur
les livres, les journaux, les affiches et les publicits. La presse
s'enflamme pour ce nouveau mdium. La majuscule d'origine d'Internet
s'estompe. Internet devient l'internet, avec un "i" minuscule. De nom
propre il devient nom commun, au mme titre que l'ordinateur, le
tlphone, le fax et le minitel. La mme remarque vaut pour le World
Wide Web, qui devient tout simplement le web.

Mais comment dfinir l'internet autrement que par ses composantes
techniques? Sur le site de l'Internet Society (ISOC), organisme
international coordonnant le dveloppement du rseau, A Brief History
of the Internet propose une triple dfinition. L'internet est: (a) un
instrument de diffusion internationale, (b) un mcanisme de diffusion
de l'information, (c) un moyen de collaboration et d'interaction entre
les individus et les ordinateurs, indpendamment de leur situation
gographique.

Selon ce document, bien plus que toute autre invention (tlgraphe,
tlphone, radio, ordinateur), l'internet rvolutionne de fond en
comble le monde des communications. Il reprsente l'un des exemples les
plus russis d'interaction entre un investissement soutenu dans la
recherche et le dveloppement d'une infrastructure de l'information,
dans le cadre d'un rel partenariat entre les gouvernements, les
entreprises et les universits.

Sur le site du World Wide Web Consortium (W3C), organisme international
de normalisation du web, Bruce Sterling dcrit le dveloppement
spectaculaire de l'internet dans Short History of the Internet.
L'internet se dveloppe plus vite que les tlphones cellulaires et les
tlcopieurs. En 1996, sa croissance est de 20% par mois. Le nombre de
machines ayant une connexion directe TCP/IP (transmission control
protocol / internet protocol) a doubl depuis 1988. D'abord prsent
dans l'arme et dans les instituts de recherche, l'internet dferle
dans les coles, les universits et les bibliothques, et il est
galement pris d'assaut par le secteur commercial.

Bruce Sterling s'intresse aux raisons pour lesquelles on se connecte 
l'internet. Une raison majeure lui semble tre la libert. L'internet
est un exemple d'"anarchie relle, moderne et fonctionnelle". Il n'y a
pas de socit rgissant l'internet. Il n'y a pas non plus de censeurs
officiels, de patrons, de comits de direction ou d'actionnaires. Toute
personne peut parler d'gale  gale avec une autre, du moment qu'elle
se conforme aux protocoles TCP/IP, des protocoles qui ne sont pas
sociaux ni politiques mais strictement techniques. Malgr tous les
efforts des "dinosaures" politiques et commerciaux, il est difficile 
quelque organisme que ce soit de mettre la main sur l'internet. C'est
ce qui fait sa force.

On y voit aussi une relle solidarit. Christiane Jadelot, ingnieur
d'tudes  l'INaLF-Nancy (INaLF: Institut national de la langue
franaise), relate en juin 1998: "J'ai commenc  utiliser vraiment
l'internet en 1994, je crois, avec un logiciel qui s'appelait Mosaic.
J'ai alors dcouvert un outil prcieux pour progresser dans ses
connaissances en informatique et linguistique, littrature... Tous les
domaines sont couverts. Il y a le pire et le meilleur, mais en
consommateur averti, il faut faire le tri de ce que l'on trouve. J'ai
surtout apprci les logiciels de courrier, de transfert de fichiers,
de connexion  distance. J'avais  cette poque des problmes avec un
logiciel qui s'appelait Paradox et des polices de caractres inadaptes
 ce que je voulais faire. J'ai tent ma chance et pos la question
dans un groupe de News appropri. J'ai reu des rponses du monde
entier, comme si chacun tait soucieux de trouver une solution  mon
problme!"

En janvier 1998, lors d'un entretien avec Annick Rivoire, journaliste
du quotidien Libration, Pierre Lvy, philosophe, explique que
l'internet ouve la voie  une forme d'intelligence collective: "Les
rseaux permettent de mettre en commun nos mmoires, nos comptences,
nos imaginations, nos projets, nos ides, et de faire en sorte que
toutes les diffrences, les singularits se relancent les unes les
autres, entrent en complmentarit, en synergie."

D'aprs Timothy Leary, philosophe adepte du cyberespace ds ses dbuts,
le 21e sicle verrait l'mergence d'un nouvel humanisme, dont les
ides-force seraient la contestation de l'autorit, la libert de
pense et la crativit personnelle, le tout soutenu et encourag par
la vulgarisation de l'ordinateur et des technologies de la
communication. Dans son livre Chaos et cyberculture (ditions du
Lzard, 1998), il crit: "Jamais l'individu n'a eu  sa porte un tel
pouvoir. Mais,  l'ge de l'information, il faut saisir les signaux.
Populariser signifie 'rendre accessible au peuple'. Aujourd'hui, le
rle du philosophe est de personnaliser, de populariser et d'humaniser
les concepts informatiques, de faon  ce que personne ne se sente
exclu."

Outre ce changement radical dans la relation information-utilisateur,
on assiste  une transformation radicale de la nature mme de
l'information. L'information contenue dans les livres reste la mme, au
moins pendant une priode donne, alors que l'internet privilgie
l'information la plus rcente qui, elle, est en constante mutation.
Vinton Cerf co-invente avec Bob Kahn en 1974 le protocole TCP/IP,  la
base de tout change de donnes sur le rseau. Sur le site de
l'Internet Society (ISOC), qu'il fonde en 1992 pour promouvoir le
dveloppement de l'internet, il explique: "Le rseau fait deux choses
(...): comme les livres, il permet d'accumuler de la connaissance.
Mais, surtout, il la prsente sous une forme qui la met en relation
avec d'autres informations. Alors que, dans un livre, l'information est
maintenue isole."



1977: UNIMARC


[Rsum]

Cr en 1977 par l'IFLA (International Federation of Library
Associations), le format UNIMARC (universal machine readable
cataloging) est un format universel permettant le stockage et l'change
de notices bibliographiques au moyen d'une codification des diffrentes
parties de la notice (auteur, titre, diteur, etc.) pour traitement
informatique. Ce format permet de favoriser les changes de donnes
entre les diffrents formats MARC existants, qui correspondent chacun 
une pratique nationale de catalogage (INTERMARC en France, UKMARC au
Royaume-Uni, USMARC aux Etats-Unis, CAN/MARC au Canada, etc.). Les
notices dans le format MARC d'origine sont d'abord converties au format
UNIMARC avant d'tre converties  nouveau dans le format MARC de
destination. UNIMARC peut galement tre utilis comme "modle" pour le
dveloppement de nouveaux formats MARC.


[En dtail]

A la fin des annes 1990, l'avenir des catalogues en rseau tient 
l'harmonisation du format MARC (machine readable cataloging) par le
biais de l'UNIMARC (universal machine readable cataloging). Cr en
1977 par l'IFLA (International Federation of Library Associations), le
format UNIMARC est un format universel permettant le stockage et
l'change de notices bibliographiques au moyen d'une codification des
diffrentes parties de la notice (auteur, titre, diteur, etc.) pour
traitement informatique. Ce format favorise les changes de donnes
entre la vingtaine de formats MARC existants, qui correspondent chacun
 une pratique nationale de catalogage (INTERMARC en France, UKMARC au
Royaume-Uni, USMARC aux Etats-Unis, CAN/MARC au Canada, etc.). Les
notices dans le format MARC d'origine sont d'abord converties au format
UNIMARC avant d'tre converties  nouveau dans le format MARC de
destination. UNIMARC peut aussi tre utilis comme standard pour le
dveloppement de nouveaux formats MARC.

Dans le monde anglophone, la British Library (qui utilise UKMARC), la
Library of Congress (qui utilise USMARC) et la Bibliothque nationale
du Canada (qui utilise CAN/MARC) dcident d'harmoniser leurs formats
MARC nationaux. Un programme de trois ans (de dcembre 1995  dcembre
1998) permet de mettre au point un format MARC commun aux trois
bibliothques.

Paralllement, en 1996, dans le cadre de son Programme des
bibliothques, la Commission europenne promeut l'utilisation du format
UNIMARC comme format commun d'change entre tous les formats MARC
utiliss dans les pays de l'Union europenne. Le groupe de travail
correspondant tudie aussi les problmes poss par les diffrentes
polices de caractres, ainsi que la manire d'harmoniser le format
bibliographique, tout comme le format du document lui-mme pour les
documents disponibles en ligne.



1984: COPYLEFT


[Rsum]

L'ide du copyleft est lance en 1984 par Richard Stallman, ingnieur
en informatique et dfenseur inlassable du mouvement open source au
sein de la Free Software Foundation (FSF). Conu  l'origine pour les
logiciels, le copyleft est formalis par la GPL (general public
license) et tendu par la suite  toute oeuvre de cration, le copyleft
contient la dclaration normale du copyright affirmant la proprit et
l'identification de l'auteur. Son originalit est de donner 
l'utilisateur le droit de librement redistribuer le document et de le
modifier. L'utilisateur ne peut toutefois revendiquer ni la paternit
du travail original ni celle des changements effectus par d'autres. De
plus, tous les travaux drivs sont eux-mmes soumis au copyleft. Chez
les auteurs et les crateurs numriques, les adeptes du copyleft sont
de plus en plus nombreux, afin de respecter la vocation premire du
web, rseau de communication et de diffusion  l'chelon mondial.



1990: WEB


[Rsum]

Nom usuel du World Wide Web, le web (avec ou sans majuscule) est conu
en 1989-90 par Tim Berners-Lee, alors chercheur au CERN (Organisation
europenne pour la recherche nuclaire)  Genve. En 1989, il met en
rseau des documents utilisant l'hypertexte. En 1990, il met au point
le premier serveur HTTP (hypertext transfert protocol) et le premier
navigateur web. En 1991, le web est oprationnel et change radicalement
l'utilisation de l'internet (qui existe depuis 1974). Selon les termes
mmes de son inventeur, le web est "un espace commun d'information dans
lequel nous communiquons en partageant cette information". En novembre
1993, le web prend son essor grce  Mosaic, premier navigateur 
destination du grand public. En octobre 1994 est fond le consortium
W3C (World Wide Web Consortium), un consortium international charg de
dvelopper les normes et protocoles ncessaires au bon fonctionnement
du web. Le W3C est prsid par Tim Berners-Lee. Quinze ans aprs la
cration du web, le magazine Wired constate dans son numro d'aot 2005
que "moins de la moiti du web est commercial, le reste fonctionne avec
la passion".


[En dtail]

Tim Berners-Lee invente le web en 1989-90. Dans The World Wide Web: A
very short personal history, il crit en avril 1998: "Le rve derrire
le web est un espace d'information commun dans lequel nous communiquons
en partageant l'information. Son universalit est essentielle,  savoir
le fait qu'un lien hypertexte puisse pointer sur quoi que ce soit,
quelque chose de personnel, de local ou de global, aussi bien une
bauche qu'une ralisation trs sophistique."

Le web est d'abord conu comme un grand livre compos de pages relies
entre elles par des liens hypertextes et reproduisant les modles
connus de l'dition papier. Certains appellent cette tape le web 1.0.

Hberg sur un serveur web et dfini par une adresse web, appele aussi
URL (uniform service locator), un site web est constitu d'un ensemble
de pages web relies par des liens hypertextes (reliant entre eux des
textes et des images) et hypermdias (reliant des textes et des images
 des graphiques, des images animes, des bandes sonores et des
vidos). Ces hyperliens sont utiliss au sein d'une mme page web, au
sein du mme site web (pour relier les pages les unes aux autres) et
vers d'autres sites web.

Le web permet au livre de se convertir. On voit apparatre les textes
lectroniques, les bibliothques numriques, les librairies en ligne,
les diteurs lectroniques, les encyclopdies en ligne, les oeuvres
hypermdias, les logiciels de lecture et les appareils de lecture
ddis. Le web devient une vaste encyclopdie.

Au dbut des annes 2000, des milliers d'oeuvres du domaine public sont
en accs libre. Les libraires et les diteurs ont pour la plupart un
site web. Certains naissent directement sur le web, avec la totalit de
leurs transactions s'effectuant via l'internet. De plus en plus de
livres et revues ne sont disponibles qu'en version numrique, pour
viter les cots d'une publication imprime. L'internet devient un
outil indispensable pour se documenter, avoir accs aux documents et
largir ses connaissances. Le web est non seulement une gigantesque
encyclopdie mais aussi une norme bibliothque, une immense librairie
et un mdium des plus complets. De statique dans les livres imprims,
l'information devient fluide, avec possibilit d'actualisation
constante.

Dans The World Wide Web: A very short personal history, document crit
en avril 1998, Tim Berners-Lee ajoute: "Deuxime partie de ce rve, le
web deviendrait d'une utilisation tellement courante qu'il serait un
miroir raliste (sinon la principale incarnation) de la manire dont
nous travaillons, jouons et nouons des relations sociales. Une fois que
ces interactions seraient en ligne, nous pourrions utiliser nos
ordinateurs pour nous aider  les analyser, donner un sens  ce que
nous faisons, et voir comment chacun trouve sa place et comment nous
pouvons mieux travailler ensemble."

En effet. Apparu en 2004, le web 2.0 serait un web de 2e gnration,
caractris par les notions de communaut et de partage, avec une
floppe de sites dont le contenu est aliment par les utilisateurs, par
exemple les blogs, les wikis et les sites "sociaux". L'expression "web
2.0" mane d'ailleurs d'un diteur puisqu'elle est utilise pour la
premire fois en 2004 par Tim O'Reilly, fondateur O'Reilly Media, en
tant que titre pour une srie de confrences. Certains parlent de World
Live Web au lieu de World Wide Web, le nom d'origine du web. Le web
vise non seulement  utiliser l'information, mais aussi  collaborer en
ligne, par exemple en tenant un blog personnel ou collectif, ou encore
en participant aux encyclopdies Citizendium ou Wikipedia, cette
dernire tant devenue l'un des dix sites les plus visits du web.
Certains sites comunautaires sont "incontournables", par exemple le
site de photos Flickr, le site de vidos YouTube ou les rseaux sociaux
Facebook et MySpace.

Le web 3.0 serait le web du futur, un web de 3e gnration qui
prendrait logiquement le relais du web 2.0. Il s'agirait d'un web
capable d'apporter une rponse complte  une requte exprime en
langage courant. D'aprs la socit Radar Networks, ce web serait "dot
d'une forme d'intelligence artificielle globale et collective", avec
des donnes qui seraient rassembles sur les nombreux sites sociaux
existant sur le web, tout comme les sites sur lesquels les utilisateurs
donnent leur avis. Ces donnes pourraient ensuite tre traites
automatiquement aprs avoir t structures sur la base du langage
descriptif RDF (resource description framework) dvelopp par le W3C
(World Wide Web Consortium), l'organisme international charg du
dveloppement du web. Cette dfinition du web 3.0 est d'ailleurs loin
de faire l'unanimit.

Terminons par quelques chiffres, ceux de Netcraft, une socit de
services internet qui fait un dcompte des sites web au fil des ans.
Netcraft recense un million de sites en avril 1997, 10 millions de
sites en fvrier 2000, 20 millions de sites en septembre 2000, 30
millions de sites en juillet 2001, 40 millions de sites en avril 2003,
50 millions de sites en mai 2004, 60 millions de sites en mars 2005, 70
millions de sites en aot 2005, 80 millions de sites en avril 2006, 90
millions de sites en aot 2006 et enfin 100 millions de sites le 1er
novembre 2006. La forte croissance de l'anne 2006 serait due 
l'explosion des sites de petites entreprises et des blogs.



1991: UNICODE


[Rsum]

Publi pour la premire fois en janvier 1991, l'Unicode est un systme
d'encodage informatique sur 16 bits spcifiant un nombre unique pour
chaque caractre. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme,
le logiciel et la langue utiliss. L'Unicode peut traiter 65.000
caractres uniques et prendre en compte tous les systmes d'criture de
la plante. A la grande satisfaction des linguistes, l'Unicode remplace
progressivement l'ASCII (American standard code for information
interchange), un systme d'encodage sur sept bits datant de 1968 et ne
pouvant traiter que l'anglais et quelques langues europennes.
L'utilisation de l'Unicode commence  se gnraliser en 1998. Les
versions rcentes du systme d'exploitation Windows de Microsoft
(Windows NT, Windows 2000, Windows XP, Windows Vista) utilisent
l'Unicode pour les fichiers texte, alors que les versions prcdentes
utilisaient l'ASCII. L'Unicode dispose de plusieurs variantes en
fonction des besoins, par exemple UTF-8, UTF-16 et UTF-32 (UTF: Unicode
transformation format).


[En dtail]

Avec l'apparition du web en 1990, l'change des donnes
s'internationalise de plus en plus. On ne peut plus se limiter 
l'utilisation de l'anglais et de quelques langues europennes,
transcrites en ASCII (American standard code for information
interchange), un systme d'encodage sur sept bits datant de 1968.

Publi pour la premire fois en janvier 1991, l'Unicode est un systme
d'encodage universel sur 16 bits spcifiant un nombre unique pour
chaque caractre. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme,
le logiciel et la langue utiliss. L'Unicode peut traiter 65.000
caractres uniques et prendre en compte tous les systmes d'criture de
la plante. A la grande satisfaction des linguistes, il remplace
progressivement l'ASCII. L'Unicode dispose de plusieurs variantes en
fonction des besoins, par exemple UTF-8, UTF-16 et UTF-32 (UTF: Unicode
transformation format). Il devient une composante des spcifications du
W3C (World Wide Web Consortium), l'organisme international charg du
dveloppement du web.

L'utilisation de l'Unicode se gnralise en 1998, par exemple pour les
fichiers texte sous plateforme Windows (Windows NT, Windows 2000,
Windows XP, Windows Vista), qui taient jusque-l en ASCII. Mais
l'Unicode ne peut rsoudre tous les problmes, comme le souligne en
juin 2000 Luc Dall'Armellina, co-auteur et webmestre d'oVosite, un
espace d'criture multimdia: "Les systmes d'exploitation se dotent
peu  peu des kits de langues et bientt peut-tre de polices de
caractres Unicode  mme de reprsenter toutes les langues du monde;
reste que chaque application, du traitement de texte au navigateur web,
embote ce pas. Les difficults sont immenses: notre clavier avec ses 
250 touches avoue ses manques ds lors qu'il faille saisir des Katakana
ou Hiragana japonais, pire encore avec la langue chinoise. La grande
varit des systmes d'critures de par le monde et le nombre de leurs
signes font barrage. Mais les cueils culturels ne sont pas moins
importants, lis aux codes et modalits de reprsentation propres 
chaque culture ou ethnie."

Que prconise Olivier Gainon, crateur de CyLibris et pionnier de
l'dition littraire en ligne? "Premire tape: le respect des
particularismes au niveau technique, explique-t-il en dcembre 2000. Il
faut que le rseau respecte les lettres accentues, les lettres
spcifiques, etc. Je crois trs important que les futurs protocoles
permettent une transmission parfaite de ces aspects - ce qui n'est pas
forcment simple (dans les futures volutions de l'HTML, ou des
protocoles IP, etc.). Donc, il faut que chacun puisse se sentir 
l'aise avec l'internet et que ce ne soit pas simplement rserv  des
(plus ou moins) anglophones. Il est anormal aujourd'hui que la
transmission d'accents puisse poser problme dans les courriers
lectroniques. La premire dmarche me semble donc une dmarche
technique. Si on arrive  faire cela, le reste en dcoule: la
reprsentation des langues se fera en fonction du nombre de connects,
et il faudra envisager  terme des moteurs de recherche multilingues."



1993: ONLINE BOOKS PAGE


[Rsum]

L'Online Books Page est cre en janvier 1993 par John Mark Ockerbloom
pour rpertorier les textes lectroniques de langue anglaise en accs
libre sur le web. A cette date, John Mark Ockerbloom est doctorant 
l'Universit Carnegie Mellon ( Pittsburgh, dans l'Etat de
Pennsylvanie). En 1999, il rejoint l'Universit de Pennsylvanie pour
travailler  la R&D (recherche et dveloppement) de la bibliothque
numrique. A la mme poque, il y transfre l'Online Books Page, tout
en gardant la mme prsentation, trs sobre, et il poursuit son travail
d'inventaire dans le mme esprit. En 2003, ce rpertoire fte ses dix
ans et recense 20.000 textes lectroniques, dont 4.000 textes publis
par des femmes. En 2006, il recense 25.000 textes. En 2008, il recense
30.000 textes, dont 7.000 titres du Projet Gutenberg.


[En dtail]

Si certains se donnent pour tche de numriser des oeuvres, comme le
Projet Gutenberg, d'autres dcident de rpertorier celles qui sont en
accs libre sur le web, en offrant au lecteur un point d'accs commun.
C'est le cas de John Mark Ockerbloom, doctorant  l'Universit Carnegie
Mellon ( Pittsburgh, dans l'Etat de Pennsylvanie), qui cre l'Online
Books Page pour recenser les oeuvres anglophones.

Cinq ans plus tard, en septembre 1998, John Mark relate: "J'tais
webmestre ici pour la section informatique de la CMU (Carnegie Mellon
University), et j'ai dbut notre site local en 1993. Il comprenait des
pages avec des liens vers des ressources disponibles localement, et 
l'origine l'Online Books Page tait l'une de ces pages, avec des liens
vers des livres mis en ligne par des collgues de notre dpartement
(par exemple Robert Stockton, qui a fait des versions web de certains
textes du Projet Gutenberg). Ensuite les gens ont commenc  demander
des liens vers des livres disponibles sur d'autres sites. J'ai remarqu
que de nombreux sites (et pas seulement le Projet Gutenberg ou Wiretap)
proposaient des livres en ligne, et qu'il serait utile d'en avoir une
liste complte qui permette de tlcharger ou de lire des livres o
qu'ils soient sur l'internet. C'est ainsi que mon index a dbut. J'ai
quitt mes fonctions de webmestre en 1996, mais j'ai gard la gestion
de l'Online Books Page, parce qu'entre temps je m'tais passionn pour
l'norme potentiel qu'a l'internet de rendre la littrature accessible
au plus grand nombre. Maintenant il y a tant de livres mis en ligne que
j'ai du mal  rester  jour. Je pense pourtant poursuivre cette
activit d'une manire ou d'une autre. Je suis trs intress par le
dveloppement de l'internet en tant que mdium de communication de
masse dans les prochaines annes. J'aimerais aussi rester impliqu dans
la mise  disposition gratuite de livres sur l'internet, que ceci fasse
partie intgrante de mon activit professionnelle, ou que ceci soit une
activit bnvole mene sur mon temps libre."

Fin 1998, John Mark Ockerbloom obtient son doctorat en informatique. En
1999, il rejoint l'Universit de Pennsylvanie, o il travaille  la R&D
(recherche et dveloppement) de la bibliothque numrique de
l'universit. A la mme poque, il y transfre l'Online Books Page,
tout en gardant la mme prsentation, trs sobre, et il poursuit son
travail d'inventaire dans le mme esprit. Ce rpertoire recense 20.000
livres en septembre 2003, 25.000 livres en dcembre 2006 et 30.000
livres en dcembre 2007.



1993: FORMAT PDF


[Rsum]

Le format PDF (portable document format) est lanc en juin 1993 par la
socit Adobe, en mme temps que le logiciel Acrobat Reader. Dfini par
l'extension de fichier ".pdf", ce format conserve la prsentation, les
polices, les couleurs et les images du document source, quelle que soit
la plateforme utilise (Macintosh, Windows, Unix, Linux, etc.) pour le
crer et pour le lire. Lisible  l'aide de l'Acrobat Reader - logiciel
de lecture tlchargeable gratuitement - ce format devient au fil des
ans la norme internationale de diffusion des documents dont la
prsentation originale doit tre conserve. Tout document peut tre
converti en PDF  l'aide du logiciel Adobe Acrobat, disponible dans de
nombreuses langues et pour de nombreuses plateformes. Dix ans plus
tard, 10% des documents disponibles sur l'internet sont au format PDF,
et ce format est galement le format de livre numrique le plus
rpandu.


[En dtail]

Lanc en juin 1993 par la socit Adobe et diffus gratuitement, le
premier logiciel de lecture du march est l'Acrobat Reader, qui permet
de lire des documents au format PDF (portable document format). Ce
format permet de figer les documents numriques dans une prsentation
donne, pour conserver les polices, les couleurs et les images du
document source, quelle que soit la plateforme utilise pour le crer
et pour le lire. Vendu en parallle, le logiciel Adobe Acrobat permet
de convertir n'importe quel document au format PDF.

Au fil des ans, le format PDF devient la norme internationale de
diffusion des documents lectroniques, pour impression ou pour
transfert d'une plateforme  l'autre. Des millions de documents PDF
sont prsents sur le web pour lecture ou tlchargement, ou bien
transitent par courriel. L'Acrobat Reader pour ordinateur est
progressivement disponible dans plusieurs langues et pour diverses
plateformes (Windows, Mac, Unix, Linux). En 2001, Adobe lance galement
un Acrobat Reader pour assistant personnel (PDA), utilisable sur le
Palm Pilot (en mai 2001) puis sur le Pocket PC (en dcembre 2001).

Face  la concurrence reprsente par le Microsoft Reader (lanc en
avril 2000), Adobe annonce en aot 2000 l'acquisition de la socit
Glassbook, spcialise dans les logiciels de distribution de livres
numriques pour diteurs, libraires, distributeurs et bibliothques.
Adobe passe aussi un partenariat avec Amazon.com et Barnes & Noble.com
afin de proposer des titres lisibles sur l'Acrobat Reader et le
Glassbook Reader.

En janvier 2001, Adobe lance deux nouveaux logiciels. Le premier
logiciel, gratuit, est l'Acrobat eBook Reader. Il permet de lire les
fichiers PDF de livres numriques sous droits, avec gestion des droits
par l'Adobe Content Server. Il permet aussi d'ajouter des notes et des
signets, de choisir l'orientation de lecture des livres (paysage ou
portrait), ou encore de visualiser leur couverture dans une
bibliothque personnelle. Il utilise la technique d'affichage CoolType
et comporte un dictionnaire intgr. Le deuxime logiciel, payant, est
l'Adobe Content Server, destin aux diteurs et distributeurs. Il
s'agit d'un logiciel serveur de contenu assurant le conditionnement, la
protection, la distribution et la vente scurise de livres numriques
au format PDF. Ce systme de gestion des droits numriques
(DRM - digital rights management) permet de contrler l'accs aux
livres numriques sous droits, et donc de grer les droits d'un livre
selon les consignes donnes par le gestionnaire des droits, par exemple
en autorisant ou non l'impression ou le prt. En avril 2001, Adobe
conclut un partenariat avec la grande librairie en ligne Amazon.com,
qui met en vente 2.000 livres numriques lisibles sur l'Acrobat eBook
Reader: titres de grands diteurs, guides de voyages, livres pour
enfants, etc.

En dix ans, entre 1993 et 2003, l'Acrobat Reader aurait t tlcharg
500 millions de fois. Ce logiciel gratuit est dsormais disponible dans
de nombreuses langues et pour de nombreuses plateformes (Windows, Mac,
Linux, Unix, Palm OS, Pocket PC, Symbian OS, etc.). En mai 2003,
l'Acrobat Reader (5e version) fusionne avec l'Acrobat eBook Reader (2e
version) pour devenir l'Adobe Reader (dbutant  la version 6), qui
permet de lire aussi bien les fichiers PDF standard que les fichiers
PDF scuriss.

Fin 2003, Adobe ouvre sa librairie en ligne, dnomme Digital Media
Store, avec les titres au format PDF de grands diteurs (HarperCollins
Publishers, Random House, Simon & Schuster, etc.) ainsi que des
versions lectroniques de journaux et magazines (New York Times,
Popular Science, etc.). Adobe lance aussi Adobe eBooks Central, un
service permettant de lire, publier, vendre et prter des livres
numriques, et l'Adobe eBook Library, qui se veut un prototype de
bibliothque de livres numriques. En novembre 2004, l'Adobe Content
Server est remplac par l'Adobe LiveCycle Policy Server. Les versions
rcentes d'Adobe Acrobat permettent de crer des PDF compatibles avec
les formats Open eBook (OeB) et ePub (ePub ayant succd  OeB),
devenus eux aussi des standards du livre numrique.



1994: PREMIER SITE DE BIBLIOTHEQUE


[Rsum]

La premire bibliothque prsente sur le web est la Bibliothque
municipale d'Helsinki (Finlande), qui inaugure son site en fvrier
1994. Puis nombre de bibliothques crent un site web pour y mettre des
informations pratiques, leur catalogue en ligne et une slection de
sites web, et dveloppent une bibliothque numrique  ct de leurs
collections traditionnelles. Qu'elles soient des bibliothques de
textes, des bibliothques d'images (fixes ou animes) ou des
bibliothques sonores, ou qu'elles associent les trois supports, ces
bibliothques numriques permettent  un large public d'avoir accs 
des documents jusque-l difficiles  consulter parce qu'appartenant 
des fonds anciens, des fonds locaux et rgionaux, ou des fonds
spcialiss.


[En dtail]

La premire bibliothque prsente sur le web est la Bibliothque
municipale d'Helsinki (Finlande), qui inaugure son site en fvrier
1994. Puis nombre de bibliothques crent un site web pour y mettre des
informations pratiques, leur catalogue en ligne et une slection de
sites web, et dveloppent aussi une bibliothque numrique  ct de
leurs collections traditionnelles. Qu'elles soient des bibliothques de
textes, des bibliothques d'images (fixes ou animes) ou des
bibliothques sonores, ou qu'elles associent les trois supports, ces
bibliothques numriques permettent  un large public d'avoir accs 
des documents jusque-l difficiles  consulter parce qu'appartenant 
des fonds anciens, des fonds locaux et rgionaux, ou des fonds
spcialiss.

Ces fonds sont difficilement accessibles pour des raisons diverses:
souci de conservation des documents rares et fragiles, heures
d'ouverture rduites, nombreux formulaires  remplir, dlais
significatifs de communication, pnurie de personnel, qui sont autant
de barrires  franchir et qui demandent parfois au chercheur une
patience  toute preuve et une dtermination hors du commun pour
arriver jusqu'au document.

Grce  sa "cyberbibliothque", la bibliothque peut enfin rendre
comptatibles deux objectifs qui jusque-l ne l'taient gure,  savoir
la conservation des documents et la communication de ceux-ci. D'une
part le document ne quitte son rayonnage qu'une seule fois pour tre
scann, d'autre part le grand public y a facilement accs. Assis sur sa
chaise ou dans son fauteuil, le lecteur peut consulter ces oeuvres en
cliquant de l'une  l'autre, au gr de son humeur, de ses centres
d'intrt ou d'une curiosit passagre, de manire plus pratique qu'en
se promenant dans les rayonnages, et surtout de manire beaucoup plus
exhaustive puisque, dans les bibliothques, une bonne partie des
collections se trouve range dans des magasins et n'est donc pas
accessible au lecteur qui chine. Si le lecteur veut ensuite consulter
le document lui-mme - dans certains cas, la consultation  l'cran ne
peut remplacer le contact direct avec l'oeuvre - il pourra ensuite se
lancer dans le parcours parfois laborieux qu'implique une consultation
traditionnelle, mais ceci en connaissance de cause, aprs que le
"feuilletage"  l'cran lui ait permis de slectionner les documents en
question et de ne demander que ceux qui l'intressent vraiment.

Certaines "cyberbibliothques" naissent directement sur le web. Cre
en 1994 et hberge sur le site de l'Universit de Genve, Athena est
l'oeuvre de Pierre Perroud, qui y consacre trente heures par semaine,
en plus de son activit de professeur au Collge Voltaire. Pierre-Louis
Chantre, journaliste, raconte dans L'Hebdo du 13 fvrier 1997: "Il
numrise des livres, met en page des textes que des correspondants
inconnus lui envoient, cre des liens lectroniques avec des livres
disponibles ailleurs, tout en essayant de rpondre le mieux possible
aux centaines de lettres lectroniques qu'il reoit (mille personnes
consultent Athena chaque jour). Un travail artisanal qu'il accomplit
seul, sans grande rmunration. Malgr des demandes rptes, le
Dpartement de l'instruction publique de Genve ne lui paie que deux
heures par semaine." (L'Hebdo, n 7)

En 1997, le site bilingue franais-anglais donne accs  3.500 textes
lectroniques dans des domaines aussi varis que la philosophie, les
sciences, la priode classique, la littrature, l'histoire, l'conomie,
etc. En dcembre 1998, les collections comprennent 8.000 textes. Un des
objectifs d'Athena est de mettre en ligne des textes de langue
franaise (dans la section: Textes franais). Une section spcifique
(Swiss Authors and Texts) regroupe les auteurs et textes suisses. On
trouve aussi un rpertoire mondial des ressources littraires en ligne
(Athena Literature Resources). Par ailleurs, Athena propose une table
de minralogie qui est l'oeuvre de Pierre Perroud et qui est consulte
dans le monde entier.

Dans un article de la revue Informatique-Informations de fvrier 1997,
Pierre Perroud insiste sur la complmentarit du texte lectronique et
du livre imprim. Selon lui, "les textes lectroniques reprsentent un
encouragement  la lecture et une participation conviviale  la
diffusion de la culture", notamment pour l'tude et la recherche
textuelle. Ces textes "sont un bon complment du livre
imprim - celui-ci restant irremplaable lorsqu'il s'agit de lire".
S'il est persuad de l'utilit du texte lectronique, le livre imprim
reste "un compagnon mystrieusement sacr vers lequel convergent de
profonds symboles: on le serre dans la main, on le porte contre soi, on
le regarde avec admiration; sa petitesse nous rassure autant que son
contenu nous impressionne; sa fragilit renferme une densit qui nous
fascine; comme l'homme il craint l'eau et le feu, mais il a le pouvoir
de mettre la pense de celui-l  l'abri du Temps."

Cre en mars 1995 par l'Universit du Michigan (Etats-Unis) dans le
cadre de la School of Information and Library Studies, l'Internet
Public Library (IPL) se dfinit comme la premire bibliothque publique
de l'internet sur l'internet,  savoir une bibliothque slectionnant,
organisant et cataloguant les ressources disponibles sur l'internet, et
n'existant elle-mme que sur le rseau. Cette bibliothque publique
d'un genre nouveau devient vite une rfrence. L'IPL recense de manire
pratiquement exhaustive les livres (Online Texts), les journaux
(Newspapers) et les magazines (Magazines) disponibles sur le web. Les
livres sont essentiellement des oeuvres du domaine public, avec 22.500
titres en 2006, dont le quart provient du Projet Gutenberg.



1994: TITRES GRATUITS / PAYANTS


[Rsum]

La publication en ligne d'un livre  titre gratuit nuit-elle aux ventes
de la version imprime ou non? La National Academy Press (NAP) est la
premire  prendre un tel risque, ds 1994, avec un pari gagn. La mme
exprience est mene ensuite par la MIT Press (MIT: Massachusetts
Institute of Technology). "A premire vue, cela parat illogique",
crit Beth Berselli, journaliste au Washington Post, dans un article
repris par Le Courrier international de novembre 1997. "Un diteur de
Washington, la National Academy Press (NAP), qui a publi sur internet
700 titres de son catalogue actuel, permettant ainsi  tout un chacun
de lire gratuitement ses livres, a vu ses ventes augmenter de 17%
l'anne suivante. Qui a dit que personne n'achterait la vache si on
pouvait avoir le lait gratuitement?"


[En dtail]

La publication en ligne d'un livre  titre gratuit nuit-elle aux ventes
de la version imprime ou non? La National Academy Press (NAP) est la
premire  prendre un tel risque, ds 1994, avec un pari gagn. La mme
exprience est mene par la MIT Press (MIT: Massachusetts Institute of
Technology) un an plus tard.

"A premire vue, cela parat illogique", crit Beth Berselli,
journaliste au Washington Post, dans un article repris par Le Courrier
international de novembre 1997. "Un diteur de Washington, la National
Academy Press (NAP), qui a publi sur internet 700 titres de son
catalogue actuel, permettant ainsi  tout un chacun de lire
gratuitement ses livres, a vu ses ventes augmenter de 17% l'anne
suivante. Qui a dit que personne n'achterait la vache si on pouvait
avoir le lait gratuitement?"

Une politique atypique porte donc ses fruits. Editeur universitaire, la
NAP (National Academy Press, qui devient ensuite la National Academies
Press) publie environ 200 livres par an, essentiellement des livres
scientifiques et techniques et des ouvrages mdicaux. En 1994,
l'diteur choisit de mettre en accs libre sur le web le texte intgral
de plusieurs centaines de livres, afin que les lecteurs puissent les
"feuilleter"  l'cran, comme ils le feraient dans une librairie, avant
de les acheter ensuite si utile. La NAP est le premier diteur  se
lancer dans un tel pari, une initiative salue par les autres maisons
d'dition, qui hsitent cependant  se lancer elles aussi dans
l'aventure, et ce pour trois raisons: le cot excessif qu'entrane la
mise en ligne de milliers de pages, les problmes lis au droit
d'auteur, et enfin une concurrence qu'ils estiment nuisible  la vente.

Dans le cas de la NAP, l'diteur est soutenu par les auteurs eux-mmes
qui, pour se faire mieux connatre, insistent pour que leurs livres
soient mis en ligne sur le site. Le web est un nouvel outil de
marketing face aux 50.000 ouvrages publis chaque anne aux Etats-Unis.
Une rduction de 20% est accorde pour toute commande effectue en
ligne. La prsence de ces livres sur le web entrane aussi une
augmentation des ventes par tlphone. En 1998, le site de la NAP
propose le texte intgral d'un millier de titres.

La solution choisie par la NAP est galement adopte en 1995 par la MIT
Press, qui voit rapidement ses ventes doubler pour les livres
disponibles en version intgrale sur son site.



1995: AMAZON.COM


[Rsum]

En juillet 1995, Jeff Bezos fonde  Seattle (Etat de Washington,
Etats-Unis) la librairie en ligne Amazon.com, futur gant du commerce
lectronique. Suite  une tude de march dmontrant que les livres
sont les meilleurs "produits"  vendre sur l'internet, Amazon.com
dbute avec dix salaris et trois millions d'articles. Pionnier d'un
nouveau modle conomique, Amazon.com devient vite un gant du commerce
lectronique. Cinq ans plus tard, en novembre 2000, la socit compte
7.500 salaris, 28 millions d'articles, 23 millions de clients et
quatre filiales au Royaume-Uni (filiale ouverte en octobre 1998), en
Allemagne (filiale ouverte  la mme date), en France (filiale ouverte
en aot 2000) et au Japon (filiale ouverte en octobre 2000). Une
cinquime filiale est ouverte au Canada (en juin 2002), suivie d'une
sixime filiale, Joyo, en Chine (en septembre 2004).


[En dtail]

Fond par Jeff Bezos, Amazon.com voit le jour en juillet 1995 
Seattle, dans l'Etat de Washington, sur la cte ouest des Etats-Unis.
Quinze mois auparavant, au printemps 1994, Jeff Bezos fait une tude de
march pour dcider du meilleur "produit de consommation"  vendre sur
l'internet. Dans sa liste de vingt produits marchands, qui comprennent
entre autres les vtements et les instruments de jardinage, les cinq
premiers du classement se trouvent tre les livres, les CD, les vidos,
les logiciels et le matriel informatique.

"J'ai utilis tout un ensemble de critres pour valuer le potentiel de
chaque produit", relate Jeff Bezos dans le kit de presse d'Amazon.com.
"Le premier critre a t la taille des marchs existants. J'ai vu que
la vente des livres reprsentait un march mondial de 82 milliards de
dollars US. Le deuxime critre a t la question du prix. Je voulais
un produit bon march. Mon raisonnement tait le suivant: puisque
c'tait le premier achat que les gens allaient faire en ligne, il
fallait que la somme  payer soit modique. Le troisime critre a t
la varit dans le choix: il y avait trois millions de titres de livres
alors qu'il n'y avait que 300.000 titres pour les CD, par exemple."

La vente de livres en ligne dbute en juillet 1995, avec dix salaris
et un catalogue dix fois suprieur  celui des plus grands
hypermarchs. Le catalogue en ligne permet de rechercher les livres par
titre, auteur, sujet ou rubrique. On y trouve aussi des CD, des DVD,
des jeux informatiques, etc. Trs attractif, le contenu ditorial du
site change quotidiennement et forme un vritable magazine littraire
proposant des extraits de livres, des entretiens avec des auteurs et
des conseils de lecture. Amazon.com devient le pionnier d'un nouveau
modle conomique. Son volution rapide est suivie de prs par des
analystes de tous bords.

En 1998, avec 1,5 million de clients dans 160 pays et une trs bonne
image de marque, Amazon.com est rgulirement cit comme un symbole de
russite dans le cybercommerce. Si la librairie en ligne est toujours
dficitaire, sa cotation boursire est excellente, suite  une
introduction  la Bourse de New York en mai 1997.

En novembre 2000, la socit compte 7.500 salaris, 28 millions
d'articles, 23 millions de clients et quatre filiales (Royaume-Uni,
Allemagne, France, Japon), auxquelles s'ajoute en juin 2002 une
cinquime filiale au Canada. La maison mre diversifie ses activits.
Elle vend non seulement des livres, des vidos, des CD et des
logiciels, mais aussi des produits de sant, des jouets, des appareils
lectroniques, des ustensiles de cuisine, des outils de jardinage, etc.
En novembre 2001, la vente des livres, disques et vidos ne reprsente
plus que 58% du chiffre d'affaires global. Admir par certains, le
modle conomique d'Amazon.com est contest par d'autres, notamment en
matire de gestion du personnel, avec des contrats de travail prcaires
et de bas salaires.

Tout comme la grande librairie en ligne britannique Internet Bookshop,
Amazon.com offre une part des bnfices  ses "associs" en ligne.
Depuis le printemps 1997, tous les possesseurs d'un site web peuvent
vendre des livres appartenant au catalogue de la librairie et toucher
un pourcentage de 15% sur les ventes. Ces associs font une slection
dans les titres du catalogue et rdigent leurs propres rsums.
Amazon.com reoit les commandes par leur intermdiaire, expdie les
livres et rdige les factures. Les associs reoivent un rapport
hebdomadaire d'activit. Au printemps 1998, la librairie en ligne
compte plus de 30.000 sites affilis.

La prsence europenne d'Amazon.com dbute en octobre 1998. Les deux
premires filiales sont implantes en Allemagne et au Royaume-Uni. En
aot 2000, avec 1,8 million de clients en Grande-Bretagne, 1,2 million
de clients en Allemagne et quelques centaines de milliers de clients en
France, la librairie ralise 23% de ses ventes hors des Etats-Unis. A
la mme date, elle ouvre sa filiale franaise. Une filiale japonaise
est ouverte en octobre 2000. En novembre 2000, Amazon ouvre un secteur
eBooks,  savoir un secteur vendant des livres numriques. En 2001, les
29 millions de clients d'Amazon gnrent un chiffre d'affaires de 4
milliards de dollars US. En juin 2002, une cinquime filiale est
ouverte au Canada. Au 3e trimestre 2003, la socit devient
bnficiaire pour la premire fois de son histoire. En octobre 2003,
Amazon.com lance un service de recherche plein texte (Search Inside the
Book) dans le texte intgral de 120.000 titres, un nombre promis  une
croissance rapide. Une sixime filiale est ouverte en Chine sous le nom
de Joyo en septembre 2004.

En 2004, le bnfice net d'Amazon est de 588 millions de dollars US,
dont 45% gnr par ses filiales, avec un chiffre d'affaires de 6,9
milliards de dollars. Prsent dans sept pays (Etats-Unis, Canada,
Royaume-Uni, Allemagne, France, Japon, Chine) et devenu une rfrence
mondiale du commerce en ligne, Amazon fte ses dix ans d'existence en
juillet 2005, avec 9.000 salaris et 41 millions de clients actifs,
attirs par des produits culturels, high-tech et autres aux prix
attractifs et une livraison en 48 heures maximum dans les pays
hbergeant une plateforme Amazon.



1995: PRESSE EN LIGNE


[Rsum]

Au dbut des annes 1990, les premires ditions lectroniques de
journaux sont disponibles par le biais de services commerciaux tels que
America Online ou CompuServe. Suite  l'apparition du premier
navigateur fin 1993 et  la croissance rapide du web qui s'ensuit, les
organes de presse crent leurs propres sites. Mis en ligne en fvrier
1995, le site web du mensuel Le Monde diplomatique est le premier site
d'un priodique imprim franais. Mont dans le cadre d'un projet
exprimental avec l'Institut national de l'audiovisuel (INA), ce site
est inaugur lors du forum des images Imagina. Il donne accs 
l'ensemble des articles depuis janvier 1994, par date, par sujet et par
pays. Fin 1995, le quotidien Libration met en ligne son site web. Le
site du quotidien Le Monde est lanc en 1996.


[En dtail]

Au dbut des annes 1990, les premires ditions lectroniques de
journaux sont disponibles par le biais de services commerciaux tels que
America Online ou CompuServe. Suite  l'apparition du premier
navigateur fin 1993 et  la croissance rapide du web qui s'ensuit, les
organes de presse crent leurs propres sites.

Au Royaume-Uni, le Times et le Sunday Times font web commun sur un site
dnomm Times Online, avec possibilit de crer une dition
personnalise. Aux Etats-Unis, la version en ligne du Wall Street
Journal est payante, avec 100.000 abonns en 1998. Celle du New York
Times est disponible sur abonnement gratuit. Le Washington Post propose
l'actualit quotidienne en ligne et de nombreux articles archivs, le
tout avec images, sons et vidos. Pathfinder (rebaptis ensuite Time)
est le site web du groupe Time-Warner, diteur de Time Magazine, Sports
Illustrated, Fortune, People, Southern Living, Money, Sunset, etc. On
peut y lire les articles "maison" et les rechercher par date ou par
sujet. Lanc en 1992 en Californie, Wired, premier magazine imprim
entirement consacr  la culture cyber, est bien videmment prsent
sur le web.

Mis en ligne en fvrier 1995, le site web du mensuel Le Monde
diplomatique est le premier site d'un priodique imprim franais.
Mont dans le cadre d'un projet exprimental avec l'Institut national
de l'audiovisuel (INA), ce site est inaugur lors du forum des images
Imagina. Il donne accs  l'ensemble des articles depuis janvier 1994,
par date, par sujet et par pays. L'intgralit du mensuel en cours est
consultable gratuitement pendant deux semaines suivant sa parution. Un
forum de discussion permet au journal de discuter avec ses lecteurs. En
juin 1998, Philippe Rivire, responsable du site, prcise que, trois
ans aprs sa mise en ligne, celui-ci a "bien grandi, autour des mmes
services de base: archives et annonce de sommaire". Grce  l'internet,
"le travail journalistique s'enrichit de sources faciles d'accs,
aisment disponibles. Le travail ditorial est facilit par l'change
de courriers lectroniques; par contre, une charge de travail
supplmentaire due aux messages reus commence  peser fortement."

Fin 1995, le quotidien Libration met en ligne son site web, peu aprs
le lancement du Cahier Multimdia, un cahier imprim hebdomadaire
inclus dans l'dition du jeudi. Le site propose la Une du quotidien, la
rubrique Multimdia, qui regroupe les articles du Cahier Multimdia et
les archives des cahiers prcdents, le Cahier Livres complt par
Chapitre Un ( savoir les premiers chapitres des nouveauts), et bien
d'autres rubriques. La rubrique Multimdia est ensuite rebaptise
Numriques.

Le site du quotidien Le Monde est lanc en 1996. On y trouve des
dossiers en ligne, la Une en version graphique  partir de 13 h,
l'intgralit du journal avant 17 h, l'actualit en liaison avec l'AFP
(Agence France-Presse), et des rubriques sur la Bourse, les livres, le
multimdia et les sports. En 1998, le journal complet en ligne cote 5
FF (0,76 euros) alors que l'dition papier cote 7,50 FF (1,15 euros).
S'ils concernent le multimdia, les articles du supplment imprim
hebdomadaire Tlvision-Radio-Multimdia sont disponibles gratuitement
en ligne dans la rubrique Multimdia, rebaptise ensuite Nouvelles
technologies.

L'Humanit est le premier quotidien franais  proposer la version
intgrale du journal en accs libre. Classs par rubriques, les
articles sont disponibles entre 10 h et 11 h du matin,  l'exception de
L'Humanit du samedi, disponible en ligne le lundi suivant. Tous les
articles sont archivs sur le site.

Jacques Coubard, responsable du site web, explique en juillet 1998: "Le
site de L'Humanit a t lanc en septembre 1996  l'occasion de la
Fte annuelle du journal. Nous y avons ajout depuis un forum, un site
consacr  la rcente Coupe du monde de football (avec d'autres
partenaires), et des donnes sur la Fte et sur le meeting
d'athltisme, parrain par L'Humanit. Nous esprons pouvoir dvelopper
ce site  l'occasion du lancement d'une nouvelle formule du quotidien
qui devrait intervenir  la fin de l'anne ou au dbut de l'an
prochain. Nous esprons galement mettre sur le web L'Humanit Hebdo,
dans les mmes dlais. Jusqu' prsent on ne peut pas dire que
l'arrive d'internet ait boulevers la vie des journalistes, faute de
moyens et de formation (ce qui va ensemble). Les rubriques sont peu 
peu quipes avec des postes ddis, mais une minorit de journalistes
exploite ce gisement de donnes. Certains s'en servent pour transmettre
leurs articles, leurs reportages. Il y a sans doute encore une "peur"
culturelle  plonger dans l'univers du net. Normal, en face de
l'inconnu. L'avenir devrait donc permettre par une formation (peu
complique) de combler ce handicap. On peut rver  un enrichissement
par une sorte d'dition lectronique, mais nous sommes svrement
brids par le manque de moyens financiers."

L'internet permet une information en profondeur qu'aucun organe de
presse ne pouvait donner jusqu'ici: rapidit de propagation des
informations, accs immdiat  de nombreux sites d'information, liens
vers des articles et sources connexes, normes capacits documentaires
allant du gnral au spcialis et rciproquement (cartes
gographiques, notices biographiques, textes officiels, informations
d'ordre politique, conomique, social, culturel, etc.), grande varit
d'illustrations (photos, graphiques, tableaux, vidos, etc.),
possibilit d'archivage avec moteur de recherche, etc.



1996: PALM PILOT


[Rsum]

Base en Californie, la socit Palm lance en mars 1996 le premier PDA
(personal digital assistant), dnomm Palm Pilot, qui utilise le
systme d'exploitation Palm OS. 23 millions de Palm Pilot sont vendus
entre 1996 et 2002. En mars 2001, on peut utiliser son Palm Pilot pour
lire des livres numriques sur les logiciels de lecture Palm Reader et
Mobipocket Reader. En 2002, malgr la concurrence, Palm est toujours le
leader du march (36,8% des machines vendues), suivi par
Hewlett-Packard (13,5%), Sony (11%), Handspring (5,8%), Toshiba (3,7%)
et Casio (3,3%). Les systmes d'exploitation utiliss sont
essentiellement le Palm OS (pour 55% des machines) et le Pocket PC de
Microsoft (pour 25,7% des machines). La division PalmSource est plus
prcisment en charge des logiciels, notamment le logiciel de lecture
Palm Reader, utilisable sur assistant personnel en mars 2001 puis sur
ordinateur en juillet 2002. En 2003, 10.000 titres dans plusieurs
langues sont lisibles sur le Palm Pilot et ses successeurs.


[En dtail]

La socit Palm lance le premier Palm Pilot en mars 1996 et vend 23
millions de machines entre 1996 et 2002. Son systme d'exploitation est
le Palm OS et son logiciel de lecture le Palm Reader. En mars 2001, les
modles Palm permettent aussi la lecture de livres numriques sur le
Mobipocket Reader.

A la mme date, la socit Palm fait l'acquisition de Peanutpress.com,
diteur et distributeur de livres numriques pour PDA. Le Peanut Reader
devient le Palm Reader, utilisable aussi bien sur le Palm Pilot que sur
le Pocket PC (l'assistant personnel de Microsoft), et les 2.000 titres
de Peanutpress.com sont transfrs dans la librairie numrique de Palm
(Palm Digital Media). Dvelopp par PalmSource, une division de Palm,
le Palm Reader permet de lire des livres numriques au format PDB (Palm
database). D'abord utilisable uniquement sur les gammes Palm et Pocket
PC, le Palm Reader est utilisable sur ordinateur en juillet 2002. A la
mme date, Palm Digital Media distribue 5.500 titres dans plusieurs
langues. En 2003, le catalogue approche les 10.000 titres,
tlchargeables  partir de la librairie Palm Digital Media, qui
devient ensuite le Palm eBook Store.

Le Palm DRM System (DRM: digital rights management) est un serveur
payant destin aux diteurs et distributeurs pour grer le
conditionnement, la protection, la distribution et la vente scurise
de livres numriques au format PDB (Palm database), le format des
fichiers lus par le Palm Reader. Ce systme de DRM permet de contrler
l'accs aux livres numriques sous droits, et donc de grer les droits
d'un livre en fonction des consignes donnes par le gestionnaire des
droits, par exemple en autorisant ou non l'impression ou le prt.

Dvelopp par PalmSource, une division de Palm, le Palm OS (OS:
operating system) est le systme d'exploitation du Palm Pilot, qui est
d'abord un PDA unique avant de devenir une gamme de PDA. Le Palm OS
quipe 55% des PDA vendus en 2002. L'autre "grand" systme
d'exploitation est le Pocket PC de Microsoft, qui quipe pour sa part
25,7% des machines, y compris les assistants personnels du mme nom.

Commercialis par Microsoft en avril 2000 pour concurrencer le Palm
Pilot, l'assistant personnel Pocket PC utilise d'abord un systme
d'exploitation spcifique, Windows CE, qui intgre le nouveau logiciel
de lecture Microsoft Reader. En octobre 2001, Windows CE est remplac
par Pocket PC 2002, qui permet entre autres de lire des livres
numriques sous droits. Ces livres sont protgs par un systme de
gestion des droits numriques dnomm Microsoft DAS Server (DAS:
digital asset server). En 2002, le Pocket PC permet la lecture sur
trois logiciels: le Microsoft Reader bien sr, le Mobipocket Reader et
le Palm Reader.

D'aprs Seybold Reports.com, en avril 2001, on compte 100.000 tablettes
de lecture pour 17 millions d'assistants personnels (PDA). Deux ans
plus tard, en juin 2003, plus aucune tablette n'est commercialise. De
nouveaux modles apparaissent ensuite, mais on se demande s'ils peuvent
vraiment russir  s'imposer face  l'assistant personnel, qui offre
aussi d'autres fonctionnalits.  On se demande aussi s'il existe une
clientle spcifique pour les deux machines, la lecture sur assistant
personnel tant destine au grand public, et la lecture sur tablette
lectronique tant rserve aux gros consommateurs de documents que
sont les lycens, les tudiants, les professeurs, les chercheurs ou les
juristes. Le dbat reste toujours d'actualit dans les annes qui
suivent.



1996: INTERNET ARCHIVE


[Rsum]

Fonde en avril 1996 par Brewster Kahle  San Francisco, l'Internet
Archive a pour but premier de constituer, stocker, prserver et grer
une "bibliothque" de l'internet, en archivant rgulirement la
totalit du web, afin d'offrir un outil de travail aux universitaires,
chercheurs et historiens, et de prserver un historique de l'internet
pour les gnrations futures. En octobre 2001, l'Internet Archive met
ses archives en accs libre sur le web grce  la Wayback Machine, qui
permet  tout un chacun de consulter l'historique d'un site web, 
savoir le contenu et la prsentation d'un site web  diffrentes dates,
thoriquement tous les deux mois,  partir de 1996. L'Internet Archive
constitue aussi des collections numriques spcifiques, y compris pour
les livres et les documents multimdias. Toutes ces collections sont en
consultation libre sur le web.


[En dtail]

Fonde en avril 1996 par Brewster Kahle  San Francisco, l'Internet
Archive a pour but premier de constituer, stocker, prserver et grer
une "bibliothque" de l'internet, en archivant rgulirement la
totalit du web, afin d'offrir un outil de travail aux universitaires,
chercheurs et historiens, et de prserver un historique de l'internet
pour les gnrations futures. En octobre 2001, l'Internet Archive met
ses archives en accs libre sur le web grce  la Wayback Machine, qui
permet  tout un chacun de consulter l'historique d'un site web, 
savoir le contenu et la prsentation d'un site web  diffrentes dates,
thoriquement tous les deux mois,  partir de 1996. Toutes ces
collections sont en consultation libre sur le web. Les archives du web
reprsentent 300 traoctets (To) de donnes en 2004, avec une
croissance de 12 traoctets par mois. Ces archives reprsentent 30
millions de pages web en 1996, 65 milliards de pages web (provenant de
50 millions de sites web) en dcembre 2006 et 85 milliards de pages web
en mai 2007.

Depuis la fin 1999, l'Internet Archive constitue aussi des collections
numriques spcifiques, par exemple les sites relatifs au 11 septembre
2001, les sites relatifs aux lections de 2000 (prsidentielles) et
2002 (lections du Congrs et des gouverneurs des Etats), les sites des
pionniers du web, le Million Book Project (10.520 livres en avril
2005), des archives de films de la priode 1903-1973, des archives de
concerts "live" rcents, des archives de logiciels, etc. Toutes ces
collections sont en consultation libre sur le web, y compris la grande
bibliothque numrique (Text Archive) en cours de constitution. A cet
effet, l'Internet Archive fonde en janvier 2005 l'Open Content Alliance
(OCA), une initiative visant  crer un rpertoire libre et multilingue
de livres numriss et de documents multimdia pour consultation et
tlchargement sur n'importe quel moteur de recherche.



1996: ENSEIGNEMENT ET INTERNET


[Rsum]

Sur le site de l'Internet Society (ISOC), qu'il fonde en 1992 pour
promouvoir le dveloppement de l'internet, Vinton Cerf explique: "Le
rseau fait deux choses (...): comme les livres, il permet d'accumuler
de la connaissance. Mais, surtout, il la prsente sous une forme qui la
met en relation avec d'autres informations. Alors que, dans un livre,
l'information est maintenue isole." De plus, l'information contenue
dans les livres reste la mme, au moins pendant une priode donne,
alors que l'internet privilgie l'information la plus rcente qui,
elle, est en constante mutation. Il s'ensuit un changement dans la
manire d'enseigner. En septembre 1996, Dale Spender, professeur 
l'Universit de Queensland (Australie), tente d'analyser ce changement
lors d'une communication de la 14e confrence mondiale de l'IFIP
(International Federation of Information Processing).


[En dtail]

Vinton Cerf co-invente en 1974 avec Bob Kahn le protocole TCP/IP,  la
base de tout change de donnes sur le rseau. Sur le site de
l'Internet Society (ISOC), qu'il fonde en 1992 pour promouvoir le
dveloppement de l'internet, Vinton Cerf explique: "Le rseau fait deux
choses (...): comme les livres, il permet d'accumuler de la
connaissance. Mais, surtout, il la prsente sous une forme qui la met
en relation avec d'autres informations. Alors que, dans un livre,
l'information est maintenue isole."

De plus, l'information contenue dans les livres reste la mme, au moins
pendant une priode donne, alors que l'internet privilgie
l'information la plus rcente qui, elle, est en constante mutation. Il
s'ensuit un changement dans la manire d'enseigner. Ds septembre 1996,
dans Creativity and the Computer Education Industry, une communication
de la 14e confrence mondiale de l'IFIP (International Federation of
Information Processing), Dale Spender, professeur  l'Universit de
Queensland (Australie), tente d'analyser ce changement. Voici son
argumentation rsume en deux paragraphes.

Depuis plus de cinq sicles, l'enseignement est essentiellement bas
sur l'information procure par les livres. Or les habitudes lies 
l'imprim ne peuvent tre transfres dans l'univers numrique.
L'enseignement en ligne offre des possibilits tellement nouvelles
qu'il n'est gure possible d'effectuer les distinctions traditionnelles
entre enseignant et enseign. Le passage de la culture imprime  la
culture numrique exige donc d'entirement repenser le processus
d'acquisition du savoir, puisqu'on a maintenant l'opportunit sans
prcdent de pouvoir influer sur le type d'enseignement qu'on souhaite
recevoir.

Dans la culture imprime, l'information contenue dans les livres reste
la mme pendant un certain temps, ce qui encourage  penser que
l'information est stable. La nature mme de l'imprim est lie  la
notion de vrit, stable elle aussi. Cette stabilit et l'ordre qu'elle
engendre sont un des fondements de l'ge industriel et de l're des
sciences et techniques. Les notions de vrit, de loi, d'objectivit et
de preuve sont le fondement de nos croyances et de nos cultures. Mais
le numrique change tout ceci. Soudain l'information en ligne supplante
l'information imprime pour devenir la plus fiable et la plus utile, et
l'usager est prt  la payer en consquence. Cette transformation
radicale de la nature mme de l'information doit tre au coeur du dbat
sur les nouvelles mthodes d'enseignement.

En juillet 1998, Patrick Rebollar, professeur de franais et
d'informatique dans des universits japonaises, analyse l'impact de
l'internet sur sa vie professionnelle: "Mon travail de recherche est
diffrent, mon travail d'enseignant est diffrent, mon image en tant
qu'enseignant-chercheur de langue et de littrature est totalement lie
 l'ordinateur, ce qui a ses bons et ses mauvais cts (surtout vers le
haut de la hirarchie universitaire, plutt constitue de gens gs et
technologiquement rcalcitrants). J'ai cess de m'intresser  certains
collgues proches gographiquement mais qui n'ont rien de commun avec
mes ides, pour entrer en contact avec des personnes inconnues et
rparties dans diffrents pays (et que je rencontre parfois,  Paris ou
 Tokyo, selon les vacances ou les colloques des uns ou des autres). La
diffrence est d'abord un gain de temps, pour tout, puis un changement
de mthode de documentation, puis de mthode d'enseignement
privilgiant l'acquisition des mthodes de recherche par mes tudiants,
au dtriment des contenus (mais cela dpend des cours).
Progressivement, le paradigme rticulaire l'emporte sur le paradigme
hirarchique - et je sais que certains enseignants m'en veulent  mort
d'enseigner a, et de le dire d'une faon aussi crue. Cependant ils
sont obligs de s'y mettre..."

Professeur au dpartement d'tudes franaises de l'Universit de
Toronto, Russon Wooldridge relate en mai 2001: "Mes activits de
recherche, autrefois menes dans une tour d'ivoire, se font maintenant
presque uniquement par des collaborations locales ou  distance. (...)
Tout mon enseignement exploite au maximum les ressources d'internet (le
web et le courriel): les deux lieux communs d'un cours sont la salle de
classe et le site du cours, sur lequel je mets tous les matriaux des
cours. Je mets toutes les donnes de mes recherches des vingt dernires
annes sur le web (rdition de livres, articles, textes intgraux de
dictionnaires anciens en bases de donnes interactives, de traits du
16e sicle, etc.). Je publie des actes de colloques, j'dite un
journal, je collabore avec des collgues franais, mettant en ligne 
Toronto ce qu'ils ne peuvent pas publier en ligne chez eux."



1997: PUBLICATION NUMERIQUE


[Rsum]

Pour la publication d'ouvrages et de priodiques ducatifs et
scientifiques, dans lesquels l'information la plus rcente est
primordiale, la numrisation conduit  repenser compltement la
signification mme de publication, et  s'orienter vers une diffusion
en ligne qui rend beaucoup plus facile les ractualisations rgulires.
On observe un tournant majeur en 1997. Certaines universits diffusent
par exemple des manuels "sur mesure" composs de quelques chapitres
slectionns dans une vaste base de donnes, un choix complt par des
articles et par les commentaires des professeurs. Pour un sminaire, un
trs petit tirage peut tre effectu  la demande pour un document
rassemblant quelques textes et transmis par voie lectronique  un
imprimeur.


[En dtail]

Depuis les annes 1970, la chane traditionnelle de l'dition est
soumise  de nombreux bouleversements. Le march de l'imprimerie
traditionnelle est d'abord branl par l'apparition des machines de
photocomposition. Les cots d'impression continuent ensuite de baisser
avec les procds d'impression assiste par ordinateur, les
photocopieurs, les photocopieurs couleur et le matriel d'impression
numrique. L'impression est dsormais souvent assure  bas prix par
des ateliers de PAO (publication assiste par ordinateur) et des
entreprises d'arts graphiques. La numrisation acclre aussi le
processus de rdaction, puisque le rdacteur, le concepteur artistique
et le personnel charg de la mise en page peuvent travailler
simultanment sur le mme ouvrage.

Pour la publication d'ouvrages et de priodiques ducatifs et
scientifiques, dans lesquels l'information la plus rcente est
primordiale, la numrisation conduit  repenser compltement la
signification mme de publication, et  s'orienter vers une diffusion
en ligne qui rend beaucoup plus facile les ractualisations rgulires.
Certaines universits diffusent par exemple des manuels "sur mesure"
composs de quelques chapitres slectionns dans une vaste base de
donnes, un choix complt par des articles et par les commentaires des
professeurs. Pour un sminaire, un trs petit tirage peut tre effectu
 la demande pour quelques textes transmis par voie lectronique  un
imprimeur.

L'interaction entre document imprim et document lectronique devient
omniprsente, et elle s'accentuera encore dans les prochaines annes, 
tel point qu'il deviendra probablement ridicule d'tablir une
distinction entre document lectronique et document imprim. Dj, 
l'heure actuelle, pratiquement tous les documents imprims rcents sont
issus d'une version lectronique sur traitement de texte, tableur ou
base de donnes. De plus en plus de documents n'existent dsormais
qu'en version lectronique, et de plus en plus de documents imprims
sont numriss.

Outre sa facilit d'accs et son faible cot, le document lectronique
peut tre rgulirement actualis. Point n'est besoin d'attendre une
nouvelle dition imprime soumise aux contraintes commerciales et aux
exigences de l'diteur. L'dition lectronique apparat donc comme une
bonne solution pour rsoudre les problmes budgtaires des presses
universitaires et des diteurs axs sur la publication d'ouvrages de
recherche.



1997: DICTIONNAIRES EN LIGNE


[Rsum]

La socit de traduction Logos dcide en 1997 de mettre le Logos
Dictionary et tous ses outils professionnels en accs libre sur le web.
Dans les annes qui suivent, les dictionnaires en ligne sont soit en
accs libre comme le Grand dictionnaire terminologique (GDT) de
l'Office qubcois de la langue franaise (OQLF), soit disponibles
moyennant une inscription gratuite ou payante. Nombre de dictionnaires
sont galement disponibles sur CD-ROM (compact disc - read only memory)
ou sur DVD (digital versatile disc), paralllement  la version en
ligne. En accs libre sur le site de l'ATILF (Analyse et traitement
informatique de la langue franaise), Dictionnaires est une collection
de dictionnaires informatiss anciens et rcents, qui comprend
notamment le TLFi (Trsor de la langue franaise informatis,
1971-1994). Des dictionnaires gratuits crits collectivement utilisent
la forme du wiki, par exemple le dictionnaire multilingue Wiktionary,
lanc en 2002 par la Wikipedia Foundation. Le portail
yourDictionary.com rpertorie 3.500 dictionnaires et grammaires dans
300 langues en avril 2007.


[En dtail]

Fond en 1979  Modne (Italie) par Rodrigo Vergara, Logos est une
socit de traduction offrant des services dans 35 langues en 1997,
avec 300 traducteurs travaillant sur place et un rseau mondial de
2.500 traducteurs travaillant en free-lance. Logos traduit en moyenne
200 textes par jour.

Initiative peu courante  l'poque, Logos dcide de mettre tous ses
outils professionnels en accs libre sur le web. Dans un entretien
publi dans le quotidien Le Monde du 7 dcembre 1997, Rodrigo Vergara
relate: "Nous voulions que nos traducteurs aient tous accs aux mmes
outils de traduction. Nous les avons donc mis  leur disposition sur
internet, et tant qu' faire nous avons ouvert le site au public. Cela
nous a rendus trs populaires, nous a fait beaucoup de publicit.
L'opration a drain vers nous de nombreux clients, mais aussi nous a
permis d'toffer notre rseau de traducteurs grce aux contacts tablis
 la suite de cette initiative."

Les outils de traduction disponibles sur le web comprennent un
dictionnaire multilingue de 7,5 millions d'entres (Logos Dictionary),
une base de donnes de 553 glossaires (Linguistic Resources), des
tables de conjugaison en 17 langues (Conjugation of Verbs), et enfin la
Wordtheque, une base de donnes multilingue de 328 millions de termes
issus de traductions de romans et documents techniques. La recherche
dans la Wordtheque est possible par langue, mot, auteur ou titre. En
2007, la Wordtheque, devenue la Logos Library, comprend 710 millions de
termes, Conjugation of Verbs, devenu l'Universal Conjugator, propose
des tableaux de conjugaison dans 36 langues, et Linguistic Resources
offre un point d'accs unique pour 1.215 glossaires.

Quand Logos met ses outils en accs libre en 1997, il ouvre la voie 
d'autres initiatives.

Le premier dictionnaire de langue franaise en accs libre est le
Dictionnaire universel francophone en ligne, qui rpertorie 45.000 mots
et 116.000 dfinitions tout en prsentant "sur un pied d'galit, le
franais dit "standard" et les mots et expressions en franais tel
qu'on le parle sur les cinq continents". Issu de la collaboration entre
Hachette et l'AUPELF-UREF (devenu depuis l'AUF - Agence universitaire
de la francophonie), il correspond  la partie "noms communs" du
dictionnaire imprim disponible chez Hachette. L'quivalent pour la
langue anglaise est le site Merriam-Webster OnLine, qui donne librement
accs au Collegiate Dictionary et au Collegiate Thesaurus.

En mars 2000, les 20 volumes de l'Oxford English Dictionary sont mis en
ligne par l'Oxford University Press (OUP). La consultation du site est
payante. Le dictionnaire bnficie d'une mise  jour trimestrielle
d'environ 1.000 entres nouvelles ou rvises. Deux ans aprs cette
premire exprience, en mars 2002, l'Oxford University Press met en
ligne l'Oxford Reference Online, une vaste encyclopdie conue
directement pour le web et consultable elle aussi sur abonnement
payant. Avec 60.000 pages et un million d'entres, elle reprsente
l'quivalent d'une centaine d'ouvrages de rfrence.

En septembre 2000, l'Office qubcois de la langue franaise (OQLF)
lance le Grand dictionnaire terminologique (GDT), mis en ligne en
septembre 2000. Le GDT comprend 3 millions de termes franais et
anglais du vocabulaire industriel, scientifique et commercial, dans 200
domaines d'activit. Il reprsente l'quivalent de 3.000 ouvrages de
rfrence imprims. Cette mise en ligne est le rsultat d'un
partenariat entre l'Office qubcois de la langue franaise (OQLF),
auteur du dictionnaire, et Semantix, socit spcialise dans les
solutions logicielles linguistiques. Evnement clbr par de nombreux
linguistes, cette mise en ligne est un succs sans prcdent pour un
dictionnaire. Ds le premier mois, le GDT est consult par 1,3 million
de personnes, avec des pointes de 60.000 requtes quotidiennes. La
gestion de la base est ensuite assure par Convera Canada. En fvrier
2003, les requtes sont au nombre de 3,5 millions par mois. Une
nouvelle version du GDT est mise en ligne en mars 2003. Sa gestion est
dsormais assure par l'OQLF lui-mme, et non plus par une socit
prestataire.

Gr par le service de traduction de la Commission europenne,
Eurodicautom est un dictionnaire multilingue de termes conomiques,
scientifiques, techniques et juridiques, avec une moyenne de 120.000
consultations quotidiennes. Il permet de combiner entre elles les onze
langues officielles de l'Union europenne (allemand, anglais, danois,
espagnol, finnois, franais, grec, hollandais, italien, portugais,
sudois), ainsi que le latin. Fin 2003, Eurodicautom annonce son
intgration dans une base terminologique plus vaste regroupant les
bases de plusieurs institutions de l'Union europenne. Cette nouvelle
base traite non plus douze langues, mais une vingtaine, puisque l'Union
europenne s'largit  l'Est et passe de 15  25 membres en mai 2004,
pour atteindre 27 membres en janvier 2007. Cette base terminologique
voit le jour en mars 2007, sous le nom de IATE (Inter-Active
Terminology for Europe), avec 1,4 million d'entres dans 24 langues.



1997: CONVERGENCE MULTIMEDIA


[Rsum]

La convergence multimdia peut tre dfinie comme la convergence des
secteurs de l'informatique, du tlphone et de la radiotlvision dans
une industrie de la communication et de la distribution utilisant les
mmes autoroutes de l'information. Cette convergence entrane
l'unification progressive des secteurs lis  l'information
(imprimerie, dition, presse, conception graphique, enregistrements
sonores, films, etc.) suite  l'utilisation des techniques de
numrisation. La convergence multimdia amne-t-elle des emplois
nouveaux, comme l'assurent les employeurs, ou bien est-elle source de
chmage, comme l'affirment les syndicats? Ce sujet est dbattu ds 1997
lors du Colloque sur la convergence multimdia organis par le Bureau
international du travail (BIT)  Genve. Si, dans certains secteurs, ce
phnomne entrane de nouveaux emplois, par exemple ceux lis  la
production audiovisuelle, d'autres secteurs sont soumis 
d'inquitantes restructurations. La convergence multimdia a de
nombreux revers, par exemple des contrats prcaires pour les salaris,
l'absence de syndicats pour les tltravailleurs ou le droit d'auteur
mis  mal pour les auteurs.


[En dtail]

La numrisation permet de crer, d'enregistrer, de combiner, de
stocker, de rechercher et de transmettre des textes, des sons et des
images par des moyens simples et rapides. Des procds similaires
permettent le traitement de l'criture, de la musique et du cinma
alors que, par le pass, ce traitement tait assur par des procds
diffrents sur des supports diffrents (papier pour l'criture, bande
magntique pour la musique, cellulod pour le cinma). De plus, des
secteurs distincts comme l'dition (qui produit des livres) et
l'industrie musicale (qui produit des disques) travaillent de concert
pour produire des CD-ROM.

La numrisation acclre considrablement le processus matriel de
production. Dans la presse, alors qu'auparavant le personnel de
production devait dactylographier les textes du personnel de rdaction,
les journalistes envoient dsormais directement leurs textes pour mise
en page. Dans l'dition, le rdacteur, le concepteur artistique et
l'infographiste travaillent souvent simultanment sur le mme ouvrage.
On assiste progressivement  la convergence de tous les secteurs lis 
l'information: imprimerie, dition, presse, conception graphique,
enregistrements sonores, films, radiodiffusion, etc. C'est ce qu'on
appelle la convergence multimdia. On peut aussi la dfinir comme la
convergence de l'informatique, du tlphone, de la radio et de la
tlvision dans une industrie de la communication et de la distribution
utilisant les mmes inforoutes.

Si certains secteurs voient l'apparition de nouveaux emplois, par
exemple ceux lis  la production audiovisuelle, d'autres secteurs sont
soumis  d'inquitantes restructurations. La convergence multimdia a
de nombreux revers,  savoir des contrats occasionnels et prcaires
pour les salaris, l'absence de syndicats pour les tltravailleurs, le
droit d'auteur souvent mis  mal pour les auteurs, etc. Et, 
l'exception du droit d'auteur, vu l'enjeu financier qu'il reprsente,
il est rare que ces problmes fassent la Une des journaux.

La convergence multimdia amne-t-elle des emplois nouveaux, comme
l'assurent les employeurs, ou bien est-elle source de chmage, comme
l'affirment les syndicats? Ce sujet est dbattu ds janvier 1997 lors
du Colloque sur la convergence multimdia organis par le Bureau
international du travail (BIT)  Genve.

Si elle acclre le processus de production, l'automatisation des
mthodes de travail entrane une diminution de l'intervention humaine
et donc un accroissement du chmage. Dans la presse comme dans
l'dition, la mise en page automatique permet de combiner rdaction et
composition. Dans les services publicitaires aussi, la conception
graphique et les tches commerciales sont maintenant intgres.
L'informatique permet  certains professionnels de s'installer  leur
compte, une solution choisie par 30% des salaris ayant perdu leur
emploi.

Au Royaume-Uni, les fonctions de correction d'preuves et de rdaction
s'effectuent dsormais  domicile, le plus souvent par des travailleurs
qui ont pris le statut d'indpendants par suite de fusions
d'entreprises, dlocalisations ou licenciements. "Or cette forme
d'emploi tient plus du travail prcaire que du travail indpendant, car
ces personnes n'ont que peu d'autonomie et sont gnralement
tributaires d'une seule maison d'dition", analyse Peter Leisink,
professeur associ d'tudes sociales  l'Universit d'Utrecht
(Pays-Bas).

A part quelques cas mis en avant par les organisations d'employeurs, la
convergence multimdia entrane des suppressions massives d'emplois.
Selon Michel Muller, secrtaire gnral de la FILPAC (Fdration des
industries du livre, du papier et de la communication), les industries
graphiques franaises ont perdu 20.000 emplois en dix ans. Entre 1987
et 1996, les effectifs passent de de 110.000  90.000 salaris. Les
entreprises doivent mettre sur pied des plans sociaux coteux pour
favoriser le reclassement des personnes licencies, en crant des
emplois souvent artificiels, alors qu'il aurait t prfrable de
financer des tudes fiables sur la manire d'quilibrer crations et
suppressions d'emplois quand il tait encore temps.

Partout dans le monde, de nombreux postes  faible qualification
technique sont remplacs par des postes exigeant des qualifications
techniques leves. Les personnes peu qualifies sont licencies.
D'autres suivent une formation professionnelle complmentaire, parfois
auto-finance et prise sur leur temps libre, et cette formation
professionnelle ne garantit pas pour autant le remploi.

Directeur du gant des tlcommunications AT&T aux Etats-Unis, Walter
Durling insiste sur le fait que les nouvelles technologies ne
changeront pas fondamentalement la situation des salaris au sein de
l'entreprise. L'invention du film n'a pas tu le thtre et celle de la
tlvision n'a pas fait disparatre le cinma. Les entreprises
devraient crer des emplois lis aux nouvelles technologies et les
proposer  ceux qui sont obligs de quitter d'autres postes devenus
obsoltes. Des arguments bien thoriques alors que le problme est
plutt celui du pourcentage. Combien de crations de postes pour
combien de licenciements?

De leur ct, les syndicats prconisent la cration d'emplois par
l'investissement, l'innovation, la formation professionnelle aux
nouvelles technologies, la reconversion des travailleurs dont les
emplois sont supprims, des conditions quitables pour les contrats et
les conventions collectives, la dfense du droit d'auteur, une
meilleure protection des travailleurs dans le secteur artistique et
enfin la dfense des tltravailleurs en tant que travailleurs  part
entire.

Malgr tous les efforts des syndicats, la situation deviendra-elle
aussi dramatique que celle dcrite dans une note du rapport de ce
colloque, demandant si "les individus seront forcs de lutter pour
survivre dans une jungle lectronique avec les mcanismes de survie qui
ont t mis au point au cours des prcdentes dcennies?"



1998: GALLICA


[Rsum]

Gallica est le secteur numrique de la Bibliothque nationale de France
(BnF), mis en ligne en octobre 1997. En 1998, le serveur stocke
2.500 livres numriss en mode image complts par les 250 volumes
numriss en mode texte de la base Frantext de l'INaLF (Institut
national de la langue franaise). Gallica devient rapidement la plus
grande bibliothque numrique francophone du rseau. Pour des raisons
de cot, les documents sont essentiellement numriss en mode image. En
dcembre 2006, Gallica propose tous les documents libres de droits du
fonds numris de la BnF,  savoir 90.000 ouvrages numriss
(fascicules de presse compris) et 80.000 images couvrant une priode
allant du Moyen-Age au dbut du 20e sicle, avec plus d'un million de
consultations par mois. En 2007, Gallica dbute la conversion en mode
texte des livres numriss en mode image pour favoriser l'accs  leur
contenu.


[En dtail]

Secteur numrique de la Bibliothque nationale de France (BnF), Gallica
est inaugur en octobre 1997 avec des textes et images du 19e sicle
francophone, le 19e sicle tant le "sicle de l'dition et de la
presse moderne, sicle du roman mais aussi des grandes synthses
historiques et philosophiques, sicle scientifique et technique"
(extrait du site web). A l'poque, le serveur stocke 2.500 livres
numriss en mode image complts par les 250 volumes numriss en mode
texte de la base Frantext de l'INaLF (Institut national de la langue
franaise). Classes par discipline, ces ressources sont compltes par
une chronologie du 19e sicle et une synthse sur les grands courants
en histoire, sciences politiques, droit, conomie, littrature,
philosophie, sciences et histoire des sciences. Le site propose aussi
un chantillon de la future iconothque numrique,  savoir le fonds du
photographe Eugne Atget, une slection de documents sur l'crivain
Pierre Loti, une collection d'images de l'Ecole nationale des ponts et
chausses sur les grands travaux lis  la rvolution industrielle en
France, et enfin un choix de livres illustrs de la Bibliothque du
Muse de l'Homme.

Gallica se considre moins comme une banque de donnes numrises que
comme un "laboratoire dont l'objet est d'valuer les conditions d'accs
et de consultation  distance des documents numriques", lit-on sur le
site web  la fin de 1997. Le but est d'exprimenter la navigation dans
ces collections, en permettant aussi bien le libre parcours du
chercheur ou du curieux que des recherches pointues.

Dbut 1998, Gallica annonce 100.000 volumes et 300.000 images pour la
fin 1999, avec un accroissement rapide des collections ensuite. Sur les
100.000 volumes prvus, qui reprsenteront 30 millions de pages
numrises, plus du tiers concerne le 19e sicle. Quant aux 300.000
images fixes, la moiti appartient aux dpartements spcialiss de la
BnF (Estampes et photographie, Manuscrits, Arts du spectacle, Monnaies
et mdailles, etc.). L'autre moiti provient de collections
d'tablissements publics (muses et bibliothques, Documentation
franaise, Ecole nationale des ponts et chausses, Institut Pasteur,
Observatoire de Paris, etc.) ou privs (agences de presse dont Magnum,
l'Agence France-Presse, Sygma, Rapho, etc.).

En mai 1998, Gallica revoit ses esprances  la baisse et modifie
quelque peu ses orientations premires. Dans un article du quotidien Le
Figaro du 3 juin 1998, Jrme Strazzulla, journaliste, crit que la BnF
est "passe d'une esprance universaliste, encyclopdique,  la
ncessit de choix ditoriaux pointus". Dans le mme article, il
interviewe le prsident de la BnF, Jean-Pierre Angremy, qui rapporte la
dcision du comit ditorial de Gallica: "Nous avons dcid
d'abandonner l'ide d'un vaste corpus encyclopdique de cent mille
livres, auquel on pourrait sans cesse reprocher des trous. Nous nous
orientons aujourd'hui vers des corpus thmatiques, aussi complets que
possibles, mais plus restreints. (...) Nous cherchons  rpondre, en
priorit, aux demandes des chercheurs et des lecteurs." Le premier
corpus aurait trait aux voyages en France, avec mise en ligne prvue en
2000. Ce corpus rassemblerait des textes, estampes et photographies du
16e sicle  1920. Les corpus envisags ensuite auront les thmes
suivants: Paris, les voyages en Afrique des origines  1920, les
utopies, et les mmoires des Acadmies des sciences de province.

En 2003, Gallica donne accs  tous les documents libres de droit du
fonds numris de la BnF,  savoir 70.000 ouvrages et 80.000 images
allant du Moyen-Age au dbut du 20e sicle. Mais, de l'avis de nombreux
usagers, les fichiers sont trs lourds puisque les livres sont
numriss en mode image, et l'accs en est trs long. Chose tout aussi
problmatique, la numrisation en mode image n'autorise pas la
recherche textuelle alors que Gallica se trouve tre la plus grande
bibliothque numrique francophone en nombre de titres disponibles en
ligne. Seule une petite collection de livres (1.117 titres en fvrier
2004) est numrise en mode texte, celle de la base Frantext de l'ATILF
(Analyse et traitement informatique de la langue franaise, le
laboratoire ayant succd  l'INaLF), intgre dans Gallica.

En fvrier 2005, Gallica compte 76.000 ouvrages. A la mme date, la BnF
annonce la mise en ligne prochaine (entre 2006 et 2009) de la presse
franaise parue entre 1826 et 1944,  savoir 22 titres reprsentant 3,5
millions de pages. Dbut 2006, les premiers journaux disponibles en
ligne sont Le Figaro (fond en 1826), La Croix (fonde en 1883),
L'Humanit (fonde en 1904) et Le Temps (fond en 1861 et disparu en
1942). En dcembre 2006, les collections comprennent 90.000 ouvrages
numriss (fascicules de presse compris), 80.000 images et des dizaines
d'heures de ressources sonores. Gallica dbute aussi la conversion en
mode texte des livres numriss en mode image pour pour favoriser
l'accs  leur contenu.



1998: BIBLIOTHECAIRES NUMERIQUES


[Rsum]

En 1998, Peter Raggett est sous-directeur (puis directeur) de la
Bibliothque centrale de l'OCDE (Organisation de coopration et de
dveloppement conomiques). Il explique en juin 1998: "L'internet offre
aux chercheurs un stock d'informations considrable. (...) A mon avis,
les bibliothcaires auront un rle important  jouer pour amliorer la
recherche et l'organisation de l'information sur le rseau. Je prvois
aussi une forte expansion de l'internet pour l'enseignement et la
recherche. Les bibliothques seront amenes  crer des bibliothques
numriques permettant  un tudiant de suivre un cours propos par une
institution  l'autre bout du monde. La tche du bibliothcaire sera de
filtrer les informations pour le public. Personnellement, je me vois de
plus en plus devenir un bibliothcaire virtuel. Je n'aurai pas
l'occasion de rencontrer les usagers, ils me contacteront plutt par
courriel, par tlphone ou par fax, j'effectuerai la recherche et je
leur enverrai les rsultats par voie lectronique."


[En dtail]

Voici deux expriences, relates par Peter Raggett, sous-directeur de
la Bibliothque centrale de l'OCDE, et par Bruno Didier, webmestre de
la Bibliothque de l'Institut Pasteur.


= Bibliothque centrale de l'OCDE

Situe  Paris, l'OCDE (Organisation de coopration et de dveloppement
conomiques) regroupe trente pays membres. Au noyau d'origine,
constitu des pays d'Europe de l'Ouest et d'Amrique du Nord, viennent
s'ajouter le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Zlande, la Finlande, le
Mexique, la Rpublique tchque, la Hongrie, la Pologne et la Core.
Rserv aux fonctionnaires de l'organisation, la bibliothque centrale
permet la consultation de quelque 60.000 monographies et 2.500
priodiques imprims. En ligne depuis 1996, les pages intranet du CDI
deviennent une source d'information indispensable pour le personnel.

Peter Raggett est sous-directeur (puis directeur) du centre de
documentation et d'information (CDI) de l'OCDE. "Je dois filtrer
l'information pour les usagers de la bibliothque, ce qui signifie que
je dois bien connatre les sites et les liens qu'ils proposent,
explique-t-il en juin 1998. J'ai slectionn plusieurs centaines de
sites pour en favoriser l'accs  partir de l'intranet de l'OCDE. Cette
slection fait partie du bureau de rfrence virtuel propos par la
bibliothque  l'ensemble du personnel. Outre de nombreux liens, ce
bureau de rfrence contient des pages recensant les articles,
monographies et sites web correspondant aux diffrents projets de
recherche en cours  l'OCDE, l'accs en rseau aux CD-ROM et une liste
mensuelle des nouveaux titres."

Comment voit-il l'avenir de la profession? "L'internet offre aux
chercheurs un stock d'informations considrable. Le problme pour eux
est de trouver ce qu'ils cherchent. Jamais auparavant on n'avait senti
une telle surcharge d'informations, comme on la sent maintenant quand
on tente de trouver un renseignement sur un sujet prcis en utilisant
les moteurs de recherche disponibles sur l'internet. A mon avis, les
bibliothcaires auront un rle important  jouer pour amliorer la
recherche et l'organisation de l'information sur le rseau. Je prvois
aussi une forte expansion de l'internet pour l'enseignement et la
recherche. Les bibliothques seront amenes  crer des bibliothques
numriques permettant  un tudiant de suivre un cours propos par une
institution  l'autre bout du monde. La tche du bibliothcaire sera de
filtrer les informations pour le public. Personnellement, je me vois de
plus en plus devenir un bibliothcaire virtuel. Je n'aurai pas
l'occasion de rencontrer les usagers, ils me contacteront plutt par
courriel, par tlphone ou par fax, j'effectuerai la recherche et je
leur enverrai les rsultats par voie lectronique."


= Bibliothque de l'Institut Pasteur

En 1999, Bruno Didier est bibliothcaire  l'Institut Pasteur (Paris),
une fondation prive dont le but est la prvention et le traitement des
maladies infectieuses par la recherche, l'enseignement et des actions
de sant publique. Sduit par les perspectives qu'offre le rseau pour
la recherche documentaire, Bruno Didier cre le site web de la
bibliothque en 1996 et devient son webmestre.

"Le site web de la bibliothque a pour vocation principale de servir la
communaut pasteurienne, relate-t-il en aot 1999. Il est le support
d'applications devenues indispensables  la fonction documentaire dans
un organisme de cette taille: bases de donnes bibliographiques,
catalogue, commande de documents et bien entendu accs  des
priodiques en ligne. C'est galement une vitrine pour nos diffrents
services, en interne mais aussi dans toute la France et  l'tranger.
Il tient notamment une place importante dans la coopration
documentaire avec les instituts du rseau Pasteur  travers le monde.
Enfin j'essaie d'en faire une passerelle adapte  nos besoins pour la
dcouverte et l'utilisation d'internet. (...) Je dveloppe et maintiens
les pages du serveur, ce qui s'accompagne d'une activit de veille
rgulire. Par ailleurs je suis responsable de la formation des
usagers, ce qui se ressent dans mes pages. Le web est un excellent
support pour la formation, et la plupart des rflexions actuelles sur
la formation des usagers intgrent cet outil."

Son activit professionnelle a chang de manire assez radicale, tout
comme celle de ses collgues. "C'est  la fois dans nos rapports avec
l'information et avec les usagers que les changements ont eu lieu,
explique-t-il. Nous devenons de plus en plus des mdiateurs, et
peut-tre un peu moins des conservateurs. Mon activit actuelle est
typique de cette nouvelle situation: d'une part dgager des chemins
d'accs rapides  l'information et mettre en place des moyens de
communication efficaces, d'autre part former les utilisateurs  ces
nouveaux outils. Je crois que l'avenir de notre mtier passe par la
coopration et l'exploitation des ressources communes. C'est un vieux
projet certainement, mais finalement c'est la premire fois qu'on
dispose enfin des moyens de le mettre en place."



1998: WEB MULTILINGUE


[Rsum]

De pratiquement anglophone  ses dbuts, le web devient multilingue.
Consultant en marketing internet de produits et services de traduction,
Randy Hobler crit en septembre 1998: "Comme l'internet n'a pas de
frontires nationales, les internautes s'organisent selon d'autres
critres propres au mdium. En termes de multilinguisme, vous avez des
communauts virtuelles, par exemple ce que j'appelle les "nations des
langues", tous ces internautes qu'on peut regrouper selon leur langue
maternelle quel que soit leur lieu gographique. Ainsi la nation de la
langue espagnole inclut non seulement les internautes d'Espagne et
d'Amrique latine, mais aussi tous les Hispanophones vivant aux
Etats-Unis, ou encore ceux qui parlent espagnol au Maroc." Professeur
d'espagnol en entreprise et traductrice, Maria Victoria Marinetti
ajoute en aot 1999: Il est trs important de pouvoir communiquer en
diffrentes langues. Je dirais mme que c'est obligatoire, car
l'information donne sur le net est  destination du monde entier,
alors pourquoi ne l'aurions-nous pas dans notre propre langue ou dans
la langue que nous souhaitons lire? Information mondiale, mais pas de
vaste choix dans les langues, ce serait contradictoire, pas vrai?


[En dtail]

De pratiquement anglophone  ses dbuts, le web devient multilingue.

Consultant en marketing internet de produits et services de traduction,
Randy Hobler crit en septembre 1998: "Comme l'internet n'a pas de
frontires nationales, les internautes s'organisent selon d'autres
critres propres au mdium. En termes de multilinguisme, vous avez des
communauts virtuelles, par exemple ce que j'appelle les "nations des
langues", tous ces internautes qu'on peut regrouper selon leur langue
maternelle quel que soit leur lieu gographique. Ainsi la nation de la
langue espagnole inclut non seulement les internautes d'Espagne et
d'Amrique latine, mais aussi tous les Hispanophones vivant aux
Etats-Unis, ou encore ceux qui parlent espagnol au Maroc."

Bruno Didier, webmestre de la Bibliothque de l'Institut Pasteur, crit
en aot 1999: "Internet n'est une proprit ni nationale, ni
linguistique. C'est un vecteur de culture, et le premier support de la
culture, c'est la langue. Plus il y a de langues reprsentes dans leur
diversit, plus il y aura de cultures sur internet. Je ne pense pas
qu'il faille justement cder  la tentation systmatique de traduire
ses pages dans une langue plus ou moins universelle. Les changes
culturels passent par la volont de se mettre  la porte de celui vers
qui on souhaite aller. Et cet effort passe par l'apprhension de sa
langue. Bien entendu c'est trs utopique comme propos. Concrtement,
lorsque je fais de la veille, je peste ds que je rencontre des sites
norvgiens ou brsiliens sans un minimum d'anglais."

L'anglais reste en effet prpondrant et ceci n'est pas prs de
disparatre. Comme indiqu en janvier 1999 par Marcel Grangier,
responsable de la section franaise des services linguistiques centraux
de l'Administration fdrale suisse, "cette suprmatie n'est pas un mal
en soi, dans la mesure o elle rsulte de ralits essentiellement
statistiques (plus de PC par habitant, plus de locuteurs de cette
langue, etc.). La riposte n'est pas de "lutter contre l'anglais" et
encore moins de s'en tenir  des jrmiades, mais de multiplier les
sites en d'autres langues. Notons qu'en qualit de service de
traduction, nous prconisons galement le multilinguisme des sites
eux-mmes. La multiplication des langues prsentes sur internet est
invitable, et ne peut que bnficier aux changes multiculturels."

C'est aussi l'avis de Maria Victoria Marinetti, professeur d'espagnol
en entreprise et traductrice, qui crit en aot 1999: "Il est trs
important de pouvoir communiquer en diffrentes langues. Je dirais mme
que c'est obligatoire, car l'information donne sur le net est 
destination du monde entier, alors pourquoi ne l'aurions-nous pas dans
notre propre langue ou dans la langue que nous souhaitons lire?
Information mondiale, mais pas de vaste choix dans les langues, ce
serait contradictoire, pas vrai?"

Professeur en technologies de la communication  la Webster University
de Genve, Henri Slettenhaar insiste galement sur la ncessit de
sites bilingues, dans la langue originale et en anglais. "Les
communauts locales prsentes sur le web devraient en tout premier lieu
utiliser leur langue pour diffuser des informations, crit-il en
dcembre 1998. Si elles veulent galement prsenter ces informations 
la communaut mondiale, celles-ci doivent tre aussi disponibles en
anglais. Je pense qu'il existe un rel besoin de sites bilingues. (...)
Mais je suis enchant qu'il existe maintenant tant de documents
disponibles dans leur langue originale. Je prfre de beaucoup lire
l'original avec difficult plutt qu'une traduction mdiocre."

En aot 1999, il ajoute: "A mon avis, il existe deux types de
recherches sur le web. La premire est la recherche globale dans le
domaine des affaires et de l'information. Pour cela, la langue est
d'abord l'anglais, avec des versions locales si ncessaire. La seconde,
ce sont les informations locales de tous ordres dans les endroits les
plus reculs. Si l'information est  destination d'une ethnie ou d'un
groupe linguistique, elle doit d'abord tre dans la langue de l'ethnie
ou du groupe, avec peut-tre un rsum en anglais."

En t 2000, les usagers non anglophones atteignent puis dpassent la
barre des 50%. Ce pourcentage continue ensuite d'augmenter, comme le
montrent les statistiques de la socit Global Reach, mises  jour 
intervalles rguliers. Le nombre d'usagers non anglophones est de 52,5%
en t 2001, 57% en dcembre 2001, 59,8% en avril 2002, 64,4% en
septembre 2003 (dont 34,9% d'Europens non anglophones et 29,4%
d'Asiatiques) et 64,2% en mars 2004 (dont 37,9% d'Europens non
anglophones et 33% d'Asiatiques).



1999: FORMAT OPEN EBOOK


[Rsum]

Cr en septembre 1999, l'OeB (open ebook) est un format de livre
numrique bas sur le langage XML (extensible markup language) pour
normaliser le contenu, la structure et la prsentation des livres
numriques. Le format OeB est dfini par l'OeBPS (open ebook
publication structure), dveloppe par l'Open eBook Forum (OeBF), un
consortium industriel international fond en janvier 2000 pour
regrouper constructeurs, concepteurs de logiciels, diteurs, libraires
et spcialistes du numrique (85 participants en 2002). Tlchargeable
gratuitement, l'OeBPS dispose d'une version ouverte et gratuite
appartenant au domaine public. La version originale est destine aux
professionnels de la publication puisqu'elle doit tre associe  une
technologie normalise de gestion des droits numriques, et donc  un
systme de DRM (digital rights management) permettant de contrler
l'accs des livres numriques sous droits. En avril 2005, l'Open eBook
Forum devient l'International Digital Publishing Forum (IDPF), et le
format OeB devient le format ePub.


[En dtail]

Les annes 1998 et 1999 sont marques par la prolifration des formats,
chacun lanant son propre format de livre numrique dans le cadre d'un
march naissant promis  une expansion rapide. Aux formats
classiques - format texte, Word, HTML (hypertext markup language), XML
(extensible markup language) et PDF (portable document
format) - s'ajoutent des formats propritaires crs par plusieurs
socits pour une lecture sur leurs propres logiciels: Glassbook
Reader, Rocket eBook Reader, Peanut Reader, Franklin Reader, logiciel
de lecture Cytale, Gemstar eBook Reader, Palm Reader, etc., ces
logiciels correspondant le plus souvent  un appareil donn: Rocket
eBook, eBookMan (Franklin), Cybook (Cytale), Gemstar eBook, Palm Pilot,
etc.

Inquiets pour l'avenir du livre numrique qui,  peine n, propose
presque autant de formats que de titres, certains insistent sur
l'intrt, sinon la ncessit, d'un format unique. A l'instigation du
NIST (National Institute of Standards and Technology) aux Etats-Unis,
l'Open eBook Initiative voit le jour en juin 1998 et constitue un
groupe de travail de 25 personnes (Open eBook Authoring Group). Ce
groupe labore l'OeB (open ebook), un format bas sur le langage XML
(extensible markup language) et destin  normaliser le contenu, la
structure et la prsentation des livres numriques. Le format OeB est
dfini par l'OeBPS (open ebook publication structure), dont la version
1.0 est disponible en septembre 1999. L'OeBPS dispose d'une version
ouverte et gratuite appartenant au domaine public. La version originale
est utilise uniquement par les professionnels de la publication,
puisqu'il doit tre associ  un systme de gestion des droits
numriques (DRM - digital rights management).

Fond en janvier 2000 pour prendre la suite de l'Open eBook Initiative,
l'OeBF (Open eBook Forum) est un consortium industriel international
regroupant constructeurs, concepteurs de logiciels, diteurs, libraires
et spcialistes du numrique (85 participants en 2002) dans l'optique
de dvelopper le format OeB (open ebook) et l'OeBPS (open ebook
publication structure). Le format OeB devient un standard qui sert
lui-mme de base  de nombreux formats, par exemple LIT (pour le
Microsoft Reader) ou PRC (pour le Mobipocket Reader). En avril 2005,
l'Open eBook Forum devient l'International Digital Publishing Forum
(IDPF) et le format OeB laisse la place au format ePub.

Outre le format PDF (non bas sur l'OeB puisque cr en 1993) et le
format LIT (bas sur l'OeB), le troisime grand format est le format
PRC, lisible sur le Mobipocket Reader et destin en priorit aux
appareils mobiles tels que PDA, tlphones et smartphones. Cre en
mars 2000 par Thierry Brethes et Nathalie Ting, la socit Mobipocket,
base  Paris, se spcialise d'emble dans la lecture et la
distribution scurise de livres numriques sur assistant personnel
(PDA). Le Mobipocket Reader est "universel", c'est--dire utilisable
sur tout assistant personnel (Palm Pilot, Pocket PC, eBookMan, Psion,
etc.). En avril 2002, la socit lance un Mobipocket Reader pour
ordinateur. Au printemps 2003, le Mobipocket Reader quipe les premiers
smartphones de Nokia et Sony Ericsson. A la mme date, le nombre de
livres lisibles sur le Mobipocket Reader est de 6.000 titres dans
plusieurs langues (franais, anglais, allemand, espagnol), distribus
soit sur le site de Mobipocket soit dans les librairies partenaires. Le
systme de gestion des droits numriques est le Mobipocket DRM System.
En avril 2005, Mobipocket est rachet par la grande librairie en ligne
Amazon.com.



1999: AUTEURS NUMERIQUES


[Rsum]

Jean-Paul, auteur hypermdia et webmestre des Cotres furtifs, relate en
aot 1999: "L'internet va me permettre de me passer des intermdiaires:
compagnies de disques, diteurs, distributeurs... Il va surtout me
permettre de formaliser ce que j'ai dans la tte et dont l'imprim (la
micro-dition, en fait) ne me permettait de donner qu'une
approximation." De nombreux genres voient le jour: sites d'criture
hypermdia, oeuvres de fiction hypertexte, romans multimdias,
hyper-romans, etc. Jean-Pierre Balpe, chercheur et crivain, lance le
premier mail-roman francophone en 2001. Cette exprience renforce sa
"conviction que les technologies numriques sont une chance
extraordinaire du renouvellement du littraire." Le texte fusionne
aussi de plus en plus avec l'image et le son.


[En dtail]

Voici trois expriences, relates par Murray Suid, auteur de livres
pdagogiques, Jean-Paul, webmestre d'un site hypermdia, et Jean-Pierre
Balpe, auteur d'un mail-roman.


= Livres pdagogiques

Murray Suid vit  Palo Alto, dans la Silicon Valley, en Californie. Il
est l'auteur de livres pdagogiques, de livres pour enfants, d'oeuvres
multimdias et de scnarios. Ds septembre 1998, il prconise une
solution choisie depuis par de nombreux auteurs. "Un livre peut avoir
un prolongement sur le web - et donc vivre en partie dans le
cyberespace, explique-t-il. L'auteur peut ainsi aisment l'actualiser
et le corriger, alors qu'auparavant il devait attendre longtemps,
jusqu' l'dition suivante, quand il y en avait une. (...) Je ne sais
pas si je publierai des livres sur le web, au lieu de les publier en
version imprime. J'utiliserai peut-tre ce nouveau support si les
livres deviennent multimdias. Pour le moment, je participe au
dveloppement de matriel pdagogique multimdia. C'est un nouveau type
de matriel qui me plat beaucoup et qui permet l'interactivit entre
des textes, des films, des bandes sonores et des graphiques qui sont
tous relis les uns aux autres."

Un an aprs, en aot 1999, il ajoute: "En plus des livres complts par
un site web, je suis en train d'adopter la mme formule pour mes
oeuvres multimdias - qui sont sur CD-ROM - afin de les actualiser et
d'enrichir leur contenu." Quelques mois plus tard, l'intgralit de ses
oeuvres multimdias est sur le rseau, et le matriel pdagogique
auquel il contribue est conu non plus pour diffusion sur CD-ROM, mais
directement pour diffusion sur le web. D'entreprise multimdia, la
socit de logiciels ducatifs qui l'emploie devient une entreprise
internet.


= Site hypermdia

Jean-Paul, auteur hypermdia et webmestre des Cotres furtifs, relate en
aot 1999: "L'internet va me permettre de me passer des intermdiaires:
compagnies de disques, diteurs, distributeurs... Il va surtout me
permettre de formaliser ce que j'ai dans la tte et dont l'imprim (la
micro-dition, en fait) ne me permettait de donner qu'une
approximation. Puis les intermdiaires prendront tout le pouvoir. Il
faudra alors chercher ailleurs, l o l'herbe est plus verte..."

En juin 2000, il se penche sur l'apport de l'hyperlien dans son
travail: "La navigation par hyperliens se fait en rayon (j'ai un centre
d'intrt et je clique mthodiquement sur tous les liens qui s'y
rapportent) ou en louvoiements (de clic en clic,  mesure qu'ils
apparaissent, au risque de perdre de vue mon sujet). Bien sr, les deux
sont possibles avec l'imprim. Mais la diffrence saute aux yeux:
feuilleter n'est pas cliquer. L'internet n'a donc pas chang ma vie,
mais mon rapport  l'criture. On n'crit pas de la mme manire pour
un site que pour un scnario, une pice de thtre, etc. (...) Depuis,
j'cris (compose, mets en page, en scne) directement  l'cran. L'tat
"imprim" de mon travail n'est pas le stade final, le but; mais une
forme parmi d'autres, qui privilgie la linarit et l'image, et qui
exclut le son et les images animes. (...)

C'est finalement dans la publication en ligne (l'entoilage?) que j'ai
trouv la mobilit, la fluidit que je cherchais. Le matre mot y est
"chantier en cours", sans palissades. Accouchement permanent,  vue,
comme le monde sous nos yeux. Provisoire, comme la vie qui ttonne, se
cherche, se dprend, se reprend. Avec videmment le risque soulign par
les gutenbergs, les orphelins de la civilisation du livre: plus rien
n'est sr. Il n'y a plus de source fiable, elles sont trop nombreuses,
et il devient difficile de distinguer un clerc d'un gourou. Mais c'est
un problme qui concerne le contrle de l'information. Pas la
transmission des motions."


= Mail-roman

Jean-Pierre Balpe est directeur du dpartement hypermdias de
l'Universit Paris 8, chercheur et crivain. Il lance le premier
mail-roman francophone en 2001. Pendant trs exactement cent jours,
entre le 11 avril et le 19 juillet 2001, il diffuse quotidiennement un
chapitre de Rien n'est sans dire auprs de cinq cents personnes - sa
famille, ses amis, ses collgues, etc. - en intgrant les rponses et
les ractions des lecteurs. Raconte par un narrateur, l'histoire est
celle de Stanislas et Zita, qui vivent une passion tragique dchire
par une sombre histoire politique. "Cette ide d'un mail-roman m'est
venue tout naturellement, raconte l'auteur en fvrier 2002. D'une part
en me demandant depuis quelque temps dj ce qu'internet peut apporter
sur le plan de la forme  la littrature (...) et d'autre part en
lisant de la littrature "pistolaire" du 18e sicle, ces fameux
"romans par lettres". Il suffit alors de transposer: que peut tre le
"roman par lettres" aujourd'hui?"

Jean-Pierre Balpe tire plusieurs conclusions de cette exprience:
"D'abord c'est un "genre": depuis, plusieurs personnes m'ont dit lancer
aussi un mail-roman. Ensuite j'ai aperu quantit de possibilits que
je n'ai pas exploites et que je me rserve pour un ventuel travail
ultrieur. La contrainte du temps est ainsi trs intressante 
exploiter: le temps de l'criture bien sr, mais aussi celui de la
lecture: ce n'est pas rien de mettre quelqu'un devant la ncessit de
lire, chaque jour, une page de roman. Ce "pacte" a quelque chose de
diabolique. Et enfin le renforcement de ma conviction que les
technologies numriques sont une chance extraordinaire du
renouvellement du littraire."



2000: YOURDICTIONARY.COM


[Rsum]

yourDictionary.com est co-fond par Robert Beard en fvrier 2000, dans
le prolongement de son ancien site, A Web of Online Dictionaries, cr
ds 1995. En septembre 2003, yourDictionary.com, devenu un portail de
rfrence, rpertorie plus de 1.800 dictionnaires dans 250 langues,
ainsi que de nombreux outils linguistiques: vocabulaires, grammaires,
glossaires, mthodes de langues, etc. En avril 2007, le rpertoire
comprend 2.500 dictionnaires et grammaires dans 300 langues. Soucieux
de servir toutes les langues sans exception, le portail propose une
section spcifique (Endangered Language Repository) consacre aux
langues menaces d'extinction. D'aprs l'encyclopdie Ethnologue:
Languages of the World, publie par SIL International et disponible
gratuitement sur le web, il existerait 6.912 langues dans le monde.


[En dtail]

yourDictionary.com est co-fond par Robert Beard en fvrier 2000, dans
le prolongement de son ancien site, A Web of Online Dictionaries, cr
ds 1995. En septembre 2003, yourDictionary.com, devenu un portail de
rfrence, rpertorie 1.800 dictionnaires dans 250 langues, ainsi que
de nombreux outils linguistiques: vocabulaires, grammaires, glossaires,
mthodes de langues, etc. En avril 2007, le rpertoire comprend 2.500
dictionnaires et grammaires dans 300 langues. Soucieux de servir toutes
les langues sans exception, le site propose une section spcifique
(Endangered Language Repository) consacre aux langues menaces
d'extinction.

Robert Beard explique en janvier 2000: "Les langues menaces sont
essentiellement des langues non crites. Un tiers seulement des quelque
6.000 langues existant dans le monde sont  la fois crites et parles.
Je ne pense pourtant pas que le web va contribuer  la perte de
l'identit des langues et j'ai mme le sentiment que,  long terme, il
va renforcer cette identit. Par exemple, de plus en plus d'Indiens
d'Amrique contactent des linguistes pour leur demander d'crire la
grammaire de leur langue et les aider  laborer des dictionnaires.
Pour eux, le web est un instrument  la fois accessible et trs
prcieux d'expression culturelle."

Caoimhn  Donnale est professeur d'informatique  l'Institut Sabhal
Mr Ostaig, situ sur l'le de Skye, en Ecosse. Il dispense ses cours
en galique cossais. Il indique pour sa part en mai 2001: "En ce qui
concerne l'avenir des langues menaces, l'internet acclre les choses
dans les deux sens. Si les gens ne se soucient pas de prserver les
langues, l'internet et la mondialisation qui l'accompagne acclreront
considrablement la disparition de ces langues. Si les gens se soucient
vraiment de les prserver, l'internet constituera une aide
irremplaable."

Caoimhn est galement le webmestre du site de l'institut, bilingue
anglais-galique, qui se trouve tre la principale source d'information
mondiale sur le galique cossais. Sur ce site, il tient  jour
European Minority Languages, une liste de langues europennes
minoritaires elle aussi bilingue anglais-galique, avec classement par
ordre alphabtique de langues et par famille linguistique. Il ajoute:
"Nos tudiants utilisent un correcteur d'orthographe en galique et une
base terminologique en ligne en galique. (...) Il est maintenant
possible d'couter la radio en galique (cossais et irlandais) en
continu sur l'internet partout dans le monde. Une ralisation
particulirement importante a t la traduction en galique du logiciel
de navigation Opera. C'est la premire fois qu'un logiciel de cette
taille est disponible en galique."

Publie par SIL International (SIL: Summer Institute of Linguistics),
l'encyclopdie Ethnologue: Languages of the World existe  la fois en
version web (gratuite), sur CD-ROM (payant) et en version imprime
(payante). Barbara Grimes, sa directrice de publication entre 1971 et
2000 (8e-14e ditions), relate en janvier 2000: "Il s'agit d'un
catalogue des langues dans le monde, avec des informations sur les
endroits o elles sont parles, une estimation du nombre de personnes
qui les parlent, la famille linguistique  laquelle elles
appartiennent, les autres termes utiliss pour ces langues, les noms de
dialectes, d'autres informations socio-linguistiques et dmographiques,
les dates des Bibles publies, un index des noms de langues, un index
des familles linguistiques et des cartes gographiques relatives aux
langues." En avril 2007, cette encyclopdie rpertorie 6.912 langues
selon plusieurs critres (pays, nom de la langue, code de la langue
attribu par le SIL, famille de langues), avec moteur de recherche.



2000: BIBLE DE GUTENBERG EN LIGNE


[Rsum]

En novembre 2000, la version numrique de la Bible de Gutenberg est
mise en ligne sur le site de la British Library. Date de 1454 ou 1455,
cette Bible est le premier ouvrage imprim par Gutenberg dans son
atelier de Mayence, en Allemagne. Sur les 180 exemplaires d'origine, 48
exemplaires, dont certains incomplets, existeraient toujours. La
British Library en possde deux versions compltes et une partielle. En
mars 2000, dix chercheurs et experts techniques de l'Universit Keio de
Tokyo et de NTT (Nippon Telegraph and Telephone Communications)
viennent travailler sur place pendant deux semaines pour numriser les
deux versions compltes, lgrement diffrentes.



2000: DISTRIBUTED PROOFREADERS


[Rsum]

Distributed Proofreaders (DP) est lanc en octobre 2000 par Charles
Franks pour aider  la numrisation des livres du domaine public. Le
site web permet la correction partage en fragmentant les livres en
pages pouvant tre relues par des correcteurs diffrents. Destin 
intensifier la production de livres pour le Projet Gutenberg, grande
bibliothque numrique mondiale au format texte, Distributed
Proofreaders en devient rapidement la principale source. A titre
indicatif, il est suggr de relire une page par jour. Cela semble peu,
mais une page multiplie par des milliers de volontaires reprsente un
chiffre considrable. En 2003, une moyenne de 250  300 relecteurs
quotidiens permet de produire entre 2.500 et 3.000 pages par jour, ce
qui reprsente deux pages par minute. En 2004, la moyenne tait de 300
 400 relecteurs quotidiens produisant entre 4.000 et 7.000 pages par
jour,  savoir quatre pages par minute. Distributed Proofreaders
produit 3.000 livres en fvrier 2004, 5.000 livres en octobre 2004,
7.000 livres en mai 2005, 8.000 livres en fvrier 2006 et 10.000 livres
en mars 2007.


[En dtail]

Conu en octobre 2000 par Charles Franks pour contribuer  la
numrisation des livres du domaine public, Distributed Proofreaders
(DP) permet la correction partage en fragmentant les livres en pages
pouvant tre relues par des correcteurs diffrents. Destin 
intensifier la production de livres pour le Projet Gutenberg, grande
bibliothque numrique mondiale au format texte, Distributed
Proofreaders en devient rapidement la principale source. Il est
officiellement affili au Projet Gutenberg en 2002.

La progression est rapide. En 2003, une moyenne de 250  300 relecteurs
quotidiens permet de produire entre 2.500 et 3.000 pages par jour, ce
qui reprsente deux pages par minute. En 2004, la moyenne est de 300 
400 relecteurs quotidiens produisant entre 4.000 et 7.000 pages par
jour,  savoir quatre pages par minute. Distributed Proofreaders
produit un total de 3.000 livres en fvrier 2004, 5.000 livres en
octobre 2004, 7.000 livres en mai 2005, 8.000 livres en fvrier 2006 et
10.000 livres en mars 2007. A cette date, 700 volontaires se connectent
chaque jour et 3.000 volontaires se connectent chaque mois. Les
volontaires n'ont aucun quota  respecter. A titre indicatif, il est
suggr de relire une page par jour. Cela semble peu, mais une page
multiplie par des milliers de volontaires reprsente un chiffre
considrable.

En janvier 2004 est lanc en parallle Distributed Proofreaders Europe
(DP Europe) pour alimenter le site du Projet Gutenberg Europe (PG
Europe). Cr  l'initiative du Projet Rastko, bas  Belgrade
(Serbie), DP Europe est calqu sur le site original de Distributed
Proofreaders, pour grer la relecture partage de PG Europe. Ds ses
dbuts, DP Europe est un site multilingue, qui prend en compte les
principales langues nationales. Grce  des traducteurs volontaires, le
site de DP Europe est disponible en 12 langues en avril 2004 et 22
langues en mai 2008. L'objectif  moyen terme est d'atteindre 60
langues, avec prise en compte de toutes les langues europennes. DP
Europe comptabilise 100 livres numriss en mai 2005, et 500 livres
numriss en octobre 2008.



2000: PUBLIC LIBRARY OF SCIENCE


[Rsum]

La Public Library of Science (PLoS) est fonde en octobre 2000 par un
groupe de chercheurs des universits de Stanford et de Berkeley, en
Californie. Son premier objectif est de contrer les publications
spcialises aux prix prohibitifs en regroupant tous les articles
scientifiques et mdicaux au sein d'archives en ligne en accs libre.
Mais la rponse des diteurs concerns n'est gure enthousiaste, et ce
projet n'aboutit pas. La Public Library of Science met ensuite en
oeuvre son deuxime objectif, et devient un diteur non commercial de
priodiques scientifiques et mdicaux en ligne, selon un nouveau modle
d'dition en ligne bas sur la diffusion libre du savoir. Le premier
numro de PLoS Biology sort en octobre 2003. PLoS Medicine est lanc en
octobre 2004. Trois nouveaux titres voient le jour en 2005: PLoS
Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS Pathogens. Ils sont suivis
par PLoS Clinical Trials en mai 2006 et PLoS Neglected Tropical
Diseases en octobre 2007.


[En dtail]

A l'heure de l'internet, il parat assez scandaleux que le rsultat de
travaux de recherche - travaux originaux et demandant de longues annes
d'efforts - soit dtourn par des diteurs spcialiss s'appropriant ce
travail et le monnayant  prix fort. L'activit des chercheurs est
souvent finance par les deniers publics, et de manire substantielle
en Amrique du Nord. Il semblerait donc normal que la communaut
scientifique et le grand public puissent bnficier librement du
rsultat de ces recherches.

Dans le domaine scientifique et mdical par exemple, 1.000 nouveaux
articles sont publis chaque jour, en ne comptant que les articles
rviss par les pairs. Se basant sur ce constat, la Public Library of
Science (PLoS) est fonde en octobre 2000  San Francisco 
l'initiative de Harold Varmus, Patrick Brown et Michael Eisen,
enseignants-chercheurs dans les universits de Stanford et de Berkeley,
en Californie. Le but de PLoS est de contrer les pratiques de l'dition
spcialise en regroupant tous les articles scientifiques et mdicaux
au sein d'archives en ligne en accs libre. Au lieu d'une information
dissmine dans des millions de rapports et des milliers de priodiques
en ligne ayant chacun des conditions d'accs diffrentes, un point
d'accs unique permettrait de lire le contenu intgral de ces articles,
avec moteur de recherche multi-critres et systme d'hyperliens entre
les articles.

Pour ce faire, PLoS fait circuler une lettre ouverte demandant que les
articles publis par les diteurs spcialiss soient distribus
librement dans un service d'archives en ligne, et incitant les
signataires de cette lettre  promouvoir les diteurs prts  soutenir
ce projet. La rponse de la communaut scientifique internationale est
remarquable. Au cours des deux annes suivantes, la lettre ouverte est
signe par 30.000 chercheurs de 180 pays diffrents. La rponse des
diteurs est nettement moins enthousiaste, mais plusieurs diteurs
donnent leur accord de principe pour une distribution immdiate des
articles publis par leurs soins, ou alors une distribution dans un
dlai de six mois. Dans la pratique, toutefois, mme les diteurs ayant
donn un accord de principe formulent nombre d'objections au nouveau
modle propos, si bien que le projet d'archives en ligne ne voit
finalement pas le jour.

Un autre objectif de la Public Library of Science est de devenir
elle-mme diteur. PLoS fonde donc une maison d'dition scientifique
non commerciale qui reoit en dcembre 2002 une subvention de 9
millions de dollars US de la part de la Moore Foundation. Une quipe
ditoriale de haut niveau est constitue en janvier 2003 pour lancer
des priodiques de qualit selon un nouveau modle d'dition en ligne
bas sur la diffusion libre du savoir. Le premier numro de PLoS
Biology sort en octobre 2003, avec une version en ligne gratuite et une
version imprime au prix cotant (couvrant uniquement les frais de
fabrication et de distribution). PLoS Medicine est lanc en octobre
2004. Trois nouveaux titres voient le jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS
Computational Biology et PLoS Pathogens. PLoS Clinical Trials voit le
jour en 2006. PloS Neglected Tropical Diseases est lanc en octobre
2007 en tant que premire publication scientifique consacre aux
maladies tropicales ngliges. Ces maladies affectent les populations
pauvres aussi bien dans les zones rurales que dans les zones urbaines.

Tous les articles de ces priodiques sont librement accessibles en
ligne, sur le site de PLoS et dans PubMed Central, le service public et
gratuit d'archives en ligne de la National Library of Medicine
(Etats-Unis), avec moteur de recherche multi-critres. Les versions
imprimes sont abandonnes en 2006 pour laisser place  un service
d'impression  la demande propos par la socit Odyssey Press. Ces
articles peuvent tre librement diffuss et rutiliss ailleurs, y
compris pour des traductions, selon les termes de la licence Creative
Commons, la seule contrainte tant la mention des auteurs et de la
source. PLoS lance aussi PLoS ONE, un forum en ligne permettant de
publier des articles sur tout sujet scientifique et mdical.

Le succs est total. Trois ans aprs les dbuts de PLoS en tant
qu'diteur, PLoS Biology et PLoS Medicine ont la mme rputation
d'excellence que les grandes revues Nature, Science ou The New England
Journal of Medicine. PLoS reoit le soutien financier de plusieurs
fondations tout en mettant sur pied un modle conomique viable, avec
des revenus manant des frais de publication pays par les auteurs, et
provenant aussi de la publicit, de sponsors et d'activits destines
aux membres de PLoS. PLoS oeuvre aussi pour que ce modle conomique
incide d'autres diteurs  crer des revues du mme type ou  mettre
les revues existantes en accs libre.



2001: WIKIPEDIA


[Rsum]

Lance en janvier 2001  l'initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger
(Larry quitte ensuite l'quipe), Wikipedia est une encyclopdie
gratuite crite collectivement et dont le contenu est librement
rutilisable. Elle est immdiatement trs populaire. Sans publicit, et
finance par des dons, cette encyclopdie cooprative est rdige par
des milliers de volontaires (appels Wikipdiens), avec possibilit de
corriger et de complter les articles. Les articles restent la
proprit de leurs auteurs, et leur libre utilisation est rgie par la
licence GFDL (GNU free documentation license). En dcembre 2004,
Wikipedia compte 1,3 million d'articles rdigs par 13.000
contributeurs dans 100 langues. Deux ans aprs, en dcembre 2006, elle
compte 6 millions d'articles dans 250 langues, et elle est l'un de dix
sites les plus visits du web. En mai 2007, la version francophone fte
ses 500.000 articles. A la mme date, Wikipedia compte 7 millions
d'articles dans 192 langues, dont 1,8 million en anglais, 589.000 en
allemand, 260.000 en portugais et 236.000 en espagnol.


[En dtail]

Cre en janvier 2001  l'initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger
(Larry quitte ensuite l'quipe), Wikipedia est une encyclopdie
gratuite crite collectivement et dont le contenu est librement
rutilisable.

Wikipedia est non seulement une encyclopdie mais aussi un wiki. Un
wiki - terme hawaen signifiant: vite, rapide - est un site web
permettant  plusieurs utilisateurs de collaborer en ligne sur un mme
texte. A tout moment, ces utilisateurs peuvent contribuer  la
rdaction du contenu, modifier ce contenu et l'enrichir en permanence.
Le wiki est utilis par exemple pour crer et grer des dictionnaires,
des encyclopdies ou encore des sites d'information sur un sujet donn.
Le programme prsent derrire l'interface d'un wiki est plus ou moins
labor. Un programme simple gre du texte et des hyperliens. Un
programme labor permet d'inclure des images, des graphiques, des
tableaux, etc.

Wikipedia est immdiatement trs populaire. Sans publicit et finance
par des dons, cette encyclopdie cooprative est rdige par des
milliers de volontaires - appels Wikipdiens, et qui s'inscrivent en
prenant un pseudonyme - avec possibilit de corriger ou complter les
articles. Les articles restent la proprit de leurs auteurs, et leur
libre utilisation est rgie par la licence GFDL (GNU free documentation
license). En dcembre 2004, Wikipedia compte 1,3 million d'articles
rdigs par 13.000 contributeurs dans 100 langues. En dcembre 2006,
elle compte 6 millions d'articles dans 250 langues, et elle est l'un de
dix sites les plus visits du web. En avril 2007, Wikipedia publie pour
la premire fois un CD payant avec une slection de 2.000 articles en
anglais. En mai 2007, la version francophone fte ses 500.000 articles
(un CD est galement prvu). A la mme date, Wikipedia compte 7
millions d'articles dans 192 langues, dont 1,8 million en anglais,
589.000 en allemand, 260.000 en portugais et 236.000 en espagnol.

Fonde en juin 2003, la Wikimedia Foundation gre non seulement
Wikipedia mais aussi Wiktionary, dictionnaire et thsaurus multilingue
lanc en dcembre 2002, puis Wikibooks (livres et manuels en cours de
rdaction) lanc en juin 2003, auxquels s'ajoutent ensuite Wikiquote
(rpertoire de citations), Wikisource (textes du domaine public),
Wikimedia Commons (sources multimdias), Wikispecies (rpertoire
d'espces animales et vgtales), Wikinews (site d'actualits) et enfin
Wikiversity (matriel d'enseignement), lanc en aot 2006. La fin 2007
voit le lancement d'un moteur de recherche dnomm Wiki Search, qui
utilise le rseau de contributeurs de Wikipedia pour classer les sites
en fonction de leur qualit.

Les prcurseurs de Wikipedia sont WebEncyclo (disparu depuis) et
Britannica.com, lancs tous deux en dcembre 1999 sur le web.
WebEncyclo, publi par les ditions Atlas, est la premire grande
encyclopdie francophone en accs libre. La recherche est possible par
mots-cls, thmes, mdias (cartes, liens internet, photos,
illustrations) et ides. Un appel  contribution incite les
spcialistes d'un sujet donn  envoyer des articles, qui sont
regroups dans la section WebEncyclo contributif. Aprs avoir t
libre, l'accs est ensuite soumis  une inscription pralable gratuite.
La version web de l'Encyclopaedia Universalis est mise en ligne  la
mme date, soit un ensemble de 28.000 articles signs par 4.000
auteurs. Si la consultation est payante sur la base d'un abonnement
annuel, de nombreux articles sont en accs libre.

Le site Britannica.com - mis en ligne lui aussi en dcembre
1999 - propose en accs libre l'quivalent numrique des 32 volumes de
la 15e dition de l'Encyclopaedia Britannica, paralllement  la
version imprime et  la version CD-Rom, toutes deux payantes. Le site
web offre une slection d'articles issus de 70 magazines, un guide des
meilleurs sites, un choix de livres, etc., le tout tant accessible 
partir d'un moteur de recherche unique. En septembre 2000, le site fait
partie des cent sites les plus visits au monde. En juillet 2001, la
consultation devient payante sur la base d'un abonnement mensuel ou
annuel. Fin 2008, Britannica.com annnonce l'ouverture prochaine de son
site  des contributeurs extrieurs, avec inscription obligatoire pour
crire et modifier des articles.



2001: CREATIVE COMMONS


[Rsum]

Lance en 2001  l'initiative de Lawrence Lessig, professeur de droit
en Californie, la licence Creative Commons est destine  favoriser la
diffusion d'oeuvres numriques tout en protgeant le droit d'auteur.
L'organisme du mme nom propose des licences-type, qui sont des
contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur
l'internet. Simplement rdiges, ces autorisations non exclusives
permettent aux titulaires des droits d'autoriser le public  utiliser
leurs crations tout en ayant la possibilit de restreindre les
exploitations commerciales et les oeuvres drives. L'auteur peut par
exemple choisir d'autoriser ou non les reproductions et les
rediffusions de ses oeuvres. Ces contrats peuvent tre utiliss pour
tout type de cration: texte, film, photo, musique, site web, etc.
Finalise en fvrier 2007, la version 3.0 des Creative Commons instaure
entre autres une licence internationale et la compatibilit avec
d'autres licences similaires, dont le copyleft et la GPL (general
public license).


[En dtail]

Lance en 2001  l'initiative de Lawrence Lessig, professeur de droit
en Californie, la licence Creative Commons est destine  favoriser la
diffusion d'oeuvres numriques tout en protgeant le droit d'auteur.
L'organisme du mme nom propose des licences-type, qui sont des
contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur
l'internet. Simplement rdiges, ces autorisations non exclusives
permettent aux titulaires des droits d'autoriser le public  utiliser
leurs crations tout en ayant la possibilit de restreindre les
exploitations commerciales et les oeuvres drives. L'auteur peut par
exemple choisir d'autoriser ou non les reproductions et les
rediffusions de ses oeuvres. Ces contrats peuvent tre utiliss pour
tout type de cration: texte, film, photo, musique, site web, etc.
Finalise en fvrier 2007, la version 3.0 des Creative Commons instaure
entre autres une licence internationale et la compatibilit avec
d'autres licences similaires comme le copyleft et la GPL (general
public license).

Qui utilise la licence Creative Commons? O'Reilly Media par exemple.
Fond par Tim O'Reilly en 1978, O'Reilly Media est un diteur rput de
manuels informatiques et de livres sur les technologies de pointe.
O'Reilly dispose d'abord d'une formule de "copyright ouvert" pour les
auteurs qui le souhaitent, ou alors pour des projets collectifs. A
partir de 2003, il privilgie le Creative Commons Founders' Copyright
permettant d'offrir des contrats flexibles de droit d'auteur  ceux qui
veulent galement diffuser leurs oeuvres sur le web. La Public Library
of Science (PLoS) utilise elle aussi la licence Creative Commons. Les
articles de ses priodiques en ligne peuvent tre librement diffuss et
rutiliss ailleurs, y compris pour des traductions, la seule
contrainte tant la mention des auteurs et de la source.

Une licence Creative Commons est utilise pour un million d'oeuvres en
2003, 4,7 millions d'oeuvres en 2004, 20 millions d'oeuvres en 2005, 50
millions d'oeuvres en 2006, 90 millions d'oeuvres en 2007 et 130
millions d'oeuvres en 2008.

En complment, Science Commons est fond en 2005 pour dfinir les
stratgies et les outils ncessaires  la diffusion sur le web de la
recherche scientifique, et ccLearn est fond en 2007 dans le mme but,
mais pour l'enseignement.



2002: COURS DU MIT GRATUITS


[Rsum]

Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) dcide de publier le
contenu de ses cours en ligne, avec accs libre et gratuit, pour les
mettre  la disposition de tous, enseignants, tudiants et
autodidactes. L'initiative est mene avec le soutien de la Hewlett
Foundation et de la Mellon Foundation. Mise en ligne en septembre 2002,
la version pilote du MIT OpenCourseWare (MIT OCW) offre en accs libre
le matriel d'enseignement de 32 cours reprsentatifs des cinq facults
du MIT. Ce matriel d'enseignement comprend les textes des confrences,
les travaux pratiques, les exercices et corrigs, les bibliographies,
les documents audio et vido, etc. Le lancement officiel du site a lieu
en septembre 2003, avec accs  quelques centaines de cours. En mars
2004, les 500 cours disponibles couvrent 33 disciplines. En mai 2006,
les 1.400 cours disponibles couvrent 34 disciplines. La totalit des
cours dispenss par le MIT, soit 1.800 cours, est disponible en
novembre 2007, avec actualisation rgulire.


[En dtail]

Bas comme son nom l'indique dans le Massachusetts, un Etat des
Etats-Unis, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) a toujours
t  la pointe de la recherche dans de nombreux domaines. En avril
1997, par exemple, ce sont des chercheurs du Media Lab du MIT qui
crent la socit E Ink pour dvelopper une technologie d'encre
lectronique, elle aussi appele E Ink.

Professeur  l'Universit d'Ottawa (Canada), Christian Vandendorpe
salue en mai 2001 "la dcision du MIT de placer tout le contenu de ses
cours sur le web d'ici dix ans, en le mettant gratuitement  la
disposition de tous. Entre les tendances  la privatisation du savoir
et celles du partage et de l'ouverture  tous, je crois en fin de
compte que c'est cette dernire qui va l'emporter." Le MIT dcide en
effet de publier le contenu de ses cours en ligne, avec accs libre et
gratuit, une initiative mene avec le soutien financier de la Hewlett
Foundation et de la Mellon Foundation.

Lance en septembre 2002, la version pilote du MIT OpenCourseWare (MIT
OCW) offre en accs libre le matriel d'enseignement de 32 cours
reprsentatifs des cinq facults du MIT. Ce matriel d'enseignement
comprend des textes de confrences, des travaux pratiques, des
exercices et corrigs, des bibliographies, des documents audio et
vido, etc. Le lancement officiel du site a lieu un an plus tard, en
septembre 2003, avec accs  quelques centaines de cours. En mars 2004,
les 500 cours disponibles couvrent 33 disciplines. En mai 2006, les
1.400 cours disponibles couvrent 34 disciplines. La totalit des 1.800
cours dispenss par le MIT est en ligne en novembre 2007, avec
actualisation rgulire. Paralllement, certains cours sont traduits en
espagnol, en portugais et en chinois avec l'aide d'autres organismes.

Le MIT espre que cette exprience de publication lectronique - la
premire du genre - va permettre de dfinir un standard et une mthode
de publication, et inciter d'autres universits  crer un
"opencourseware" pour la mise  disposition gratuite du contenu de
leurs propres cours. Un "opencourseware" peut tre dfini comme la
publication lectronique en accs libre du matriel d'enseignement
d'une universit donne. A cet effet, le MIT lance l'OpenCourseWare
Consortium (OCW Consortium) en dcembre 2005, avec accs libre et
gratuit au matriel d'enseignement de cent universits dans le monde un
an plus tard.



2004: PROJET GUTENBERG EUROPE


[Rsum]

Dans la ligne du Projet Gutenberg, grande bibliothque numrique de
livres du domaine public, le Projet Gutenberg Europe est lanc en
janvier 2004 par le Projet Rastko (Belgrade, Serbie), en mme temps que
Distributed Proofreaders Europe (DP Europe), calqu sur le site
original de Distributed Proofreaders (qui opre aux Etats-Unis). Le
concept est un site web qui permet la correction partage en
fragmentant les livres en pages pouvant tre relues par des correcteurs
diffrents. La prsence de plusieurs langues reflte la diversit
linguistique prvalant en Europe. La norme utilise pour dfinir le
domaine public est l'quation "dcs de l'auteur + 50 ans", selon le
copyright en vigueur en Serbie. Quand il aura atteint sa vitesse de
croisire, le Projet Gutenberg Europe devrait se rpartir en plusieurs
bibliothques numriques nationales et/ou linguistiques, avec respect
du copyright en vigueur dans le pays donn. 100 livres sont numriss
en juin 2005, et 500 livres en octobre 2008.


[En dtail]

En 2004, le multilinguisme devient l'une des priorits du Projet
Gutenberg, tout comme l'internationalisation. Michael Hart prend son
bton de plerin vers l'Europe, avec des tapes  Bruxelles, Paris et
Belgrade. Le 12 fvrier 2004, il donne une confrence au sige de
l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'ducation, la science
et la culture)  Paris. Le lendemain, toujours  Paris, il anime un
dbat  l'Assemble nationale. La semaine suivante, il s'adresse au
Parlement europen  Bruxelles. Puis il rend visite  l'quipe du
Projet Rastko  Belgrade (Serbie), pour soutenir la cration du Projet
Gutenberg Europe et de Distributed Proofreaders Europe.

Quand il aura atteint sa vitesse de croisire, le Projet Gutenberg
Europe devrait alimenter plusieurs bibliothques numriques nationales
et/ou linguistiques, par exemple le Projet Gutenberg France pour la
France. Chaque pays ou rgion aurait son propre accs rseau autoris
(respectant la lgislation en vigueur dans le pays donn), qui serait
un accs local au sein d'un rseau continental (dans le cas de la
France, le rseau europen) et d'un rseau global ( l'chelle de la
plante).

Bas  Belgrade, en Serbie, le Projet Rastko s'est port volontaire
pour un pari aussi fou, catalysant du mme coup les bonnes volonts
europennes  l'est comme  l'ouest. Fond en 1997, le Projet Rastko
est une initiative non gouvernementale  vocation culturelle et
pdagogique. L'un de ses objectifs est la mise en ligne de la culture
serbe. Il fait partie de la Balkans Cultural Network Initiative, un
rseau culturel rgional couvrant la pninsule des Balkans, situe au
sud-est de l'Europe.

La rgle utilise pour dfinir le domaine public est l'quation "dcs
de l'auteur + 50 ans", qui correspond  la lgislation en vigueur en
Serbie. Le Projet Gutenberg Europe utilise l'Unicode pour pouvoir
traiter des livres dans un grand nombre de langues. Cr en 1991 et
largement rpandu  partir de 1998, l'Unicode est un systme d'encodage
qui attribue un code unique  chaque caractre pour tre en mesure de
traiter toutes les langues, contrairement  l'ASCII qui ne peut traiter
que l'anglais et quelques langues europennes. Le Projet Gutenberg
atteint 100 livres en mai 2005 et 500 livres en octobre 2008.



2004: GOOGLE BOOKS


[Rsum]

En octobre 2004, Google lance la premire partie de son programme
Google Print, tabli en partenariat avec les diteurs pour consulter 
l'cran des extraits de livres, puis commander les livres auprs d'une
librairie en ligne. En dcembre 2004, Google lance la deuxime partie
de son programme Google Print, cette fois  destination des
bibliothques, le but tant de numriser 15 millions de livres, 
commencer par ceux des bibliothques de plusieurs universits
partenaires (Harvard, Stanford, Michigan, Oxford) et de la ville de New
York. La version bta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En
aot 2005, le programme est suspendu pour cause de conflit avec les
associations d'auteurs et d'diteurs de livres sous droits. Il reprend
en aot 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres). La
numrisation des fonds de grandes bibliothques se poursuit, tout comme
le dveloppement de partenariats avec des diteurs. En octobre 2008,
Google clt le conflit avec les associations d'auteurs et d'diteurs en
signant un accord avec eux.


[En dtail]

En 2004, le moteur de recherche Google met son expertise au service du
livre. En octobre 2004, Google lance la premire partie de son
programme Google Print, tabli en partenariat avec les diteurs pour
consulter  l'cran des extraits de livres, puis commander les livres
auprs d'une librairie en ligne. En dcembre 2004, Google lance la
deuxime partie de son programme Google Print, cette fois-ci 
destination des bibliothques. Il s'agit d'un projet de bibliothque
numrique de 15 millions de livres, qui consisterait  numriser en
quelques annes les livres de plusieurs grandes bibliothques
partenaires. Les premires bibliothques participantes sont celles des
universits du Michigan (dans sa totalit: 7 millions d'ouvrages), de
Harvard, de Stanford et d'Oxford, et la New York Public Library. Le
cot estim se situe entre 150 et 200 millions de dollars US (environ
10 dollars par livre) et la dure prvue est de dix ans. La version
bta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En aot 2005, ce
programme est suspendu pour un temps indtermin pour cause de conflit
avec les associations d'auteurs et d'diteurs de livres sous droits. Le
programme reprend en aot 2006 sous le nouveau nom de Google Books
(Google Livres).

Google Book Search, le moteur de recherche de Google Books, permet
chercher les livres par date, titre ou diteur. La numrisation des
fonds de grandes bibliothques se poursuit, en tant cette fois axe
sur les livres libres de droit, et sur le dveloppement de partenariats
avec les diteurs qui le souhaitent. Les livres libres de droit sont
consultables  l'cran et leur texte copiable, avec possibilit
d'impression page  page. Ils sont tlchargeables sous forme de
fichiers PDF et imprimables dans leur entier.

A l'exception de la New York Public Library, les bibliothques
participantes sont des bibliothques universitaires (Harvard, Stanford,
Michigan, Oxford, California, Virginia, Wisconsin-Madison, Complutense
de Madrid). S'y ajoutent dbut 2007 les bibliothques des Universits
de Princeton et du Texas (Austin), ainsi que la Biblioteca de Catalunya
(Catalogne, Espagne) et la Bayerische Staatbibliothek (Bavire,
Allemagne). En mai 2007, Google annonce la participation de la premire
bibliothque francophone, la Bibliothque cantonale et universitaire
(BCU) de Lausanne (Suisse), rejointe ensuite par la Bibliothque
municipale de Lyon (France). Google scannerait 3.000 livres par jour,
ce qui reprsenterait un million de livres par an.

Pour les livres sous droits, Google fournit la fiche du livre et des
extraits incluant les mots-cls recherchs, en invoquant le droit de
citation. De ce fait, le conflit avec les diteurs et les auteurs se
poursuit lui aussi, puisque Google continue de numriser des livres
sous droits sans l'autorisation pralable des diteurs, en invoquant l
aussi le droit de citation qu'il procure en aval. L'Authors Guild et
l'Association of American Publishers (AAP) invoquent pour leur part le
non respect de la lgislation relative au copyright pour attaquer
Google en justice et ritrer leurs plaintes pendant deux ans. Ce
conflit prend fin en octobre 2008 avec la signature d'un accord prvue
en 2009 entre Google et les parties plaignantes.



2005: OPEN CONTENT ALLIANCE


[Rsum]

Lanc en octobre 2005  l'instigation de l'Internet Archive, l'Open
Content Alliance (OCA) est un projet public et coopratif de
bibliothque numrique mondiale. Le but est de crer un vaste
rpertoire libre et multilingue de livres numriss et de documents
multimdia pour consultation et tlchargement sur n'importe quel
moteur de recherche. L'OCA regroupe de nombreux  partenaires:
bibliothques, universits, organisations gouvernementales,
associations  but non lucratif, organismes culturels, socits
informatiques (Adobe, Hewlett Packard, Microsoft, Yahoo!, Xerox, etc.).
Les premiers participants sont les bibliothques des universits de
Californie et de Toronto, l'European Archive, les Archives nationales
du Royaume-Uni, O'Reilly Media et Prelinger Archives. L'OCA souhaite
s'inspirer de l'initiative de Google tout en vitant ses travers, 
savoir la numrisation des livres sous droits sans l'accord pralable
des diteurs, tout comme la consultation et le tlchargement
impossibles sur un autre moteur de recherche.


[En dtail]

Lanc en octobre 2005  l'instigation de l'Internet Archive, l'Open
Content Alliance (OCA) est un projet public et coopratif de
bibliothque numrique mondiale. Le but est de crer un vaste
rpertoire libre et multilingue de livres numriss et de documents
multimdia pour consultation et tlchargement sur n'importe quel
moteur de recherche. L'OCA regroupe de nombreux  partenaires:
bibliothques, universits, organisations gouvernementales,
associations  but non lucratif, organismes culturels, socits
informatiques (Adobe, Hewlett Packard, Microsoft, Yahoo!, Xerox, etc.).
Les premiers participants sont les bibliothques des universits de
Californie et de Toronto, l'European Archive, les Archives nationales
du Royaume-Uni, O'Reilly Media et Prelinger Archives. L'OCA souhaite
s'inspirer de l'initiative de Google tout en vitant ses travers, 
savoir la numrisation des livres sous droits sans l'accord pralable
des diteurs, tout comme la consultation et le tlchargement
impossibles sur un autre moteur de recherche.

L'Open Content Alliance (OCA) franchit la barre des 100.000 livres
numriss en dcembre 2006, avec un rythme de 12.000 nouveaux livres
par mois. Ces livres sont disponibles dans la collection Text Archive
de l'Internet Archive. A la mme date, l'Internet Archive reoit une
subvention d'un million de dollars de la Sloan Foundation pour
numriser cinq collections historiques appartenant  des tablissements
rputs (Metropolitan Museum of Art, Boston Public Library, Getty
Research Institute, John Hopkins University, Universit de Californie 
Berkeley). La barre des 200.000 livres numriss est franchie en mai
2007. La barre du million de livres numriss est franchie en dcembre
2008.



2006: WORLDCAT GRATUIT


[Rsum]

WorldCat, grand catalogue collectif mondial, voit le jour ds 1971. A
cette date, l'association OCLC (Online Computer Library Center) lance
un catalogue collectif permettant un catalogage partag entre les
bibliothques universitaires de l'Ohio, un Etat des Etats-Unis. En
2006, 73 millions de notices provenant de 10.000 bibliothques dans 112
pays permettent de localiser un milliard de documents. Une notice type
contient non seulement la description du document mais aussi des
informations sur son contenu: table des matires, rsum, couverture,
illustrations et courte biographie de l'auteur. Toujours en 2006,
WorldCat migre progressivement sur le web, tout d'abord en rendant la
consultation des notices possible par le biais de plusieurs moteurs de
recherche (Yahoo!, Google et d'autres), puis avec le lancement en aot
2006 de la version web (bta) de WorldCat en accs libre. Les
bibliothques membres y proposent non seulement leur catalogue mais
aussi un accs direct (gratuit ou payant)  leurs documents
lectroniques: livres du domaine public, articles, photos, vidos,
musique et livres audio.


[En dtail]

L'anctre de WorldCat est cr ds 1971 par l'association OCLC (Online
Computer Library Center) pour permettre un catalogage partag entre les
bibliothques universitaires de l'Ohio, un Etat des Etats-Unis. Renomm
OCLC Online Union Catalog puis WorldCat, il devient au fil des ans l'un
des deux grands catalogues collectifs mondiaux, l'autre tant le RLG
Union Catalog (RLG: Research Library Group). En 1998, WorldCat est
disponible sur abonnement payant et comprend 38 millions de notices en
370 langues, auxquelles s'ajoutent 2 millions de nouvelles notices par
an. WorldCat utilise huit formats bibliographiques (livres,
priodiques, documents visuels, cartes et plans, documents mixtes,
enregistrements sonores, partitions, documents informatiques). En 2005,
61 millions de notices bibliographiques produites par 9.000
bibliothques et centres de documentation sont disponibles dans 400
langues, avec translittration des notices pour les caractres non
romains des langues JACKPHY (japonais, arabe, chinois, coren (Korean),
persan, hbreu et yiddish).

En 2006, 73 millions de notices provenant de 10.000 bibliothques dans
112 pays permettent de localiser un milliard de documents. Une notice
type contient non seulement la description du document mais aussi des
informations sur son contenu: table des matires, rsum, couverture,
illustrations et courte biographie de l'auteur. A la mme date,
WorldCat migre progressivement sur le web, tout d'abord en rendant la
consultation des notices possible par le biais de plusieurs moteurs de
recherche (Yahoo!, Google et d'autres), puis avec le lancement en aot
2006 de la version web (bta) de WorldCat en accs libre. Les
bibliothques membres y proposent non seulement leur catalogue mais
aussi un accs direct (gratuit ou payant)  leurs documents
lectroniques: livres du domaine public, articles, photos, vidos,
musique et livres audio.

Deux ans auparavant, le catalogue RedLightGreen fait figure de pionnier
en tant que premier catalogue collectif mondial librement disponible
sur le web. Lanc au printemps 2004 par le RLG (Research Libraries
Group) suite  une phase pilote dbute en automne 2003, RedLightGreen
est issu du RLG Union Catalog, lanc ds 1980, et qui est le deuxime
grand catalogue collectif mondial aprs WorldCat. La mise en ligne de
RedLightGreen inaugure une re nouvelle. C'est en effet la premire
fois qu'un catalogue de cette importance est mis en accs libre sur le
web. RedLightGreen est particulirement destin aux tudiants du
premier cycle universitaire, prparant  la licence. Il comprend 130
millions de notices (livres, cartes, manuscrits, films, bandes sonores,
etc.), avec des liens vers des informations spcifiques aux
bibliothques d'un campus donn (cote, version en ligne si celle-ci
existe, etc.). RedLightGreen cesse aprs trois ans d'activit, en
novembre 2006, et les usagers sont invits  utiliser WorldCat, dont la
version web (bta) est en accs libre depuis aot 2006. A la mme date,
le RLG est intgr  OCLC.



2007: CITIZENDIUM


[Rsum]

Citizendium (qui se veut l'abrg de "The Citizens' Compendium") est
une grande encyclopdie collaborative en ligne conue en novembre 2006
et lance en mars 2007 (en version bta) par Larry Sanger, co-fondateur
de Wikipedia en janvier 2001, mais qui quitte ensuite l'quipe de
Wikipedia suite  des problmes de qualit de contenu. Citizendium est
bas sur le mme modle que Wikipedia (collaborative et gratuite) tout
en vitant ses travers (vandalisme et manque de rigueur). Les auteurs
signent les articles de leur vrai nom et les articles sont dits par
des experts ("editors") titulaires d'une licence universitaire et gs
d'au moins 25 ans. De plus, des "constables" sont chargs de la bonne
marche du projet et du respect du rglement. Le jour de son lancement
officiel le 25 mars 2007, Citizendium comprend 1.100 articles, 820
auteurs et 180 diteurs. 9.800 articles sont disponibles en dcembre
2008.



2007: ENCYCLOPEDIA OF LIFE


[Rsum]

Projet dbut en mai 2007, l'Encyclopedia of Life sera une vaste
encyclopdie collaborative en ligne rassemblant les connaissances
existantes sur toutes les espces animales et vgtales connues (1,8
million), y compris les espces en voie d'extinction, avec l'ajout de
nouvelles espces au fur et  mesure de leur identification (il en
existerait de 8  10 millions). Il s'agira d'une encyclopdie
multimdia permettant de ressembler textes, photos, cartes, bandes
sonores et vidos, avec une page web par espce, et permettant aussi
d'offrir un portail unique  des millions de documents pars en ligne
et hors ligne. Outil d'apprentissage et d'enseignement pour une
meilleure connaissance de notre plante, elle sera  destination de
tous: scientifiques, enseignants, tudiants, scolaires, mdias,
dcideurs et grand public. Ce projet collaboratif est men par
plusieurs grandes institutions (Field Museum of Natural History,
Harvard University, Marine Biological Laboratory, Missouri Botanical
Garden, Smithsonian Institution, Biodiversity Heritage Library).


[En dtail]

Projet dbut en mai 2007, l'Encyclopedia of Life sera une vaste
encyclopdie collaborative en ligne rassemblant les connaissances
existantes sur toutes les espces animales et vgtales connues (1,8
million), y compris les espces en voie d'extinction, avec l'ajout de
nouvelles espces au fur et  mesure de leur identification (il en
existerait de 8  10 millions). Il s'agira d'une encyclopdie
multimdia permettant de ressembler textes, photos, cartes, bandes
sonores et vidos, avec une page web par espce, et permettant aussi
d'offrir un portail unique  des millions de documents pars en ligne
et hors ligne. Outil d'apprentissage et d'enseignement pour une
meilleure connaissance de notre plante, elle sera  destination de
tous: scientifiques, enseignants, tudiants, scolaires, mdias,
dcideurs et grand public. Ce projet collaboratif est men par
plusieurs grandes institutions (Field Museum of Natural History,
Harvard University, Marine Biological Laboratory, Missouri Botanical
Garden, Smithsonian Institution, Biodiversity Heritage Library).

A la date de son lancement, ce projet est estim  100 millions de
dollars US, sur une dure de dix ans, avant de pouvoir s'autofinancer.
Le financement initial est assur par la MacArthur Foundation (10
millions de dollars) et la Sloan Foundation (2,5 millions de dollars).
La ralisation des pages web dbute courant 2007. L'encyclopdie
devrait faire ses dbuts  la mi-2008, tre oprationnelle dans trois 
cinq ans et tre complte (c'est--dire  jour) dans dix ans. En tant
que consortium des dix plus grandes bibliothques des sciences de la
vie (d'autres suivront), la Biodiversity Heritage Library a d'ores et
dj dbut la numrisation des 2 millions de publications des
bibliothques partenaires. En mai 2007, on compte 1,25 million de pages
traites dans les centres de numrisation de Londres, Boston et
Washington DC, et disponibles sur le site de l'Internet Archive.



Copyright  2008 Marie Lebert








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Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
Gutenberg-tm License (available with this file or online at
http://www.gutenberg.org/license).


Section 1.  General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
electronic works

1.A.  By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
and accept all the terms of this license and intellectual property
(trademark/copyright) agreement.  If you do not agree to abide by all
the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.

1.B.  "Project Gutenberg" is a registered trademark.  It may only be
used on or associated in any way with an electronic work by people who
agree to be bound by the terms of this agreement.  There are a few
things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
even without complying with the full terms of this agreement.  See
paragraph 1.C below.  There are a lot of things you can do with Project
Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
works.  See paragraph 1.E below.

1.C.  The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
Gutenberg-tm electronic works.  Nearly all the individual works in the
collection are in the public domain in the United States.  If an
individual work is in the public domain in the United States and you are
located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
are removed.  Of course, we hope that you will support the Project
Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
the work.  You can easily comply with the terms of this agreement by
keeping this work in the same format with its attached full Project
Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.
This particular work is one of the few copyrighted individual works
included with the permission of the copyright holder.  Information on
the copyright owner for this particular work and the terms of use
imposed by the copyright holder on this work are set forth at the
beginning of this work.

1.D.  The copyright laws of the place where you are located also govern
what you can do with this work.  Copyright laws in most countries are in
a constant state of change.  If you are outside the United States, check
the laws of your country in addition to the terms of this agreement
before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
creating derivative works based on this work or any other Project
Gutenberg-tm work.  The Foundation makes no representations concerning
the copyright status of any work in any country outside the United
States.

1.E.  Unless you have removed all references to Project Gutenberg:

1.E.1.  The following sentence, with active links to, or other immediate
access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
copied or distributed:

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
with this eBook or online at www.gutenberg.org

1.E.2.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
and distributed to anyone in the United States without paying any fees
or charges.  If you are redistributing or providing access to a work
with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
1.E.9.

1.E.3.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
with the permission of the copyright holder, your use and distribution
must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
terms imposed by the copyright holder.  Additional terms will be linked
to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
permission of the copyright holder found at the beginning of this work.

1.E.4.  Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
License terms from this work, or any files containing a part of this
work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.

1.E.5.  Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
electronic work, or any part of this electronic work, without
prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
active links or immediate access to the full terms of the Project
Gutenberg-tm License.

1.E.6.  You may convert to and distribute this work in any binary,
compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
word processing or hypertext form.  However, if you provide access to or
distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
form.  Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
License as specified in paragraph 1.E.1.

1.E.7.  Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.

1.E.8.  You may charge a reasonable fee for copies of or providing
access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
that

- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
     the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
     you already use to calculate your applicable taxes.  The fee is
     owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
     has agreed to donate royalties under this paragraph to the
     Project Gutenberg Literary Archive Foundation.  Royalty payments
     must be paid within 60 days following each date on which you
     prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
     returns.  Royalty payments should be clearly marked as such and
     sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
     address specified in Section 4, "Information about donations to
     the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."

- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
     you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
     does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
     License.  You must require such a user to return or
     destroy all copies of the works possessed in a physical medium
     and discontinue all use of and all access to other copies of
     Project Gutenberg-tm works.

- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
     money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
     electronic work is discovered and reported to you within 90 days
     of receipt of the work.

- You comply with all other terms of this agreement for free
     distribution of Project Gutenberg-tm works.

1.E.9.  If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
your equipment.

1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH F3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

1.F.3.  LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from.  If you
received the work on a physical medium, you must return the medium with
your written explanation.  The person or entity that provided you with
the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
refund.  If you received the work electronically, the person or entity
providing it to you may choose to give you a second opportunity to
receive the work electronically in lieu of a refund.  If the second copy
is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS,' WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org

Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.

Each eBook is in a subdirectory of the same number as the eBook's
eBook number, often in several formats including plain vanilla ASCII,
compressed (zipped), HTML and others.

Corrected EDITIONS of our eBooks replace the old file and take over
the old filename and etext number.  The replaced older file is renamed.
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This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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