The Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; le d'Elbe, by Various

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Title: Le Tour du Monde; le d'Elbe
       Journal des voyages et des voyageurs; 2em sem. 1905

Author: Various

Editor: douard Charton

Release Date: July 29, 2009 [EBook #29537]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; LE D'ELBE ***




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                    LE TOUR DU MONDE




                         PARIS
                IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
                  20, rue du Dragon, 20




                NOUVELLE SRIE--11e ANNE
                       2e SEMESTRE




                    LE TOUR DU MONDE

                         JOURNAL
              DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS




                     Le Tour du Monde
             a t fond par douard Charton
                        en 1860




                         PARIS
              LIBRAIRIE DE HACHETTE ET Cie
             79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
         LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
                          1905

Droits de traduction et de reproduction rservs.




TABLE DES MATIRES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_

  I. De Paris  Srinagar. -- Un guide pratique. -- De Bombay 
     Lahore. -- Premiers prparatifs. -- En _tonga_ de
     Rawal-Pindi  Srinagar. -- Les Kachmiris et les matres du
     Kachmir. -- Retour  la vie nomade.                             1

  II. La Valle heureuse en _dounga_. -- Bateliers et
     batelires. -- De Baramoula  Srinagar. -- La capitale du
     Kachmir. -- Un peu d'conomie politique. -- En amont de
     Srinagar.                                                      13

  III. Sous la tente. -- Les petites valles du Sud-Est. --
     Histoires de voleurs et contes de fes. -- Les ruines de
     Martand. -- De Brahmanes en Moullas.                           25

     IV. Le plerinage d'Amarnath. -- La valle du Lidar. -- Les
     plerins de l'Inde. -- Vers les cimes. -- La grotte sacre.
     -- En _dholi_. -- Les Goudjars, pasteurs de buffles.           37

  V. Le plerinage de l'Haramouk. -- Alpinisme funbre et
     hydrothrapie religieuse. -- Les temples de Vangth. --
     Frissons d'automne. -- Les adieux  Srinagar.                  49


SOUVENIRS DE LA CTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.

  I. Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motso.
     -- La route dans un ruisseau. -- Dengura. -- Kodioso. --
     Villes et villages abandonns. -- O est donc Betti? --
     Arrive  Dioubasso.                                           61

  II. Dans le territoire de Mop. -- Coutumes du pays. -- La
     mort d'un prince hritier. -- L'preuve du poison. -- De
     Mop  Betti. -- Bnie, roi de Betti, et sa capitale. --
     Retour  Petit-Alp.                                          73

  III. Rapports et rsultats de la mission. -- Valeur
     conomique de la cte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. --
     Supriorit de la faune.                                       85

  IV. La fivre jaune  Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. --
     Retour en France.                                              90


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_

  I. L'le d'Elbe et le canal de Piombino. -- Deux mots
     d'histoire. -- Dbarquement  Porto-Ferraio. -- Une ville
     d'opra. -- La teste di Napoleone et le Palais imprial.
     -- La bannire de l'ancien roi de l'le d'Elbe. -- Offre 
     Napolon III, aprs Sedan. -- La bibliothque de l'Empereur.
     -- Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du pote. -- Un
     enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules
     blanches. Dans la paix des limbes. -- Les diffrentes routes
     de l'le.                                                      97

  II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir
     temptueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte
     Giove. -- Un village dans les nues. -- L'Ermitage de la
     Madone et la Sedia di Napoleone. -- Le vieux gardien de
     l'infini. Bastia, Signor!. Vision sublime. -- La cte
     orientale de l'le. Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge
     de Monserrat. -- Rio 1 Marina et le monde du fer.             109

  III. Napolon, roi de l'le d'Elbe. -- Installation aux
     Mulini. -- L'Empereur  la gorge de Monserrat. -- San
     Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond
     aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et
     le miroir de la Vrit. -- L'Empereur transporte ses pnates
     sur le Monte Giove. -- Elbe perdue pour la France. --
     L'ancien Muse de San Martino. Essai de reconstitution par
     le propritaire actuel. Le lit de Madame Mre. -- O il faut
     chercher  Elbe les vraies reliques impriales. Apollon
     gardant ses troupeaux. ventail et bijoux de la princesse
     Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de
     la signorina Squarci. -- L'glise de l'archiconfrrie du
     Trs-Saint-Sacrement. La Pieta de l'Empereur. Les
     broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle de
     Porto-Ferraio.                                                121


D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes._

  I. -- Alexandrette et la monte de Belan. -- Antioche et
     l'Oronte; excursions  Daphn et  Soueidieh. -- La route
     d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperu
     d'Alep.                                                       133

  II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. --
     Premire rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. --
     Souvenirs des Htens. -- Excursion  Resapha. -- Comment
     atteindre Ras-el-An? Comment le quitter? -- Enfin  Orfa!    145

  III. -- Sjour  Orfa. -- Samosate. -- Valle accidente de
     l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Antab. -- Court repos  Alep.
     -- Saint-Symon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! --
     Conclusion pessimiste.                                        157


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_

      qui les Nouvelles-Hbrides: France, Angleterre ou
     Australie? Le condominium anglo-franais de 1887. --
     L'oeuvre de M. Higginson. -- Situation actuelle des les. --
     L'influence anglo-australienne. -- Les ressources des
     Nouvelles-Hbrides. -- Leur avenir.                           169


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_

  I. -- Moscou. -- Une dception. -- Le Kreml, acropole
     sacre. -- Les glises, les palais: deux poques.             182

  II. -- Moscou, la ville et les faubourgs. -- La bourgeoisie
     moscovite. -- Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le
     Kreml et la ville.                                            193

  III. -- La foire de Nijni: marchandises et marchands. --
     L'oeuvre du commerce. -- Sur la Volga. --  bord du
     _Sviatoslav_. -- Une visite  Kazan. -- La sainte mre
     Volga.                                                       205

  IV. -- De Samara  Tomsk. -- La vie du train. -- Les
     passagers et l'quipage: les soires. -- Dans le steppe:
     l'effort des hommes. -- Les migrants.                        217

  V. -- Tomsk. -- La mle des races. -- Anciens et nouveaux
     fonctionnaires. -- L'Universit de Tomsk. -- Le rle de
     l'tat dans l'oeuvre de colonisation.                         229

  VI. -- Heures de retour. -- Dans l'Oural. -- La
     Grande-Russie. -- Conclusion.                                 241


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_

     La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. -- Un peu
     d'histoire et de gographie. -- La cathdrale de
     Saint-Laurent. -- L'glise Sainte-Marie-des-Anges. --
     Lugano, la ville des fresques. -- L'oeuvre du Luini. --
     Procds employs pour le transfert des fresques.             253


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_

  I. -- Woo-Sung. -- Au dbarcadre. -- La Concession
     franaise. -- La Cit chinoise. -- Retour  notre
     concession. -- La police municipale et la prison. -- La
     cangue et le bambou. -- Les excutions. -- Le corps de
     volontaires. -- meutes. -- Les conseils municipaux.          265

  II. -- L'tablissement des jsuites de Zi-ka-oue. --
     Pharmacie chinoise. -- Le camp de Kou-ka-za. -- La fumerie
     d'opium. -- Le charnier des enfants trouvs. -- Le
     fournisseur des ombres. -- La concession internationale. --
     Jardin chinois. -- Le Bund. -- La pagode de Long-hoa. --
     Fou-tchou-road. -- Statistique.                              277


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_

     Le problme de la civilisation des ngres. -- L'Institut
     Hampton, en Virginie. -- La vie de Booker T. Washington. --
     L'cole professionnelle de Tuskegee, en Alabama. --
     Conciliateurs et agitateurs. -- Le vote des ngres et la
     casuistique de la Constitution.                               289


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan_.

  I. -- Arrive  Astrabad. -- Ancienne importance de la
     ville. -- Le pays des Turkomans:  travers le steppe et les
     Collines Noires. -- Le Khorassan. -- Mechhed: sa mosque;
     son commerce. -- Le dsert de Lout. -- Sur la route de
     Kirman.                                                       301

  II. -- La province de Kirman. -- Gographie: la flore, la
     faune; l'administration, l'arme. -- Histoire: invasions et
     dvastations. -- La ville de Kirman, capitale de la
     province. -- Une saison sur le plateau de Sardou.             313

  III. -- En Baloutchistan. -- Le Makran: la cte du golfe
     Arabique. -- Histoire et gographie du Makran. -- Le Sarhad.  325

  IV. -- Dlimitation  la frontire perso-baloutche. -- De
     Kirman  la ville-frontire de Kouak. -- La Commission de
     dlimitation. -- Question de prsance. -- L'oeuvre de la
     Commission. -- De Kouak  Klat.                              337

  V. -- Le Seistan: son histoire. -- Le delta du Helmand. --
     Comparaison du Seistan et de l'gypte. -- Excursions dans le
     Helmand. -- Retour par Yezd  Kirman.                         349


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES_

     De Sagon  Pnm-penh et  Compong-Chuang. --  la rame sur
     le Grand-Lac. -- Les charrettes cambodgiennes. -- Siem-Rap.
     -- Le temple d'Angkor. -- Angkor-Tom -- Dcadence de la
     civilisation khmer. -- Rencontre du second roi du Cambodge.
     -- Oudong-la-Superbe, capitale du pre de Norodom. -- Le
     palais de Norodom  Pnm-penh. -- Pourquoi la France ne
     devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor.        361


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_

  I. -- De Budapest  Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La
     valle du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le march
     de Targu Jiul. -- Le monastre de Tismana.                    373

  II. -- Le monastre d'Horezu. -- Excursion  Bistritza. --
     Romnicu et le dfil de la Tour-Rouge. -- De Curtea de Arges
      Campolung. -- Dfil de Dimboviciora.                       385

  III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de
     Slanic. -- Les sources de ptrole de Doftana. -- Sinaa,
     promenade dans la fort. -- Busteni et le domaine de la
     Couronne.                                                     397


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._

  I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages.
     -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'clusier. -- Le march.
     -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons
     aubergistes. -- Une soire locale. -- Les sabots des petits
     enfants. -- La kermesse. -- La pit du Hollandais.           410

  II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un
     djeuner dcevant. -- Le pre Kick.                           421

  III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. --
     La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la
     Hollande. -- Une nuit  Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq
     jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur
     l'eau.                                                        423

  IV. -- Le pcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. --
     Les marmots. -- Les canards. -- La pche au hareng. -- Le
     fils du pcheur. -- Une le singulire: Marken. -- Au milieu
     des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes
     filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbires. --
     Produit national. -- Les tourbires hautes et basses. --
     Houille locale.                                               433


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_

     Lgende d'Osiris. -- Histoire d'Abydos  travers les
     dynasties,  l'poque chrtienne. -- Ses monuments et leur
     spoliation. -- Ses habitants actuels et leurs moeurs.         445


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_

  I. -- De Tachkent  Prjevalsk. -- La ville de Tachkent. --
     En tarentass. -- Tchimkent. -- Aouli-Ata. -- Tokmak. -- Les
     gorges de Bouam. -- Le lac Issik-Koul. -- Prjevalsk. -- Un
     chef kirghize.                                                457

  II. -- La valle de Tomghent. -- Un aoul kirghize. -- La
     traverse du col de Tomghent. -- Chevaux alpinistes. -- Une
     valle dserte. -- Le Kizil-tao. -- Le Saridjass. --
     Troupeaux de chevaux. -- La valle de Kachkateur. -- En vue
     du Khan-Tengri.                                               469

  III. -- Sur le col de Tuz. -- Rencontre d'antilopes. -- La
     valle d'Inghiltchik. -- Le tchiou mouz. -- Un chef
     kirghize. -- Les gorges d'Attialo. -- L'aoul d'Oustchiar.
     -- Arrts par les rochers.                                   481

  IV. -- Vers l'aiguille d'Oustchiar. -- L'aoul de Kande. --
     En vue du Khan-Tengri. -- Le glacier de Kande. -- Bloqus
     par la neige. -- Nous songeons au retour. -- Dans la valle
     de l'Irtach. -- Chez le kaltch. -- Cuisine de Kirghize. --
     Fin des travaux topographiques. -- Un enterrement kirghize.   493

  V. -- L'heure du retour. -- La valle d'Irtach. -- Nous
     retrouvons la douane. -- Arrive  Prjevalsk. -- La
     dispersion.                                                   505

  VI. -- Les Khirghizes -- L'origine de la race. -- Kazaks et
     Khirghizes. -- Le classement des Bourouts. -- Le costume
     khirghize. -- La yourte. -- Moeurs et coutumes khirghizes.
     -- Mariages khirghizes. -- Conclusion.                        507


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_

     Premire escale: Trangisvaag. -- Thorshavn, capitale de
     l'Archipel; le port, la ville. -- Un peu d'histoire. -- La
     vie vgtative des Feroens. -- La pche aux dauphins. -- La
     pche aux baleines. -- Excursions diverses  travers
     l'Archipel.                                                   517


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_

     Accs difficile de Pondichry par mer. -- Ville blanche et
     ville indienne. -- Le palais du Gouvernement. -- Les htels
     de nos colonies. -- Enclaves anglaises. -- La population;
     les enfants. -- Architecture et religion. -- Commerce. --
     L'avenir de Pondichry. -- Le march. -- Les coles. -- La
     fivre de la politique.                                       529


UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_

  I. -- Gographie et histoire de l'Ikongo. -- Les Tanala. --
     Organisation sociale. Tribu, clan, famille. -- Les lois.      541

  II. -- Religion et superstitions. -- Culte des morts. --
     Devins et sorciers. -- Le Sikidy. -- La science. --
     Astrologie. -- L'criture. -- L'art. -- Le vtement et la
     parure. -- L'habitation. -- La danse. -- La musique. -- La
     posie.                                                       553


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_

     Le chemin de fer Sfax-Gafsa. -- Maharess. -- Lella Mazouna.
     -- La fort de gommiers. -- La source des Trois Palmiers. --
     Le Bou Hedma. -- Un groupe mgalithique. -- Renseignements
     indignes. -- L'oued Hadedj et ses sources chaudes. -- La
     plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. -- Bir
     Saad. -- Manoubia. -- Khrangat Touninn. -- Sakket. -- Sened.
     -- Ogla Zagoufta. -- La plaine et le village de Mech. --
     Sidi Abd el-Aziz.                                             565


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_

  I. -- L'aspect de la Castille. -- Les troupeaux en
     _transhumance_. -- La Mesta. -- Le Tage et ses potes. -- La
     Cuesta del Carmel. -- Le Cristo de la Luz. -- La machine
     hydraulique de Jualino Turriano. -- Le Zocodover. -- Vieux
     palais et anciennes synagogues. -- Les Juifs de Tolde. --
     Un souvenir de l'inondation du Tage.                          577

  II. -- Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. --
     Les pupilles de l'vque Siliceo. -- Santo Tom et l'oeuvre
     du Greco. -- La mosque de Tolde et la reine Constance. --
     Juan Guaz, premier architecte de la Cathdrale. -- Ses
     transformations et adjonctions. -- Souvenirs de las Navas.
     -- Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique
     est son excutrice testamentaire. -- Ximns. -- Le rite
     mozarabe. -- Alvaro de Luda. -- Le porte-bannire d'Isabelle
      la bataille de Toro.                                        589

  III. -- Entre d'Isabelle et de Ferdinand, d'aprs les
     chroniques. -- San Juan de los Reyes. -- L'hpital de Santa
     Cruz. -- Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. -- Les
     portraits fameux de l'Universit. -- L'ange et la peste. --
     Sainte-Locadie. -- El Cristo de la Vega. -- Le soleil
     couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes.           601

  IV. -- Les cigarrales. -- Le pont San Martino et son
     architecte. -- Dvouement conjugal. -- L'inscription de
     l'Htel de Ville. -- Cordoue, l'Athnes de l'Occident. -- Sa
     mosque. -- Ses fils les plus illustres. -- Gonzalve de
     Cordoue. -- Les comptes du _Gran Capitan_. -- Juan de Mena.
     -- Doa Maria de Pardes. -- L'industrie des cuirs repousss
     et dors.                                                     613




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--9e LIV.          N 9.--4 Mars 1905.

[Illustration: L'le d'Elbe se dcoupe sur l'horizon, abrupte,
montagneuse et violtre.]




L'LE D'ELBE[1]

          [Note 1: Les pages dont nous donnons ici la primeur aux
          lecteurs du _Tour du Monde_ sont empruntes au livre encore
          indit: NAPOLON, ROI DE L'LE D'ELBE, que doit
          prochainement publier la librairie Hachette, et qui sera
          l'histoire complte et singulirement vivante, reconstitue
          sur place par l'auteur, de cette priode si peu connue de la
          vie impriale.]

Par M. PAUL GRUYER.

_Illustrations d'aprs les photographies de l'auteur._

     I. -- L'le d'Elbe et le canal de Piombino. -- Deux mots
     d'histoire. -- Dbarquement  Porto-Ferraio. -- Une ville
     d'opra. -- La Teste di Napoleone et le Palais imprial. -- La
     bannire de l'ancien roi de l'le d'Elbe. -- Offre  Napolon III
     aprs Sedan. -- La bibliothque de l'Empereur. -- Souvenir de
     Victor Hugo. Le premier mot du pote. -- Un enterrement aux
     flambeaux. Cagoules noires et cagoules blanches. Dans la paix des
     Limbes. -- Les diffrentes routes de l'le.


[Illustration: Une jeune fille elboise, au regard nergique,  la peau
d'une blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs.]

L'_Isola d'Elba_, en franais l'le d'Elbe, est situe dans la mer
Mditerrane, entre la Corse et l'Italie, et fait partie avec les
autres les de Pianosa, Gorgona et Monte-Christo, de l'archipel
tyrrhnien. Elle est aujourd'hui, en express,  un jour et demi de
Paris, par Modane, Turin, Gnes et Pise, et seulement  une
demi-journe de Rome.

Du chemin de fer de Pise  Rome se dtache,  mi-route, parmi les
vastes plaines marcageuses des Maremmes, un petit embranchement qui
va de Campiglia, point de bifurcation,  Piombino, port
d'embarquement.

Piombino est le type de la vieille petite place-forte italienne, aux
rues troites et entasses, aux arches et aux tours de pierre brles
par le soleil; elle n'offre pas grande ressource, et l'on fera bien de
ne pas lui demander l'hospitalit de la nuit. Du ct de la mer, ses
maisons et ses remparts tombent  pic dans les flots; en face, Elbe se
dcoupe sur l'horizon, violtre, montagneuse, abrupte, et coiffe
presque toujours d'un chapeau de nues. Deux fois par jour, un bon
vapeur fait le service postal et celui des passagers, en une heure et
quart; l'on est oblig malheureusement de le gagner en barque, car le
peu de fond de la mer, seme de rcifs et d'cueils, empche qu'il ne
s'approche de terre, et, lorsqu'il y a houle ou gros temps, on danse
ferme dans le canal ou dtroit de Piombino. Il arrive mme parfois
que le navire ne peut tenir sur ses ancres, ni la barque quitter le
rivage pour aller le rejoindre avec son entassement de passagers et de
colis. Il faut alors aller embarquer plus loin, au petit port de
Porto-Vecchio. Un autre service part de Livourne, mais la traverse
est quatre ou cinq fois plus longue.

Le voyage est, en somme, peu compliqu. Personne ne va  l'le d'Elbe
cependant. D'Italie mme on y vient peu; quoique ce sol, beau et sain,
soit assez proche de Rome, il ne s'y trouve que quelques grandes
proprits rurales; quant aux touristes trangers, en Italie encore
plus qu'ailleurs, c'est le troupeau de Panurge qui suit les
itinraires tout tracs. Et puis n'est-ce pas le sort commun de toutes
les les d'tre plus ou moins dlaisses? Il faut y aller exprs, et,
quand on y est, un vague malaise pousse  en sortir, comme si l'on
craignait d'y rester toujours prisonnier.

Peuple jadis par les trusques, bien avant que Rome existt, Elbe a
vu passer sur son territoire Phocens venus de Grce, Carthaginois et
Romains, Goths, Wisigoths et Lombards. Puis ce sont les Gnois qui la
disputent aux Pisans, et les Espagnols qui on chassent les Gnois.
Bientt les Franais apparaissent  leur tour. La guerre ayant clat
entre Franois Ier et Charles-Quint, le sultan Soliman, alli du roi
de France, envoie de Constantinople, contre l'Italie et ses les, la
flotte ottomane, sous les ordres du fameux corsaire Barberousse,
ancien matelot devenu grand-amiral, par son audace heureuse et sa
frocit. Non content de faire pleuvoir sur toutes les ctes ses
grenades enflammes, il aborde et parcourt l'intrieur de l'le en
massacrant hommes, femmes et enfants, en arrachant les arbres, en
brlant la terre. Cette dvastation, telle que les Turcs savent la
faire, fut si pouvantable qu'il fallut, aprs son dpart, envoyer
d'Italie des colons dans l'le, les rares habitants qui avaient
survcu, cachs dans des trous de rochers, tant impuissants  relever
seuls tant de dsastres.

[Illustration: Les rues de Porto-Ferraio sont toutes en escalier (page
100).]

En 1548, Cosme de Mdicis, duc de Florence, runit l'le d'Elbe  la
Seigneurie de Piombino, et fonde Porto-Ferraio, qu'il fortifie et
qu'il appelle Cosmopolis, nom qui lui resta jusqu'au seuil du XIXe
sicle. Mais les malheurs de l'le ne s'arrtent point pour cela.
Italiens, Espagnols, Turcs et Franais continuent  se disputer ce
lambeau de sol, sans compter les corsaires d'Alger qui se contentaient
de passer et de piller, et les Anglais qui commencent  se montrer,
avides de s'approprier un point d'observation menaant sur la cte
d'Italie et sur la Corse.

Mais Elbe commence  se lasser aussi de son sort misrable et songe 
se dlivrer de tout le monde, une bonne fois. En 1799, la France,
prenant prtexte d'une rupture avec la Toscane, avait dbarqu de
nouveau ses troupes, et occup Porto-Ferraio; les Elbois s'taient
soumis en apparence, mais pour prparer dans l'ombre une rvolte
formidable et sauvage. La maison de tout Franais avait t marque
par l'ange exterminateur, et le massacre fut simultan partout. En ces
nouvelles Vpres Siciliennes, on libra jusqu'aux galriens des
bagnes, afin de faire la chasse aux survivants, traqus comme des
btes fauves,  travers les maquis, les ravins et les antres des
montagnes o ils s'taient rfugis. Les cadavres furent coups en
morceaux et promens ainsi, triomphalement.

En 1801 cependant, Porto-Ferraio fut rebloqu par la flotte franaise,
bombard en 1802, et, cette mme anne, le trait d'Amiens avait
officiellement donn Elbe  la France. L'le envoya alors  Paris des
dputs qui furent reus par le premier Consul (il ne se doutait gure
de l'avenir), et qui l'assurrent de la fidlit de leurs
concitoyens, lesquels dsormais se considraient comme vrais Franais
et demandaient en retour protection contre tout autre envahisseur. Peu
aprs, en effet, les Anglais ayant reparu furent repousses par une
coopration commune des troupes franaises et des troupes elboises.
L'le fut reperdue pour nous aprs Waterloo. Elle redevint alors
italienne, et l'est encore aujourd'hui.

[Illustration: Porto-Ferraio:  l'entre du port, une vieille tour
gnoise, trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots.]

Que l'on vienne de Livourne ou de Piombino, c'est  Porto-Ferraio que
l'on dbarque, sa ville principale et sa sous-prfecture actuelle.

Figurez-vous une sorte de lac suisse, plus beau, avec le ciel de
l'Orient, une de ces baies mditerranennes pres et harmonieuses  la
fois dont celle de Naples est un des principaux types connus. Sur un
promontoire escarp s'avanant dans ses flots et se repliant en
croissant, une ville, dont le seul aspect voque toute une posie de
pass, se superpose, serre, avec des toits plats qui semblent
s'escalader les uns les autres; ses longues murailles qui
l'enveloppent font grimper leurs lignes de pierre  tous les
escarpements du rocher, et,  tous leurs angles, une petite tourelle
s'accroche, pour le veilleur, quelque hallebardier levantin que l'on
s'attend  voir surgir dans le dcor. Dans un port ferm par une jete
couverte elle-mme de maisons et termine par une vieille tour
gnoise, rouge, trapue, bizarre de forme, dorment sur l'eau, si bleue
qu'elle en est noire, de grandes tartanes peintes en vert ardent, avec
leurs voiles enroules autour des mts semblables  des antennes de
scarabes. Un blouissement de couleur, un craqulement de clart.

Ainsi Porto-Ferraio se prsente  mes yeux, tandis que le vapeur qui
m'amne se range lentement le long du quai, parmi les hurlements des
_facchini_ et leurs vastes gestes  l'adresse des passagers et de
leurs bagages.

Je me hte de me faire conduire ainsi que mes colis  l'_albergo_ de
l'_APE ELBANA_, HTEL DE L'ABEILLE ELBOISE, en souvenir de l'Abeille
napolonienne. J'y trouvai bon service, bonne nourriture et bon gte,
le tout en propret parfaite. Je remarque seulement que l'on
m'apporte, en guise de dessert, des petits pois crus dans leur cosse
et des haricots verts, non moins crus, lgamment rangs sur une
feuille de vigne. Les autres convives me paraissent se faire de ces
verdures un rgal que je croyais jusqu'ici rserv aux lapins; mais la
cuisine, comme bien des choses ici-bas, n'est qu'habitude et prjug.

Je m'informe ensuite des personnes prs de qui j'ai une lettre
d'introduction et qui m'aideront  me dbrouiller, chose si prcieuse
en pays tranger. Ce furent: Signor Emmanuel Camera de Asarta, qui
remplissait alors dans l'le les fonctions du sous-prfet absent, et
qui mit  ma disposition tout son crdit; Signor Tonietti, agent
consulaire de France, qui m'accompagna en personne toutes les fois que
sa prsence put m'tre utile; Signor Bigeschi, syndic de
Porto-Ferraio. C'est enfin l'excellent abb Soldani. Je ne veux pas
oublier non plus un mot de remerciement pour Signor del Buono, le
propritaire actuel de San Martino. Bien d'autres aussi ont droit  ma
gratitude, qu'il serait trop long d'numrer ici. Il est peu de pays
dont j'aie rapport autant de souvenirs d'affabilit et d'empressement
 m'tre utile, chacun selon son pouvoir.

Je m'aperois tout de suite avec plaisir que, de ci de l, je trouve 
me faire comprendre; les gens y mettent beaucoup de bonne volont; il
y a sympathie pour le _Francese_ qui dambule  travers les rues de
Porto-Ferraio.

Quelle ville extraordinaire, avec des rues tout entires en larges
escaliers, des votes, des casemates, des tunnels, des remparts
vertigineux o s'accrochent les feuilles en lame de sabre des alos et
les raquettes des cactus! C'est ainsi que notre esprit se plat 
imaginer Carthage. La litire de Salammb ne va-t-elle pas paratre
sur ces marches,  ce carrefour aveugl de soleil, et l-haut, entre
ces crneaux dcoupant sur le ciel, d'un bleu sombre comme la mer,
leur profil anguleux et cuivr, n'est-ce pas la silhouette velue d'un
mercenaire graissant son arc et fourbissant son casse-tte?

Cependant un bonhomme, qui n'a rien de carthaginois, est accouru vers
moi et m'entoure de ses grands saluts: Signor! la teste di Napoleone!
Venez voir, Signor! la teste avec son cercueil!

Il me prend pour un imbcile, pensai-je, et s'imagine que j'ignore si
l'Empereur est mort  Elbe ou  Sainte-Hlne. Je me contentai de
faire un signe de dngation et me mis  marcher afin de me drober 
ses nobilissime signor et  ses gestes de moulin  vent.

Mais le cicrone italien ne lche pas ainsi sa proie, et l'homme me
suivait en rptant: Si! si! la teste! L'empereur Napoleone! la
teste! Et comme nous passions devant une glise, il redoubla ses cris
en me montrant la porte du doigt: Ici, Signor, ici!

[Illustration: Porto-Ferraio: la porte de terre par laquelle sortait
Napolon pour se rendre  sa maison de campagne de San Martino.]

Intrigu tout de mme, et pensant en tous cas me soustraire dans le
lieu saint  son obsession, j'entre dans l'glise. Mais dj notre
homme avait couru en face, chez le bedeau, et, revenant avec une clef,
il m'ouvrait la sacristie. Il y avait l un cercueil, en effet, un
cercueil somptueux en bne, noir et luisant, avec des poignes d'or
et une N d'or couronne. Aux quatre angles, quatre cierges dans leurs
flambeaux de bois argent. Je me demandais ce que cela signifiait,
quand, le bedeau ayant soulev le haut du couvercle qui tait 
charnire, la tte de l'Empereur apparut soudain, rigide, immobile, et
les yeux clos.... Une tl en bronze, toutefois, comme mon cicrone
s'empressa de me le prouver, en la cognant lgrement. L'impression
n'en avait pas moins t saisissante, car j'tais loin de m'attendre 
voir paratre ainsi, dans ce tombeau entr'ouvert, ce masque tragique,
reproduction de celui-l mme qui, lorsque l'Empereur eut rendu l'me,
fut moul sur sa face,  Sainte-Hlne, par le docteur Antommarchi. Au
milieu du silence sonore de l'glise o nous tions seuls, le bronze
rendit sous le choc du doigt un bruit sourd comme un long sanglot, que
la rsonance des votes se rejeta tour  tour, et qui s'teignit
ensuite, lentement. Je ne tardai pas  apprendre que, ne pouvant se
consoler de n'avoir pas la tombe de son roi d'un jour, Elbe rendait 
ce cercueil les mmes honneurs que s'il tait rel; chaque anne,  la
date anniversaire de la mort du grand Empereur, on le dresse sur un
haut catafalque, les cierges s'allument, la foule emplit l'glise, et,
en prsence des autorits officielles, une messe solennelle est dite.
Et cette impression si singulire et si imprvue de l'homme de bronze
couch l, immobile et prsent, qui me sautait ainsi aux yeux,
brusquement, une heure aprs mon arrive, chaque jour,  chaque pas,
allait se marquer davantage. Tandis que pour ceux qui vont sans voir,
tout est mort des lieux qu'ils traversent, partout o j'irais,
j'allais retrouver l'Empereur et revivre dans le pass.

Reprenons cependant notre exploration.

Je me suis dbarrass de mon cicrone par un pourboire, en somme
mrit, et je continue  errer au hasard entre les murs blancs et les
volets clos (car la chaleur est torride),  descendre et  monter des
escaliers.

J'admire, chemin faisant, la propret des rues. Les larges dalles de
pierre dont elles sont paves, comme de marbre, ne sont souilles
d'aucune immondice, d'aucune ordure, et l'on se ferait presque
scrupule d'y jeter un papier ou une pelure d'orange. C'est, dans cette
ville du Midi, une propret toute hollandaise. Du matin au soir,
quatre ou cinq balayeurs ne cessent de circuler, chacun avec une
charrette, qui a l'air d'un petit corbillard, et qui est trane par
un tout petit ne; ils y ramassent et recueillent sans trve tout ce
qu'ils rencontrent, et vont le vider ensuite hors de la ville; puis
ils reviennent et recommencent leurs tournes, qu'ils continuent sans
s'arrter, jusqu' la nuit. Ils passent partout et, par
d'interminables dtours, se hissent d'tage en tage, jusqu'aux
quartiers suprieurs.

[Illustration: Porto-Ferraio: la porte de mer o aborda Napolon.]

Mais voici l-haut, au bout de cette rue  pic, une maison carre aux
tuiles rouges et aux persiennes vertes; elle domine la ville: c'est la
_Casa di Napoleone_, le Palais imprial.

D'aspect, elle ressemble  l'une de ces villas italiennes, comme on en
voit sur la cte de Gnes  Bordighera,  l'une des moins ornes et
des plus simples. L'administration militaire l'occupe aujourd'hui en
partie, et des trophes de boulets on surmontent la porte, comme il
convient  l'ancienne demeure d'un conqurant. Ce n'est pas pourtant
le dieu de la guerre dont l'esprit semble rgner ici. Quelle vision
soudaine, au contraire, de paix heureuse et rayonnante, ds que l'on
est entr et que l'on dcouvre, tout  coup,  travers les myrtes du
jardin et les buissons de fleurs, l'immense et radieux horizon de la
mer Tyrrhnienne! Tout est blanc et bleu comme en un paysage de conte
de fes et de paradis; les grands caps de L'LE se profilent dans une
bue d'or; une paix resplendissante plane sur les choses. Et comme
l'on est trs haut, trs  pic au-dessus de tout cela, il semble
vraiment que l'on a laiss bien loin derrire soi tout le monde
humain, et qu'en demeurant longtemps ici l'on finirait soi-mme par
devenir une me. Il est impossible qu'aprs tant de luttes subies,
tant d'croulements entasss sur son front parmi les steppes neigeux
de la Russie, tant d'angoisses dans l'abdication, le formidable vaincu
qui vint un jour s'asseoir l, devant ce mme horizon, n'ait pas
senti, lui aussi, cette ineffable srnit monter en lui. Il est
certain (tous les coeurs humains sont semblables au fond, et les mmes
sentiments s'y retrouvent, identiques malgr leurs aspects divers)
qu'il y eut ici des jours, des heures du moins, o son cerveau de fer
se dtendit, o la vision du repos, qu'il n'avait encore jamais
connue, passa devant ses yeux, rapide et insaisissable toutefois,
comme quelque chose qu'il ne pouvait arrter, car il tait une force
qui va, car il devait, bon gr, mal gr, se relever pour de nouvelles
batailles et un nouvel croulement.

Maintenant les murs vides semblent l'attendre encore. Une partie de la
maison, demeure inutile depuis, est inhabite. Dans une grande salle,
qui fut la salle du trne, et sur les pltres de laquelle sont restes
les htives peintures murales dont on la dcora alors, il n'y a plus
que les bustes de marbre des ducs de Toscane, Ferdinand III et Lopold
II, mlancoliques et seuls sur leurs socles; le mobilier a t, un
jour, vendu  l'encan; les flambeaux sont chez un habitant, deux
fauteuils chez un autre, un coussin brode chez un troisime. Les
volets des six fentres qui commencent  se disjoindre, et  travers
lesquels filtrent des rais de lumire, sont clos; par terre, sur le
plancher poussireux, des grains de mas qui schent; dans les coins,
les araignes tissent leurs toile. Le locataire est-il parti il y a
un an ou il y a un sicle, on ne sait. Je tourne l'espagnolette dore
et grinante d'une des fentres, je pousse les volets, et le petit
jardin, toile de milliers de marguerites panouies, apparat, et
l'blouissante vision de la mer Tyrrhnienne emplit la chambre, comme
 son rveil, le matin, la voyait l'Empereur. C'est l'abandon mme des
choses qui a empch le souvenir de s'enfuir. Ailleurs, il y aurait un
gardien  tricorne, un tourniquet des pancartes explicatives, un
parquet cir, des criteaux portant DFENSE DE TOUCHER aux objets
rapports, restaurs et revenus; ici rien que l'me parse du pass.
Voici bientt cent ans que l'appartement est  louer. En bas, sur le
ciment d'une alle, un fer  cheval est marqu; c'est, dit-on, celui
du cheval imprial, qui s'y imprima quand la pte tait humide encore.
Et ceci, c'est dj la lgende; le cheval de Napolon entre dans la
mythologie  ct de celui du paladin Roland, dont on nous montre
aussi, un peu partout en Europe, le fer empreint sur une marche
croule ou sur un rocher.

Voici la journe, cependant, qui tire  sa fin, et je redescends dans
Porto-Ferraio. C'est le moment o chez les peuples du Midi, avec le
soleil qui baisse, la vie s'veille et se ranime, et Porto-Ferraio
semble s'en acquitter en conscience. Au-dessus de la petite ville, si
muette tout  l'heure, et  travers laquelle le roulement de nulle
voiture ne rsonne (ses rues en escaliers ne lui en permettant  peu
prs aucune), monte un indescriptible brouhaha de voix et de paroles.
Sur la petite place qui avoisine le port, les gens vont et viennent,
de long en large,  grands pas, se donnant des poignes de main, et le
verbe sonore; c'est le forum antique des villes italiennes, o l'on se
rencontre ainsi sur le dclin du jour, o l'on traite et discute, au
grand air, des affaires publiques et prives. On s'crase dans les
boutiques, o je lis parmi les enseignes: ANDREA BORGIA, BISCUITS
DOUX; DANTE, SAVETIER, et plus loin: ORESTE PRE ET FILS, PICERIE ET
MACARONI. Une vieille, plus dcrpite que Saturne, vend, sous une
arcade, des fves et des amandes grilles. Des femmes vont aux
fontaines chercher de l'eau dans leurs cruches de cuivre martel.

Maintenant, toute la soire, le bruit ira croissant; les gens parlent
pour s'entendre parler, les enfants crient pour s'couter crier, on se
croirait  Paris un soir de Quatorze Juillet. Les guitares, les fltes
et les accordons ne tardent pas  se mettre de la partie. Tout le
monde chante. Le cri mme des gamins n'a rien de la note acide des
enfants; il est musical et rythm. La brise du soir m'apporte, jusqu'
ma fentre, tous ces sons, en les mlant dans une sorte d'universelle
et joyeuse psalmodie des plus bizarres; c'est, dans ce dcor d'opra,
comme un opra qui se chante. Mon Dieu! que ces gens sont gais et
qu'ils ont l'air heureux de vivre!

[Illustration: La teste de Napolon (page 100).]

Cela dure ainsi jusqu' onze heures ou minuit. Alors le bruit se tait
peu  peu, et, sous la nuit ruisselante d'toiles, tout redevient
silence. La lune dcroissante et tardive se lve, semblable  une
grosse boule lumineuse qui commence  se dfoncer, blanchissant la
pierre des grands escaliers et l'escarpement cyclopen des murailles
sur les terrasses desquelles reparat le nbuleux fantme de Salammb
qui danse et se prosterne....

Je me remets, le lendemain,  parcourir Porto-Ferraio en tous sens et
dans tous ses coins et recoins; c'est  chaque pas un aspect
pittoresque, nouveau et inattendu. L'abb Soldani, qui m'accompagne,
ne cesse, tout en marchant, de me frapper amicalement sur l'paule et
de brandir en l'air son chapeau en criant: Vive la glorieuse France!
Vive le glorieux empereur Napolon!

Je visite l'htel de ville. On y conserve la bannire napolonienne,
le grand drapeau blanc coup d'une bande orange avec trois abeilles,
que le roi de l'le d'Elbe fit flotter sur la ville ds le soir de son
arrive, et que salua le canon, quand, le jour suivant, il mit pied 
terre. Un vieux brave homme, ancien soldat de Solfrino, me la dploie
avec amour et respect; elle est en forte toffe de toile et intacte.
Au premier tage, dans la salle du Conseil, le portrait de l'Empereur,
entre ceux de Cosme de Mdicis et du dernier grand-duc de Toscane, le
reprsente, d'aprs le tableau de Grard, avec le sceptre en main, le
manteau d'hermine sur les paules et le laurier d'or au front. Sur le
tapis vert de la table, selon un antique et patriarcal usage, chaque
conseiller a devant soi une petite sbile avec des haricots blancs ou
rouges, que, pour voter Oui ou Non, il dpose dans l'urne.

[Illustration: Porto-Ferraio s'chelonne avec ses toits plats et ses
faades scintillantes de clart (page 99).]

En quittant l'le d'Elbe, l'Empereur avait ordonn au grand-marchal
Bertrand d'empaqueter  la hte et d'emporter toutes les archives
ayant trait  l'administration de l'le durant son sjour, et il ne
reste plus  l'htel de ville qu'un simple paraphe du matre au bas
d'un des budgets communaux de Porto-Ferraio.

[Illustration: Porto-Ferraio: les remparts dcoupent sur le ciel d'un
bleu sombre leur profil anguleux (page 99).]

Le syndic qui m'accompagne me sort toutefois d'un de ses tiroirs une
autre pice assez curieuse. Lors de la chute du Second Empire
franais, le bruit se rpandit parmi les Elbois que le vaincu de Sedan
songeait  se retirer parmi eux. Dsireux de lui prouver leur
inaltrable amour pour le sang illustre dont il descendait, les
habitants de Porto-Ferraio s'empressrent de lui faire parvenir, par
leur syndic, une adresse officielle, l'assurant du bonheur que cette
nouvelle leur causait. Napolon III rpondit par la lettre suivante:

                                        Wilhemshoehe, 10 mars 1871.

MONSIEUR LE SYNDIC,

     J'ai reu l'adresse par laquelle les habitants de Porto-Ferraio
     m'offrent l'hospitalit dans leur ville, pensant que j'avais
     choisi l'le d'Elbe pour y fixer ma rsidence; quoique cette
     nouvelle n'ait jamais eu aucun fondement, je suis heureux du
     tmoignage de sympathie qu'elle a provoqu, et dont j'ai t
     vivement touch. Veuillez, Monsieur le Syndic, vous faire, auprs
     de vos concitoyens, l'interprte de mes remerciements et croire 
     mes sentiments.

                                             NAPOLON.

[Illustration: La faade extrieure du palais des Mulini ou habitait
Napolon  Porto-Ferraio (page 101).]

Au rez-de-chausse se trouve une partie de la bibliothque impriale.
Les titres des livres, qui se reconnaissent  l'initiale dont leur
reliure est marque, sont curieux  parcourir, car ils montrent
l'universelle ducation qu'aimait  se faire l'Empereur, s'intressant
 tout et lisant tout, afin de pouvoir parler de tout.  ct des
oeuvres de Vauban et de Maurice de Saxe, d'ouvrages divers de
mcanique, de chimie et de science militaire qui l'intressaient
directement, se remarquent de nombreux livres d'histoire ancienne et
moderne, des livres d'archologie, d'histoire naturelle et de
littrature: Montaigne, La Fontaine, Don Quichotte, soixante volumes
de Voltaire. Lui-mme s'tait constitu cette solide bibliothque par
des livres qu'il avait fait venir du continent. Mais ce que l'on est
le plus tonn de trouver parmi ces volumes, c'est un nombre
relativement considrable d'ouvrages d'imagination, dont le principal
est LE CABINET DES FES, quarante tomes o sont runis les contes et
les lgendes de l'humanit, de toutes les poques et de tous les pays,
depuis les contes des _Mille et une Nuits_ jusqu' ceux de Fnelon et
de Perrault, jusqu'aux fables de l'Inde et de la Chine. C'est qu'en
effet, par une raction morale frquente en psychologie, Napolon,
force brutale, tait aussi un chimrique et un rveur. Cette ide mme
de faire de l'Europe entire un seul empire runi sous son sceptre,
avait-elle t autre chose qu'une immense chimre? Nous le verrons ici
mditer de btir, comme un Louis de Bavire, quelque fantastique
palais sur les pics de Volterrajo, s'extasier sur le Monte Giove de
l'infini du ciel et des nues qui l'enveloppent, de ses nuits
ruisselantes d'toiles, et aimer  se perdre sous les ombrages
touffus, aux sources murmurantes de la montagne de Marciana. Ossian et
sa romantique posie avaient, on ne l'ignore point, enthousiasm sa
jeunesse, et il conserva en lui, toute sa vie, quelque chose des
vieilles superstitions corses qu'il avait suces avec le lait
maternel. Et c'est pourquoi, s'il condamnait officiellement ces
rveries du pass, il est permis de supposer, en face de ces livres,
qu'il ne rpugnait pas  lire parfois, pour s'endormir le soir,
l'histoire d'Ali-Baba et des Quarante Voleurs ou celle de la Belle aux
cheveux d'Or et de l'Oiseau Bleu.

[Illustration: Le jardin imprial et la terrasse de la maison des
Mulini (page 102).]

Mais voici un autre souvenir qui se mle  celui de l'Empereur, et que
nous dit tout au long une plaque de marbre grave, et cloue au mur,
sur la faade du monument. L'inscription est en italien, et nous
traduisons:

                      ICI, DANS PORTO FERRAIO,
                 EN 1802, FUT APPORT LE TOUT PETIT
                           VICTOR HUGO.
                        ICI NAQUIT SA PAROLE
                 QUI, PLUS TARD, LAVE DE FEU SACR,
             DEVAIT COURIR DANS LES VEINES DES PEUPLES,
                      ET PEUT-TRE TROIS ANNES
  PASSES DANS CET AIR  QUI DONNENT LEURS ATOMES LE FER ET LA MER[2]
                   RAFFERMISSANT SON CORPS DBILE,
                            CONSERVRENT
                 LA FRANCE L'ORGUEIL DE SA NAISSANCE,
                   AU SICLE LA GLOIRE DE SON NOM,
                              L'HUMANIT
                   UN APTRE ET UN GNIE IMMORTEL.

          [Note 2: Allusion aux mines de fer de l'le, dont nous
          parlerons tout  l'heure.]

En 1802, en effet, quelques mois aprs sa naissance, Victor Hugo vint
 l'le d'Elbe. N  Besanon, comme l'on sait, o son pre, Joseph
Hugo, alors commandant, se trouvait en garnison, il avait dj d tre
transport  Marseille, six semaines aprs sa naissance. C'tait un
terrible voyage pour un enfant de cet ge,

  Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix,

comme il l'a dit lui-mme, et si particulirement faible que le
mdecin qui l'avait mis au monde avait dclar qu'il ne vivrait pas.
Par surcrot de malheur, il fallut que sa mre l'abandonnt pour venir
 Paris solliciter le ministre de la Guerre, en faveur de son mari,
lequel rclamait en vain l'avancement en grade qui lui tait d. Le
pauvre bambin resta seul avec son pre qui le bourrait de bonbons pour
le consoler, car depuis le dpart de sa mre, il n'arrtait pas de
pleurer. Enfin, cette dernire revint, et tout le rsultat de ses
dmarches fut un ordre d'aller plus loin encore,  l'le d'Elbe, avec
le rgiment de l'imprial Corse.

Voil donc toute la famille qui se remet en route  nouveau et
s'embarque pour Porto-Ferraio, o elle s'installe.

La sant du petit Victor laissait toujours fort  dsirer. Un an aprs
son arrive dan l'le, il n'tait pas encore parvenu  redresser sur
ses paules sa tte qui, racontent ses admirateurs, comme si elle et
dj contenu toutes les penses dont elle ne renfermait que le germe,
s'obstinait  tomber sur sa poitrine. Cependant, on ne tarda pas 
remarquer que l'avorton tait solidement charpent, qu'il avait large
carrure d'paules et de poitrine. Bientt, le grand air de la mer et
la salubrit du climat aidant, la vie prit le dessus, et quand
l'enfant quitta Elbe, au bout de trois ans de sjour entremls de
prgrinations en Corse, il tait en train de devenir ce type tonnant
de robustesse humaine, qu'il demeura tout le restant de son existence.
De Porto-Ferraio, son pre s'en alla en Italie avec Joseph Bonaparte,
et lui, il vint avec sa mre et ses frres habiter Paris, rue de
Clichy, fin de 1805 ou commencement de 1806.

De mme que ce fut  l'le d'Elbe que Hugo s'ouvrit  la vie physique
et prit le dessus sur la mort, ce fut l aussi qu'il balbutia ses
premiers mots, et la tradition nous a conserv la premire parole
qu'il pronona. Un jour, nous dit Dumas pre dans ses MMOIRES,
s'tant disput avec sa gouvernante qui voulait le forcer  obir et
le menaait: _Cattiva!_ s'cria-t-il, _cattiva!_ _Cattiva_ signifie
mchante dans l'italien des les. O avait-il entendu ce mot, et
comment l'avait-il retenu plus spcialement? on ne le sut jamais. Mais
tout le monde connut aussitt dans la maison que l'avorton avait
parl, et s'en extasia. Ainsi le premier mot prononc par le pote fut
un mot tranger.

[Illustration: La via Napoleone qui monte au palais des Mulini.]

Mais les souvenirs de l'enfant ne sont point encore veills, et rien
de cette premire halte de l'existence ne devait survivre en son
esprit.

Plus tard, toutefois, on ne manqua pas de voir un rapport de
prdestination entre le passage que l'auteur de l'_Ode  la Colonne_
fit dans cette le, et celui de Napolon, dix ans aprs;
l'hyperbolique BIOGRAPHIE RABBE imprimera en 1834: La premire nature
qui se rflchit dans la prunelle de Hugo fut cette pre et svre
physionomie d'un lieu peu remarqu alors, si clbre par la suite.
Cette jeune vie s'harmonisait dj avec la grande destine qu'elle
devait clbrer un jour; ce frle cheveau se mlait dj  la trame
splendide qu'il devait rehausser un jour!

Tandis que je lis et copie l'inscription du marbre, surpris malgr moi
de tous ces ressouvenirs franais que je rencontre  chaque pas, je
vois soudain venir se planter sous mon nez un bras noir, au bout
duquel est une main noire, brandissant une bourse noire. Je me
retourne brusquement, n'ayant rien entendu venir, et recule avec un
peu d'effroi, je l'avoue, en voyant en face de moi un homme tout noir
galement--si l'on peut appeler homme un grand sac noir, se
terminant par un capuchon pointu, perc de deux trous au fond desquels
deux yeux luisent comme des chandelles. C'est un Pnitent en tourne
de qute, et il me poursuit de son bras noir, de sa main noire et de
sa bourse noire, en m'assourdissant d'une sonnette qu'il porte
attache  sa ceinture et qu'il sonne furieusement, jusqu' ce que je
lui aie donn les deux sous qu'il rclame.

Je demandai si c'tait l'usage de se promener ainsi, en chapp de
drame romantique; l'on me rpondit que cela se faisait lorsque
quelqu'un de la Confrrie tait mort, et que la qute tait au profit
de la crmonie funbre.

Or, comme j'tais assis, le soir, sur le seuil de l'_APE ELBANA_, 
respirer avec dlices la fracheur de la brise de mer qui s'levait
avec la nuit, tandis que, comme la veille, les gamins hululaient
partout, que, dans toutes les maisons, les guitares sautillaient et
les accordons soufflaient perdument, voil tout  coup les cloches
de l'glise voisine qui se mettent  sonner le glas. En mme temps, de
l'autre bout de la ville, des clameurs lamentables retentissent, qui
ne tardrent pas  se rapprocher, faisant fermer en hte les volets de
toutes les boutiques et taire la voix des musiques. Bientt, par une
des rues en escalier qui aboutissaient sur la place, apparut,
s'chelonnant de marche en marche, un cortge trange; une foule de
gens vtus de cagoules noires, comme mon homme de l'aprs-midi, grands
et petits, jusqu'aux plus minuscules bambins, s'avanaient, portant de
gros cierges parfums, et en chantant des psaumes autour d'un cercueil
qui ondulait sur les paules de quatre hommes robustes. Ceux qui
marchaient en tte du cortge agitaient des croix, des bannires et
des lanternes emmanches sur de longs btons. C'tait l'enterrement en
question, et, comme je m'tonnais de son heure tardive, le _facchino_
de l'htel me rpondit que tel tait l'usage dans le grand monde,
parce que c'tait beaucoup beau ainsi.

[Illustration: La salle du conseil  Porto-Ferraio avec le portrait de
la dernire grande-duchesse de Toscane et celui de Napolon d'aprs le
tableau de Grard.]

[Illustration: La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonne, avec
ses volets clos et les peintures dcoratives qu'y fit faire l'Empereur
(page 101).]

Arriv devant l'glise, le cortge s'arrta. Le glas se tut. Alors
tous nos capucins noirs jetrent violemment leurs cierges sur le sol,
ils en pitinrent la flamme  coups de talon, ils lancrent dessus de
la terre  pleines poignes, afin de l'teindre, et entrrent dans
l'glise avec, chacun, cinq ou six petites bougies, minces comme des
allumettes, qu'on leur remit  la porte. Tandis qu'elles brlaient,
ils se rangrent  nouveau autour du cercueil et se mirent  hurler
une sorte de blement bizarre: bai... ai... ai... ai..., quelque chose
de tranant et de grave, qui, subitement, s'anime avec rage, et
devient aigre  se boucher les oreilles: bai! bai! bai! ai! ai! ai!
ai! ai! Il y a l du gmissement de la pleureuse antique et du lamento
corse. Cependant les petites bougies tiraient  leur fin, le prtre
officiant avait termin ses oraisons, le cercueil tait recharg sur
quatre paules, les cierges taient ramasss sur le parvis de
l'glise, o ils taient rests, et rallums aux petites bougies, et
le cortge reform se mettait en route vers la ncropole, par le
chemin qui longe la mer, tandis que les boutiques se rouvraient
derrire lui et que guitares et accordons reprenaient leur mlodie
interrompue. Longtemps, je le suivis du regard,  la lueur des cierges
se refltant dans les flots en longues couleuvres lumineuses; et
l-bas, pour que le mort ne reste pas seul dans la nuit, on lui
laissera, avant de revenir, une petite lanterne allume, qui le
veillera jusqu'au jour.

Cagoules noires, nos gens allaient  la ncropole des Noirs;
cagoules blanches, elles auraient t  la ncropole des Blancs; car
les deux Confrries ne veulent avoir entre elles rien de commun sur la
terre ni dans l'ternit.  Porto-Ferraio l'on est Noir ou Blanc,
comme on tait jadis Guelfe ou Gibelin, et si les cagoules ennemies ne
se battent plus dans les rues quand elles se rencontrent, du moins
n'ont-elles jamais cess de se regarder d'un mauvais oeil. C'est  qui
surtout rservera  ses morts, dans chacune des ncropoles rivales, le
gte le plus avouant, la case la plus souriante et la plus
immacule. Car ici, sauf de rares exceptions, les morts ne sont pas
dposs dans la terre; sous des portiques somptueux, en des catacombes
revtues de marbre blanc et baignes de douces clarts, d'innombrables
cases sont tailles dans l'paisseur des murs, ranges symtriquement
comme des alvoles d'abeilles, les unes vides, les autres occupes
dj, o le cercueil est hermtiquement scell, ornes d'inscriptions.
Les longues galeries ornes de fleurs et de tableaux, o tant de
disparus dorment leur dernier sommeil dans un calme ple et silencieux
comme celui des Limbes, n'ont rellement rien de sinistre. Vues du
dehors, ces blanches ncropoles, aux larges et hautes fentres,
rappellent,  travers le feuillage des grands arbres qui les
entourent, les palais de Trianon.

De Porto-Ferraio rayonnent toutes les routes de l'le. Chaque matin,
quatre ou cinq courriers partent de la ville avec leurs carrioles 
deux roues, atteles d'un cheval maigre,  grandes jambes, qui
ressemble  une sauterelle. Les brancards, au lieu d'tre retenus sur
les flancs de la bte comme chez nous, sont fixs sur son dos, et
pointent en l'air, si bien que, ds qu'elle prend le galop, vous vous
trouvez dans une sorte de panier  salade, qui vous enverrait
immdiatement sur la route, si vous ne preniez soin de vous cramponner
avec nergie  l'ossature du vhicule. Quant aux bagages, ils sont au
pralable ligotts avec des cordes; c'est le seul moyen qu'ils
arrivent entiers  destination.

O vont toutes ces routes? On voit de Porto-Ferraio leurs rubans
monter de tous cts vers les montagnes environnantes, puis
disparatre. L'une d'elles s'en va vers l'ouest, du ct de ce mont
norme qui, par l, barre l'horizon, et dont la cime disparat dans
les nuages. C'est la route de Marciana. Elle monte d'abord parmi les
alos et les cultures. a et l, une ferme, une mtairie. De temps 
autre, l'on croise des paysans qui se rendent  la ville, pour leurs
affaires ou leur commerce. Ils ont tous un ne pour les porter; la
femme se met  califourchon sur le cou du bourriquet, l'homme sur le
dos, le fils sur la croupe, et, dans chacun des deux paniers accrochs
de chaque ct du bt, il y a la marmaille. L'ne disparat sous la
famille qu'il vhicule; il en est littralement recouvert. On ne voit
que sa tte, sa queue et ses pieds. Il trottine, menu, menu, et, chose
incroyable, ne s'effondre pas.

Puis les maisons se font plus rares, et voici commencer le maquis, le
maquis corse, avec ses arbousiers, ses lauriers-thyms, ses bruyres
arborescentes et ses chnes verts, serr, impntrable et parfum
d'acres senteurs.  un coude de la route, Porto-Ferraio disparat, et,
sur le fate du col que le vent balaye, une autre face de l'le
apparat.

  (_ suivre_)                          PAUL GRUYER.

[Illustration: Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la
protge du soleil.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--10e LIV.         N 10. 11 MARS 1905.

[Illustration: Les mille mtres du Monte Capanna et de son voisin, le
Monte Giove, dvalent dans les flots de toute leur hauteur.]




L'LE D'ELBE[3]

          [Note 3: _Suite. Voyez page 97._

          Les pages dont nous donnons ici la primeur aux lecteurs du
          _Tour du Monde_ sont empruntes au livre encore indit:
          NAPOLON ROI DE L'LE D'ELBE, que doit prochainement publier
          la librairie Hachette, et qui sera l'histoire complte et
          singulirement vivante, reconstitue sur place par l'auteur,
          de cette priode si peu connue de la vie impriale.]

Par M. PAUL GRUYER.

_Illustrations d'aprs les photographies de l'auteur._

     II. -- Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir
     temptueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte Giove. --
     Un village dans les nues. -- L'Ermitage de la Madone et la
     sedia di Napoleone. -- Le vieux gardien de l'infini. Bastia,
     Signor!. Vision sublime. -- La cte orientale de l'le.
     Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge de Monserrat. -- Rio
     Marina et le monde du fer.


[Illustration: Un enfant elbois.]

La mer se recourbe ici en un golfe profond, au cercle large et
harmonieux, et dans lequel tombent les mille mtres du Monte Capanna;
autour de ce dernier et de son voisin, le Monte Giove, la montagne de
Jupiter, tournoient les nues. En bas, la mer bleue, la grve
ensoleille sur laquelle un pcheur solitaire, et qui semble moins
gros qu'une fourmi, tire sa barque et fait scher ses filets; en haut,
la bataille farouche de l'ouragan noir o gronde la foudre et que
zbrent les clairs; par moments,  travers un dchirement de nuages,
des plaques de neige tincellent. N'est-ce pas l, en effet, l'Olympe
redoutable o trnent, au-dessus des mortels, Zeus et les Grands
Dieux?

Je demande au cocher s'il n'y a pas lieu de hter le pas de son
coursier et si l'amoncellement fantastique des sombres nues ne va pas
s'abattre sur notre tte avant notre arrive  Marciana; mais il me
fait signe que non, et qu'il n'y a rien  craindre pour le moment. Le
soleil, en effet, ne cesse pas de luire pour nous tout le long de la
route qui, se rapprochant de la mer, contourne d'abord le golfe (on
le nomme golfe de Procchio), puis se relve pour suivre la cte en
corniche, jusqu' ce qu'une dernire descente nous amne  Marciana
Marina,  l'AUBERGE DE LA PAIX, CHEZ VENTURA BRASCHI; BONNE CUISINE.

Le signor Ventura ne sait pas un mot de franais, sa femme non plus,
mais ils sont pleins de prvenances et crient trs fort pour que je
comprenne. Le bruit de mon arrive s'est heureusement rpandu dans le
bourg; un garon qui a voyag et qui parle correctement franais,
vient m'offrir obligeamment ses services; il facilite les
explications, et en attendant la bonne cuisine de l'enseigne, qui se
rduira d'ailleurs  du macaroni et  des oeufs, je vais errer sur les
galets du port, o les tartanes ont t amenes  sec en prvision de
la nuit qui menace d'tre pluvieuse et pleine de vent.

Les nues sont descendues le long de la montagne, et le ciel s'est
voil; le soleil a disparu. Il fait gris; la mer houleuse bat le
rivage de ses lames courtes; une morne tristesse s'pand sur les
choses. Il semble que l'on soit perdu au bout du monde. Porto-Ferraio
lui-mme parat loin, trs loin. Cette montagne, que l'on ne voit pas
et qui n'arrte pas de dverser son brouillard, on la sent peser sur
soi de toute sa masse obscure. Les faades craqueles des maisons, qui
s'illuminaient tantt sous le soleil, ont pris un aspect sale et
raill. Il fait froid.

Comme tout cela a chang d'aspect en quelques heures! Voici la pluie 
prsent, une pluie fine et pntrante qui, sous l'obscurit
grandissante, donne aux objets des reflets blafards; l'on se croirait
sur quelque cte dsole de la Norvge ou du Spitzberg. Et quand, le
soir, aprs dner, je sortis pour aller gagner ma chambre qui se
trouvait dans une autre maison,  quelques pas, je crus tre emport
par l'ouragan qui me lapidait de cailloux  travers la nuit; la mer
crachait ses embruns jusque dans les rues, et la seule lumire de ce
gouffre noir, o pas un tre humain n'osait circuler, tait, au
carrefour voisin, la lueur timide d'une petite veilleuse, brlant sous
un verre, devant une Sainte Vierge engrillage dans le mur. Je
songeais que ce fut prs d'ici, par une nuit pareille, que se termina
l'amoureuse idylle de l'ancien Roi des Rois et de la blonde comtesse
Walewska; ils s'taient retrouvs sur la montagne de Marciana, o ils
revcurent quelques heures fugitives d'amour, et o ils se sparrent
dans la tempte et dans l'ouragan.

Le lendemain matin, un clair soleil me rveilla. J'avais, dans ma
journe,  entreprendre l'ascension du Monte Giove et de Marciana Alta
(Marciana de la Montagne), ddoublement de Marciana Marina (Marciana
de la Mer).

[Illustration: Marciana Alta et ses ruelles troites.]

C'est un vieil usage sur les bords mditerranens, et que l'on
retrouve en France, en Italie, en Corse et en Espagne, que celui de
ces doubles villages ctiers. Il avait pour but de mettre leurs
populations  l'abri des pirates barbaresques qui, jusqu' la prise
d'Alger par la France, au milieu du XIXe sicle, fondaient  tous
moments sur les rivages, o ils pillaient et tuaient tout. Alors, ds
que leur approche tait signale par une de ces tours-vigies qui
dominaient l'horizon et dont les ruines subsistent encore, sur les
pitons des falaises et les pointes des rochers avancs en mer, tout le
village du bas ramassait ses effets les plus prcieux et s'enfuyait
vers le village du haut, lequel tait suffisamment crnel et fortifi
pour repousser tous les assauts. Mais il tait rare que les pirates se
hasardassent jusque-l, car sur ces pentes qu'il leur aurait fallu
gravir, il tait trop facile de les craser en faisant drouler sur
eux une avalanche de rocs et de pierres. Le plus souvent ils ne
savaient mme pas o les habitants taient passs: ils taient
l-haut, dans les nuages.

Je demande en effet si l'on peut me montrer Marciana Alta. Signor
Ventura sort avec moi sur la place et me dsigne du doigt la montagne.
Ici o nous sommes, le soleil a reparu, l'atmosphre est limpide, la
mer sourit, mais la montagne est, comme hier, coupe en deux par
l'pais rideau de nues qui est remont autour d'elle, et qui en cache
la moiti suprieure, de son voile impntrable. Le bourg de Marciana
Alta est l, derrire le rideau; on ne le voit pas. C'est ainsi
pendant la moiti de l'anne, parat-il; mais je n'ai qu' prendre le
sentier et  monter jusqu' ce que j'arrive.

Me voil donc grimpant, grimpant, grimpant toujours, avec cette
persvrance ncessaire dans les montagnes o il semble que l'on
marche sans avancer. Il fait une chaleur moite. Devant moi je vois
toujours la nue obscure, dont je me rapproche peu  peu; derrire
moi, en me retournant, j'aperois Marciana Marina s'craser de plus
en plus, et un immense horizon de ctes s'taler  mes pieds. Mais je
ne tarde pas  entrer dans l'ombre de la nue, o le soleil se voile
bientt si compltement que je me trouve comme transport tout  coup
au milieu de la nuit. Tout disparat, devant, derrire et autour de
moi; il n'y a plus que du brouillard, qui perle en gouttelettes sur
mes vtements et ma barbe, comme sur les plantes et sur les brins
d'herbe. La vgtation a chang d'aspect, elle aussi; elle est devenue
celle des climats du Nord: bruyres courtes, gros chtaigniers au
tronc noueux, et qui n'ont encore ni feuilles ni bourgeons, tandis
qu' Porto-Ferraio les myrtes sont en fleurs; puis des fougres et des
mousses, parmi lesquelles des sources cristallines bruissent et
dgringolent en cascatelles. Le sentier toutefois, pour pre qu'il
soit, se continue, bien trac,  travers l'opacit du brouillard. J'y
croise, fantomatiques silhouettes, une femme et sa mule; sans doute la
femme descend  la cte se ravitailler d'picerie ou de farine, car
l'on ne doit pas avoir l-haut grand'chose pour se nourrir. En passant
elle me jette le _buona sera_! (bonsoir!) et parat tout tonne de la
langue inconnue dans laquelle je lui rponds. Aprs une demi-heure de
monte dans ce brouillard, la forme des objets redevient plus prcise,
le soleil se devine  nouveau, et voici, au-dessus de ma tte,
Marciana Alta surgir des nues.

Le spectacle en est singulier. En face de moi,  prsent, la lumire,
une autre rgion, un soleil du Nord qui luit dans un air vif et froid;
par derrire, au contraire, la nue opaque que j'ai traverse et qui
cache maintenant la base de la montagne comme d'en bas elle en cachait
le fate. La terre, la mer, tout le reste de l'le ont disparu; on est
comme suspendu sur les noires volutes nbuleuses; on plane au-dessus
du vide, on est dans le ciel.

Ce qui parat plus bizarre encore, c'est qu'il y ait ici des
habitants, puisque voil des maisons et un clocher, ou plutt de
penser qu'il doit y en avoir, car on n'en voit pas. Tout se tait;
aucun son ne monte plus d'en bas, et nul bruit ne sort davantage de ce
village mystrieux, aux maisons abruptes, serres les unes contre les
autres, entour d'un rempart de pierre. C'est le village corse,
sauvage et sinistre, le nid d'oiseaux de proie.

[Illustration: Marciana Marina avec ses maisons ranges autour du
rivage et ses embarcations tires sur la grve.]

Je gravis des escaliers, je passe sous des votes, je monte encore des
marches et je me trouve au milieu des maisons, sur une place troite,
o aboutissent des rues ou plutt des ruelles, non moins troites, au
pav noirtre et gluant. Il n'y a toujours personne. Les habitants
sont sans doute enferms chez eux. Seule une femme, au profil de
vautour, est assise sur le seuil de sa porte, vtue de noir et coiffe
d'un fichu noir; ses yeux brillent dans leurs orbites, ardents et doux
cependant, et elle me regarde sans qu'aucun des traits de son visage
impassible et rgulier trahisse ce qu'elle peut penser en me voyant.
Puis en voici une autre, vtue de noir galement, qui tire au bout
d'une corde une chvre noire; puis une troisime, jeune celle-l, mais
toujours vtue de drap de la mme couleur, et portant sur sa tte un
sac de foin. Mais o sont les hommes?

Sur ma droite, j'aperois un cabaret  la porte close; je vais pour
entrer afin de me reposer un peu de mon escalade et demander un guide
pour continuer plus loin. J'entends  travers la porte des bruits de
voix. Allons, tant mieux! Il y a quelqu'un. Quelqu'un! Mais tous les
hommes du village sont l. Je me demandais ce que l'on pouvait faire
dans un pays pareil! C'est simple: on n'y fait rien.

C'est--dire que l'on y boit, que l'on y fume, que l'on y joue aux
cartes, que l'on y parle surtout, depuis le matin jusqu'au soir, tous
les jours et toute l'anne. Oui, c'est bien l le village corse, c'est
bien l'tonnante existence de ces gens qui, perdus dans leur solitude,
sans voir mme, six mois sur douze, le reste de la terre dont ils sont
spars, comme aujourd'hui, par les nuages qui les entourent et o ils
vivent, passent leur vie  discuter, en face d'un vermouth et d'un
journal, les destines de l'Europe. Parler politique et voter tous les
trois ou cinq ans sont les grandes occupations de l'existence.
Quelques habitants essayent durant l't de dfricher la montagne et
d'en obtenir quelques moissons; un peu plus bas sur ses pentes, ils y
plantent mme de la vigne, qui y russit, mais le travail est dur et
ils ont peu d'imitateurs. Les autres possdent des cochons qui se
nourrissent, tout seuls, ou  peu prs, des chvres que la femme mne
patre, tout en labourant quelques pommes de terre ou en ramassant des
chtaignes; quant aux quelques sous qu'ils peuvent trouver  gagner,
ils alimentent la pipe et le verre.

 mon entre, les parties de cartes s'interrompirent, les
gouvernements de l'Ancien et du Nouveau Monde, en train de passer un
mauvais quart d'heure, eurent un peu de rpit, et les calumets se
posrent sur les tables, tandis que l'on me dvisageait et que l'on se
disait de l'un  l'autre: _Inglese! Anglais!_

Je m'avanai et demandai  haute voix, selon ma coutume, si quelqu'un
parlait franais. Quelqu'un se leva aussitt, qui me tendit la main et
me rpondit: Que veut le Signor? Alors dans les groupes j'entendis
rpter: _Francese! Francese! quasi l'Imperatore!_ Franais!
Franais! comme l'Empereur!

Je priai mon interlocuteur de s'informer si l'on pouvait me conduire
jusqu'au fate du Monte Giove et jusqu' l'ermitage de la Madone. Je
trouvais plus prudent de me faire accompagner  cause du brouillard
qui pouvait monter et dans lequel je risquerais de me perdre.

[Illustration: Les chtaigniers dans le brouillard, sur le faite du
Monte Giove.]

Il fit signe de venir  un homme qui tait assis sur un banc, au fond
du cabaret, en face d'une table vide, mlancolique au milieu des
verres et des pipes qui l'environnaient. L'homme se leva et
s'approcha. C'tait une espce d'hercule,  la carrure de taureau; de
sa chemise ouverte mergeait une poitrine musculeuse et velue; il
tait pieds nus et tenait  la main un bton noueux aux allures de
massue. Se rencontrer avec lui seul  seul dans le maquis aurait t
tout juste rassurant. Et dire que ce colosse, au lieu d'aller
s'embaucher quelque part, n'importe o, sa force tant apte  tous les
mtiers, prfrait croupir l,  se croiser les bras, d'un bout 
l'autre de l'anne, dans la fainantise et le dnuement presque
absolu! Quand il sut de quoi il s'agissait, ses yeux bleus eurent un
clair de joie  l'ide du gain inattendu et facile qui s'offrait 
lui, et sur lequel il demanda immdiatement le crdit d'un caf qu'il
ingurgita avec dlices; aprs quoi il se chargea de mon menu bagage
et se dclara prt  marcher. Cet homme  l'aspect redoutable tait le
gant bon enfant des contes de fes, qui sert de factotum en change
du droit de s'asseoir  la cuisine et de saucer les plats.

[Illustration: ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des
nues (page 111).]

Le chemin qui monte vers l'ermitage est pav, comme une voie romaine,
de blocs de pierre  peine quarris; de place en place des niches de
maonnerie, avec une croix, servent d'abris contre la pluie, le vent,
la neige ou le soleil. Nous atteignons des plaques de glace, qui ne
sont pas encore fondues dans les creux tourns vers le nord. Dans un
mois, m'explique l'homme, en son baragouin que me traduit, tant bien
que mal, mon dictionnaire, on rtira; aujourd'hui en avril, je
grelotte malgr la marche.

Ainsi que je l'avais craint cependant, le brouillard, dbordant
Marciana Alta, avait gagn la cime de la montagne, et quand j'arrivai
 la chapelle de la Madone, je recommenais  ne plus rien voir  dix
pas devant moi; tout tait clos  mes yeux, et il tait impossible de
dire si l'on se trouvait sur le fate d'un mont ou au fond d'un puits.
Tout ce que j'apercevais, c'taient les murs de la chapelle, quelques
chtaigniers difformes aux branches dfeuilles, semblables  des
spectres, et une petite maison dont la porte tait ferme; elle tait
habite pourtant, car mon guide ayant cogn avec son bton, un vieux
bonhomme,  profil de bouc, vint ouvrir. C'est lui l'ermite[4].

          [Note 4: Il existe encore en Provence, dans les Pyrnes et
          parmi presque tous les pays du Midi, un assez grand nombre
          de ces ermites laques, qui n'ont plus aucun caractre
          religieux, mais qui sont simplement chargs, par les
          communes ou par l'glise, de la garde et de l'entretien de
          certains sanctuaires clbres, en change des menus
          bnfices que les visiteurs et les plerins leur procurent.
          Les uns rentrent coucher chaque soir dans leur village,
          d'autres habitent l'ermitage mme et s'accommodent, pour le
          restant de leurs jours, de ces solitudes tranquilles. Nous
          retrouverons un autre ermitage de ce genre  Monserrat.]

Voil certes quelqu'un que les voisins ne gnent point, et dont le
bavardage ne doit pas tre le pch coutumier! Il habite ici avec sa
femme et une chvre, aussi perdu qu'un Indien dans la pampa. Marciana
Alta est pour lui le centre de la civilisation, et il s'y retire
l'hiver; Marciana Marina commence  devenir le but d'un voyage
important, et quant  Porto-Ferraio, s'il y va deux fois l'an, c'est
beaucoup. Il est, par contre, le roi de l'infini. Parfois mme il doit
assister dans sa masure  des cataclysmes atmosphriques peu banals.
Lorsqu'un orage clate sur Elbe, avec cette violence particulire aux
climats du Midi et plus encore  celui des les, il doit tre
littralement envelopp de la foudre, et lorsqu'une tourmente, comme
celle d'hier, se dchane, on se demande comment sa bicoque n'est pas
arrache du sol. Assourdi par la tempte, gel un jour, calcin un
autre, battu par la pluie, noy de brouillard, de ce brouillard dense
et compact qui vous appuie sur les yeux comme une main, ainsi qu'il
fait en ce moment, et vous donne l'impression d'un enveloppement de
spulcre, tout cela lui est indiffrent, et il rit en vous apercevant,
car il possde un registre avec un crayon, et il offre  ceux qui
viennent ici aprs Napolon d'y inscrire leur nom. C'est l son
principal mtier, et son seul espoir de faire fortune. Il a aussi les
clefs de la chapelle qu'il montre aux visiteurs, ainsi qu'une image
d'pinal reprsentant l'Empereur. Hlas! tant donn le nombre des
passants, il est peu probable qu'il s'enrichisse jamais.

C'est pourtant dans cette maisonnette que logea Napolon, c'est dans
une de ces trois petites chambres qu'il reut la visite de la comtesse
Walewska, le 3 septembre 1814. Un Christ de bois, rest accroch au
mur et vieux de plus d'un sicle, a t certainement tmoin, et le lit
rudimentaire de l'ermite, compos de deux X de fer portant quatre
planches et un simple matelas de fougres plat comme une galette, ne
doit gure diffrer du lit sur lequel couchait l'Empereur.

Tout ici vous parle  l'esprit, jusqu'aux murs humides de cette
chapelle qui LE connurent, jusqu'aux marches de l'autel sur lesquelles
Madame Mre, loge au village de Marciana, venait s'agenouiller
dvotement et faire voeu d'un cierge de cire  la Madone, si elle
protgeait son fils contre tout malheur. Rien dans les objets ni dans
les lieux n'a chang d'aspect; ils sont comme immobiliss sur ce
sommet dsert. Devant l'entre de la chapelle, dans un hmicycle de
pierre tout rong de lichens et garni de bancs, quatre fontaines
jaillissent, emplissant avec leur glouglou rgulier leurs vasques
sculptes; la faade de la chapelle est orne de fresques peintes, et
une plaque de marbre, pose en 1863, rappelle le passage de
l'Empereur, qui sjourna ici, dit-elle, du 23 aot au 14 septembre
1814. (Cette date du 14 septembre est errone; l'Empereur quitta
l'ermitage de la Madone le 5 septembre.)

Le brouillard est toujours intense, et je n'ai plus l'espoir de
contempler l'admirable panorama qui se droule, parat-il, quand le
temps est clair, autour de cette vertigineuse montagne dressant
au-dessus des flots ses huit cents mtres  pic. Il va falloir songer
 rebrousser chemin, car l'heure avance, et je tiens  rentrer coucher
 Marciana Marina; la descente sera rude et longue.

[Illustration: La sedia di Napoleone sur le Monte Giove ou
l'Empereur s'asseyait pour dcouvrir la corse.]

Mais le vieux tche de me faire entendre qu'il faut rester encore et
attendre un peu: _Poco! poco, Signor!_ Il fait le moulinet avec ses
bras pour m'exprimer que le brouillard se dissipera tout  l'heure, et
que je verrai _la Corsica_, c'est--dire la Corse. J'prouve bien
quelques doutes sur les chances qu'une telle brume, qui semble au
contraire s'paissir de plus en plus, se dissipe tout  coup, mais je
sais, d'autre part, que sur les montagnes tout l'imprvu est possible,
et je rentre dans la maisonnette pour prendre patience et me chauffer.
Quant  mon colosse, en dpit de ses pieds nus et de sa chemise
entrebille, loin d'avoir froid, il prfre se dsaltrer  une
grosse cruche toute ventrue, pleine de vin blanc, qu'il a aperue sous
la table, et au goulot de laquelle il se met  boire  pleines
lampes.

[Illustration: La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un
amphithtre de rochers et entoures de sveltes cyprs (page 117).]

Pendant que je suis  scher l'humidit de mes vtements, le vieux
sort  chaque instant pour examiner le brouillard qui, en effet, passe
comme des bouffes de fume, tantt plus transparent, tantt plus
intense. Il me le montre du doigt et rit d'un air satisfait. Mais
voici soudain que les bruyres se mettent  frissonner, le vent
s'lve, les chtaigniers dessinent plus nettement la fine dentelle de
leur ramure, et des taches d'azur apparaissent au ciel. _Venite,
Signor! venite!_ me crie le vieux, et il m'emmne rapidement
jusqu' un roc  demi maonn, devant lequel on sent le vide, et
formant une sorte de trne cyclopen o s'asseyait l'Empereur.

[Illustration: Voici Rio Montagne dont les maisons rgulires et
cubiques ont l'air de dominos empils... (page 118).]

Nous y sommes  peine arrivs qu'une troue se fait  travers la
brume, qui s'carte comme touche par la baguette d'un enchanteur
invisible. Les nuages se mettent  fuir le long de la montagne, les
dbris du brouillard jauntre, encore accrochs comme de fauves
oiseaux aux asprits des rocs, s'illuminent d'une radieuse lumire,
l'immensit s'inonde de clart, et devant moi,  cinquante kilomtres
par-dessus la mer, de la poussire d'or de l'occident se dgage peu 
peu le long profil, en dents de scie, des montagnes corses, du Monte
d'Oro et de toute la chane neigeuse qui court d'un bout de l'le 
l'autre bout. C'est quelque chose d'inoubliable et de sublime.

Le vieux rit aux clats de son triomphe et ses yeux rutilent comme les
miens au reflet du soleil qui descend dans le ciel en face de nous et
dj touche presque  l'horizon. Au moment o il commence  y mordre,
le profil devient net et tranchant comme un dcoupage mtallique,
ombre chinoise sur un globe de feu. Il disparat, et dans l'infinie
puret de l'atmosphre, pleine de cette clart douce qui prcde le
crpuscule, c'est  prsent l'incroyable dtail des objets. Bastia!
dit tout  coup le vieux en me prenant par le bras, et j'aperois en
effet de petites taches blanches, carres, et serres les unes contre
les autres. Ce sont les maisons de la ville corse; avec une longue-vue
on en distinguerait assurment les fentres.

Cela dura cinq minutes ainsi. Au-dessus de la Corse s'allument dans le
ciel des lueurs violettes, semblables  une gigantesque floraison de
lilas dans les jardins d'Eden; leur mirage merveilleux se double dans
le miroir de la mer, plate et luisante comme une laine d'pe.

Mais les nues tournoyantes, un moment entr'ouvertes, se resserrent
dj, le brouillard se referme autour de moi, voilant, comme un rideau
qu'on tire, l'immensit radieuse du ciel et des flots, et je me
retrouve au milieu de l'hiver, dans la presque obscurit, avec le vent
qui souffle  travers le squelette des gros chtaigniers, tandis que
le vieux rentre sur ses larges oreilles son bonnet de fourrure. Il
faut se hter de redescendre, cette fois, si je veux tre le soir 
Marciana Marina.

[Illustration: J'aperois Poggio, un autre village perdu aussi dans
les nues.]

Je revois Marciana Alta et ses ruelles troites o les noires parois
de ses maisons commencent  se trouer de lumires, dans une nouvelle
et rapide dchirure de la brume, j'aperois Poggio, un autre village
perdu aussi dans les nues, et je ne suis encore qu' moiti route de
mon gte, lorsque la nuit se fait. Mais le brouillard demeure ramass
sur le fate de la montagne et j'en suis bientt compltement sorti;
la nuit est lumineuse comme une nuit d'Orient, et c'est sous sa douce
clart que je descends les dernires pentes du sentier et arrive 
l'albergo du Signor Ventura qui commenait  s'inquiter de moi. Je
retrouve, au carrefour voisin, la petite Vierge engrillage,  la
lampe paisible; de l'ouragan d'hier soir, aucune trace ne subsiste
dans l'air tide et resplendissant. La nature et le pays ont ainsi
pass  mes yeux, depuis vingt-quatre heures, par toutes les phases et
par tous les aspects imaginables, comme si l'le, mouvante sur les
flots, se ft promene, ainsi qu'un immense navire, des mers du sud 
celles du nord, et du royaume d'Azur au triste pays des Cimmriens.

L'autre grande route de l'le est celle de Porto-Longone, de Rio
Marina et des mines de fer. Se dirigeant  l'opposite de celle de
Marciana, elle s'en va vers le sud et l'est.

Elle contourne d'abord, en s'levant par une pente insensible, la baie
de Porto-Ferraio, qui se dveloppe dans toute l'ampleur et toute la
puret de ses lignes, en son encadrement de montagnes.  l'un des
endroits o la vue est la plus belle, des ranges de pierres
dpassent d'un champ, des arcades effondres s'adossent  la pente du
sol; ce sont les Romains qui ont pass l. Le cheval ralentit son pas
pour gravir la cte plus rude; puis la bte reprend son trot cahoteux.
Un bois de pins, un col o l'homme de l'octroi attend, solitaire et
patient, le rare voyageur qui passe, une longue descente, et nous
sommes sur le versant oriental de l'le.

[Illustration: Une des trois chambres de l'Ermitage.]

[Illustration: L'Ermitage de Marciana o l'Empereur reut la visite de
la comtesse Walewska, le 3 septembre 1814.]

Le premier village que l'on aperoit est Capoliveri. Aspect rbarbatif
et mauvaise renomme. Les Romains dans l'antiquit, les Pisans au
Moyen ge en avaient fait un lieu d'asile et de libert, reconnu par
la loi, pour tous les dbiteurs, faussaires et banqueroutiers, pour
les esclaves enfuis et les condamns chapps des prisons, qui
venaient du continent s'y rfugier; d'o son nom de Capoliveri, _Caput
Liberum_ en latin, _Capo Liberi_ en italien. Une immonde population
s'y tait forme, dont les mfaits furent longtemps la terreur de
l'le. Perch sur une montagne dont il occupe, toute la crte, il a
bien l'air d'un repaire de brigands, et l'on s'attend  voir luire,
entre les murs, des canons de fusils. Napolon dut envoyer contre lui
deux cents voltigeurs et gendarmes afin de le forcer  payer ses
impts, qu'il refusait, et menaa de le raser de fond en comble s'il
recommenait une seconde fois pareille rbellion. Les moeurs de ses
habitants se sont amliores, mais ils passent encore pour aimer peu 
frayer avec ceux des autres communes de l'le.

La route descend de plus en plus rapidement vers la mer et arrive, au
milieu des alos dont les feuilles glauques et les hampes fleuries se
penchent sur les flots, au petit port de Porto-Longone. On y trouvera
 manger et  dormir  l'auberge de Marie (_Albergo della Maria_), o
l'on fut pour moi honnte et complaisant. Au-dessus du bourg, sur un
promontoire du rocher, s'avance la citadelle, btie par les Espagnols;
des sentinelles vont et viennent tout autour d'un grand btiment
blanc: c'est le bagne, l'ergastule.

De Porto-Longone  Rio Marina, le chemin est une merveille, gravissant
et descendant des pentes, montrant et cachant alternativement la
grande ligne de la mer.

Deux kilomtres environ aprs Porto-Longone, il y a,  gauche de la
route, un chemin creux qu'il faut prendre.

L, au fond d'une gorge aux alos d'une grosseur saharienne, au milieu
des pins parasols et des cyprs sveltes, l'humble chapelle de
Monserrat, dont le nom est un ressouvenir encore de l'Espagne, offre
au plerin l'abri de ses treillages rustiques enguirlands de pampres.
Des rochers aux aiguilles aigus la dominent, o de loin en loin, des
ptres accrochs s'appellent; et tout l-bas, au bout de la longue
enfilade du vallon que ferme la mer, on voit passer parfois,  travers
les branches des pins et les raquettes des cactus, une voile qui
glisse. C'est un site exquis, tout virgilien, o l'on se prend 
vouloir dresser son toit,  rver de laisser fondre sa vie dans la
paix de l'me et des choses. Il semble que rien ne soit jamais venu
jusqu'ici des rvolutions de la terre. Tel devait tre le paysage au
temps o Pan et les Dryades s'y poursuivaient dans les halliers; tel
il tait quand le premier ermite chrtien y fit construire, sur cette
pointe de rocher, sa petite chapelle aux murs blancs; tel il apparut 
l'Empereur que nous y retrouverons tout  l'heure.

Mais notre cocher, que nous avons oubli sur la route, claque du fouet
et nous appelle; ici encore, il faut laisser un peu de nous et
partir. Voici Rio Montagne, dont les maisons rgulires et cubiques
ont l'air de dominos empils.  la bifurcation de la route qui monte
vers le bourg, une chapelle isole, au fronton triangulaire, et
prcde d'un portique, semble un petit temple grec devant lequel on
s'attend  voir Daphnis venir faire fumer l'offrande d'un jeune
chevreau ou d'un agneau nouveau-n.

Hlas! toute cette posie va disparatre au prochain tournant du
chemin. Devant nous une acre fume noirtre, qui sort de hauts tuyaux
d'usine, tourbillonne dans l'air. C'est Rio Marina. Adieu le maquis
embaum, les bucoliques valles, le ciel pur, les pins o chante le
vent, et les bonnes gens qui vont paisibles sur leur non! Nous
entrons dans le monde du fer.

Rio Marina est la souillure de l'le. Nulle part le contraste ne peut
tre plus complet entre la verte, belle et saine nature o l'homme a
t, par Dieu, cr pour vivre, et la tare morale et physique du monde
contre nature cr par l'industrialisme humain. Ds l'arrive,
l'impression est mauvaise. Dans un vaste lavoir couvert de tle, des
femmes aux yeux effronts battent du linge en entrecroisant des
quolibets criards; l'une d'elles, qui m'a vu, avertit les autres d'un
mot et toutes aussitt de dvisager l'tranger avec une sorte de
curiosit gouailleuse; je les fixe, et pas un regard ne se baisse.
J'avance, et voici un mendiant. C'est, depuis que je suis dans l'le,
le premier que je rencontre; un pauvre tre misrable et sordide,
courb en deux comme si sa colonne vertbrale s'tait casse en son
milieu, et appuy sur une canne qui lui remplace  demi une de ses
jambes qui tranent. _Signor, la carita!_ La charit, monsieur!
dit-il, en s'accrochant  moi comme une tentacule de pieuvre: _la
carita! la carita! la carita!_ Je comprends de son balbutiement qu'il
est vieux, qu'il travaillait aux mines, et qu'un quartier de roc est,
un jour, tomb sur lui.

Je continue. J'arrive aux maisons; des maisons lugubres  six tages,
comme celles des faubourgs des grandes villes, derrire les murs
desquelles on sent l'entassement des gens, le grouillement des enfants
trop nombreux, et d'o suintent des odeurs de fricots; aux fentres,
des loques qui schent, des ttes qui se montrent, mal peignes. Par
moments un panier descend au bout d'une corde, jusqu' la rue; le
facteur y dpose ses lettres, le marchand qui passe y met sa viande,
son pain ou ses lgumes; c'est une faon fort commode d'conomiser ses
jambes, et, comme l'heure du djeuner est proche, les paniers ne
cessent d'aller et venir le long des maisons.

[Illustration: Le petit port de Porto-Longone domin par la vieille
citadelle espagnole (page 117).]

Mais ce qu'il y a surtout de particulier ici, c'est que tout est comme
imprgn d'une couleur rougetre uniforme, d'une couleur de rouille,
qui teint les maisons du haut en bas, la face des gens, leurs mains et
leurs vtements, et tous les objets, jusqu'aux feuilles des arbres,
jusqu' l'herbe du sol. Cette poussire de fer qui s'attache  tout,
qui recouvre tout, a l'air d'avoir t secoue par un volcan; l'on ne
tarde pas  tre poudr soi-mme de cette sorte de cendre impalpable
que le vent ramasse et soulve en tourbillons.

Voici un ivrogne. C'est galement le premier que je vois dans l'le.
Il fonce sur moi et me prend les mains qu'il me presse avec effusion,
en me faisant de pteux discours, auxquels je ne comprends mot. Je
m'en dcroche  grand'peine. Il est prs de midi, et le soleil
commence  devenir torride; je me rfugie  _l'Albergo ristorante_ de
Rio Marina.

Salle crasseuse, nappe sale, mouches dans les carafes, cuisine grasse
dans des plats graisseux. Quelques voyageurs de commerce, dont un ou
deux parlent franais et traduisent obligeamment mes rclamations,
inutiles du reste, partagent avec moi ce repas nausabond. Quand il
s'agit de payer, c'est pour mon compte le double du prix que paient
mes voisins. Je m'en aperois et refuse de m'excuter; chacun prend ma
dfense et l'htelier consent, comme un chien qu'on fouette,  ne pas
me voler plus que les autres. Il ramasse sa recette, du 200 pour 100,
d'un air rogue et mcontent, et, sans mme soulever la casquette de
velours  ctes qui semble visse sur sa tte, il s'en retourne  son
comptoir rincer ses verres avec ses doigts malpropres. Oh! cet
industrialisme hideux qui corrompt et encanaille tout ce qu'il touche!
Comme il nous a ramens soudain  toutes les bassesses et  tous les
vices qui, ds qu'il parat, se mettent aussitt  crotre  son
ombre!

[Illustrations: La maison de Madame Mre  Marciana Alta.--Bastia,
signor!--La chapelle de la Madone sur le Monte Giove.]

La visite des mines n'offre pas, au surplus, un intrt bien
considrable; elles s'exploitent  ciel ouvert, et il n'y a qu' se
baisser pour ramasser le minerai. Il est charg,  pelletes, sur des
wagonnets, qui vont directement le dverser dans les navires amarrs 
la base de la montagne; celui qui est de qualit infrieure subit
seul, dans les usines, un triage pralable. L'exploitation est
abondante, se fait  peu de frais, et atteint par an 300000 tonnes
environ, qui reprsentent plus de 5 millions de francs. Un grand
nombre de navires viennent d'Angleterre.

La montagne, attaque dj par les trusques et par les Romains dont
on retrouve, en creusant, des monnaies de cuivre et d'argent, semble
inpuisable; ventre chaque jour plus profondment, elle prend des
aspects de cratres lunaires, o la face des ouvriers disparat sous
le fard de poussire ferreuse que la sueur leur colle au visage dans
l'effrayante rverbration du soleil contre les parois dnudes qui
les entourent. Les paillettes de mtal tincellent partout sous ses
rayons implacables et l'on croirait fouler, en marchant, de fulgurants
tapis de diamants.

Mais avec quelle joie je revois au retour la gorge solitaire, si
doucement lysenne, de Monserrat, et le golfe d'azur o Porto-Ferraio
mire ses vieux remparts et ses tourelles gnoises! Ce n'est plus pour
longtemps, cependant; la tare est en train de s'tendre. Jusqu' ce
jour Rio Marina, cach par les verdoyants revers de la montagne,
demeurait relgu dans son coin. Tout le reste de l'le tait intact.
Le minerai, comme nous venons de le dire, s'y travaillait peu; sitt
recueilli, on l'expdiait ailleurs. Cela va changer.

En pleine baie de Porto-Ferraio, voici que les hauts-fourneaux
s'lvent; crasant tout le paysage admirable, deux normes chemines
de quatre-vingts mtres de haut achvent,  cette heure, de se dresser
dans le ciel, rigides et rouges comme deux bras monstrueux de
guillotine. Elles vont s'allumer bientt et, sur tout cet azur, sur
toute la splendeur de l'le, vomir jour et nuit leur fume, cracher
leurs flammches; o rgnait Phoebus radieux, Vulcain accourt avec ses
Cyclopes barbouills de suie et le ronflement de ses fournaises.

Vous croyez peut-tre que les gens de Porto-Ferraio ont protest? Car
enfin, que la Compagnie des mines tende ses affaires, rien de plus
naturel  son point de vue; mais eux, dont l'air va s'empoisonner, le
ciel se ternir, qu'ont-ils dit? Ils ont t dans le ravissement. Ils
ont vu l une administration qui s'tablissait, c'est--dire le
rve, cher  tous les gens du Midi, des postes de concierges  une
porte o ne passe personne, des places dans des bureaux o il n'y a
rien  faire. Ils n'ont point song que l'industrie prive, diffrente
de l'tat, ne paye pas d'employs inutiles, et qu'il faut  des
hauts-fourneaux plus de chauffeurs que de gratte-papier. Oui certes,
il y aura de l'argent  gagner, non pas en lisant son journal, au
frais, dans un bon fauteuil, mais en bourrant de charbon la gueule
des brasiers. Ceux qui avaient un petit mtier paisible, les paysans
qui cultivaient leur champ, les quitteront; dans l'appt d'un gain
immdiat un peu plus fort, se faisant ouvriers, ils viendront 
l'usine se desscher la poitrine et se brler la face. Et, comme ces
peuplades africaines qui dansent devant leurs idoles buveuses de sang,
ils ont tous saut de joie autour de l'impitoyable Moloch qui
s'apprte  les dvorer.

Tel est l'aspect gnral de l'le. En dehors des deux routes de
Marciana et de Rio, qui la traversent d'une extrmit  l'autre et
courent, avec leurs innombrables pentes et circuits, une soixantaine
de kilomtres environ, il n'y a d'autre voie carrossable importante
que celle de Campo, le dernier gros bourg de l'le, sur la cte sud,
clbre par ses carrires de granit, d'o Pise tirait les plus belles
colonnes de ses glises et de ses palais. Longtemps aprs la dchance
de Pise, des fts  demi quarris se voyaient encore pars sur le sol
de ces carrires, des socles bauchs, des chapiteaux somptueux
entaills dans des blocs, dbris mort-ns d'une magnificence
subitement teinte. Au-dessus du petit port de Campo de la Mer, perche
sur la montagne le second village de San Pietro in Campo; toujours le
nid d'aigle, le village d'en haut refuge coutumier du village d'en
bas.

 travers tout le reste de l'le, o l'on peut dire qu'il ne se trouve
pas dix mtres de sol plat, l'on ne rencontre que des chemins
muletiers, des sentiers suspendus au-dessus de ses caps inaccessibles
et de ses golfes aux profondeurs d'abmes, ou franchissant 
grand'peine les crtes dchiquetes de ses sommets, sur lesquels,
ternellement, claque le vent et tournoient les nues.

Le point culminant est le Monte Capanna voisin du Monte Giove, et qui
mesure mille six mtres, selon les gographes anciens, mille dix-neuf
d'aprs les calculs modernes.

La population elboise, qui est aujourd'hui de vingt-cinq mille
habitants, tait de douze mille lorsque le trait de Fontainebleau
donna l'le  Napolon.

  (_ suivre._)                         PAUL GRUYER

[Illustration: Le coucher du soleil sur le Monte Giove.]

Droits de traduction et de reproduction rserves.




  TOME XI, NOUVELLE SRIE,--11e LIV.         N 11--18 Mars 1905.

[Illustration: Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San
Martino.]




L'LE D'ELBE[5]

          [Note 5: _Suite. Voyez pages 97 et 109._

          Les pages dont nous donnons ici la primeur aux lecteurs du
          _Tour du Monde_ sont empruntes au livre encore indit:
          NAPOLON, ROI DE L'LE D'ELBE, que doit prochainement
          publier la librairie Hachette, et qui sera l'histoire
          complte et singulirement vivante, reconstitue sur place
          par l'auteur, de cette priode si peu connue de la vie
          impriale.]

PAR M. PAUL GRUYER.

_Illustrations d'aprs les photographies de l'auteur._

     III. -- Napolon, roi de l'le d'Elbe. -- Installation aux
     Mulini. -- L'Empereur  la gorge de Monserrat. -- San Martino
     Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond aux deux
     colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bains et le miroir de
     la Vrit. -- L'Empereur transporte ses pnates sur le Monte
     Giove. -- Elbe perdue pour la France. -- L'ancien Muse de San
     Martino. Essai de reconstitution par le propritaire actuel. Le
     lit de Mme Mre. -- O il faut chercher  Elbe les vraies
     reliques impriales. Apollon gardant ses troupeaux. ventail et
     bijoux de la princesse Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio.
     Autographes. La robe de la signorina Squarci. -- L'glise de
     l'archiconfrrie du Trs Saint-Sacrement. La Pieta de
     l'Empereur. Les broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle
     de Porto-Ferraio.


[Illustration: L'arrive de Napolon  l'le d'Elbe, d'aprs une
caricature du temps.]

Ce fut le 3 mai 1814,  l'aube du jour, que l'Empereur arriva en vue
de son nouveau royaume. Il y fit le lendemain son entre officielle,
accompagn des deux marchaux Bertrand et Drouot, du commandant des
Polonais, colonel Germanowski, du colonel anglais Sir Campbell et du
feld-marchal Koller, autrichien, ces deux derniers tant prs de lui
commissaires de la Sainte-Alliance. Remise lui fut faite aussitt par
le commandant de Porto-Ferraio, gnral Dalesme, de la citadelle, des
magasins de guerre et de bouche, et de toutes les proprits du
domaine public. Le maire de Porto-Ferraio, Signor Traditi, lui
prsenta les clefs de la ville sur un plat d'argent. L'Empereur se
logea momentanment  l'Htel de Ville, garni en toute hte avec des
meubles prts par les citoyens de bonne volont. Il s'y trouvait
d'autant plus mal qu'tant l, selon le voeu de la municipalit, au
milieu mme de son peuple, il n'y pouvait avoir un moment de
tranquillit, expos  tous les ennuis d'une curiosit, bienveillante
et pleine d'enthousiasme sans doute, mais fort gnante; sa venue dans
cette petite le, choisie par lui comme lieu de sa retraite, avait t
pour les Elbois un vrai coup de foudre, un blouissement d'orgueil, un
dlire de joie, et chacun prtendait dvorer son morceau d'Empereur.
Il ordonna donc d'abattre un amas de vieilles bicoques, qui
encombraient le plateau suprieur de la colline de Porto-Ferraio, et
de dgager ainsi deux pavillons occups par le gnie et par
l'artillerie de la forteresse, qui, runis ensemble par un btiment
central, formeraient au-dessus de la ville les nouvelles Tuileries.
C'est le palais actuel des Mulini ou des Moulins, que l'on appela
ainsi en souvenir des moulins  vent qui occupaient le plateau et que
l'on dmolit alors. C'est la maison que nous avons visite tout 
l'heure.

Ds qu'il y fut install, les lois de l'tiquette furent remises en
vigueur, et le Roi, que l'on s'obstina  appeler l'Empereur, ne
reut plus que sur audiences. Madame Mre toujours vivante et toujours
Corse, n'avait pas tard  rejoindre son fils dans son exil; puis ce
fut l'arrive de la princesse Pauline. La Cour fut constitue des
lments les plus htroclites et les plus divers. Bertrand fut nomm
ministre des Affaires civiles, Drouot, gouverneur de l'le, et charg
des Affaires militaires; le trsorier Peyrusse continua le maniement
matriel des Finances, dont l'Empereur prit la direction, et quatre
chambellans furent choisis parmi les plus notables Elbois. Deux
anciens fourriers des Tuileries se virent levs au grade de prfets
du Palais et l'ancien mdecin des chevaux aux Tuileries devint
mdecin en chef de l'Empereur. Il y eut pour tout le monde un flot de
broderies et de galons d'or; chacun,  Porto-Ferraio, eut le bonheur
d'tre fonctionnaire et de pouvoir se pavaner dans les rues, chamarr
de la tte aux pieds.

Porto-Ferraio fut galement dot d'un thtre. Ce thtre fut install
dans l'ancienne glise Saint-Franois, et l'Empereur, qui ne se
souciait pas d'en payer les frais de construction, le mit en actions;
les plus riches familles de la ville achetrent les loges, qui furent
jalousement disputes, et dont les acqureurs devinrent propritaires
 vie. Les membres de la Socit prirent, en outre, le nom
d'acadmiciens avec cette devise: _A noi la sorte!_  nous la faveur
du sort! La loge centrale fut rserve  l'Empereur, que le rideau de
scne reprsenta sous la figure d'Apollon banni du ciel, gardant ses
troupeaux chez Admte et instruisant les bergers.

[Illustration: Le drapeau de Napolon roi de l'le d'Elbe: fond blanc,
bande orang-rouge et trois abeilles jadis dores.]

L'Empereur, entre temps, explorait son le; il s'amusait  en visiter
les sites les plus pittoresques,  escalader ses caps et ses rochers,
tantt  cheval, tantt  pied, un bton de berger  la main. Il
gravit ainsi, par des sentiers de chvre, le pic de Giove qui se
dresse non loin de Volterrajo,  la pointe nord de l'le, et qu'il ne
faut point confondre avec le monte Giove sur le flanc duquel se trouve
le village de Marciana. L'un et l'autre sommets taient, dans les
temps antiques, consacrs au roi des dieux, et le mme nom leur en est
demeur. L'Empereur y remua du pied des dbris pars sur lesquels il
s'assit ensuite, tel Marius sur les ruines de Carthage, en disant:
Mme les monuments prissent! Puis, se laissant aller  toute la
fougue de son imagination ardente, imptueuse et sans bornes, il
traa le dessin d'une demeure solitaire  lever sur ce pic rocheux,
retraite d'une idale beaut, unique, merveilleuse, en laquelle,
semblable aux dieux de la Fable, il planerait dans le ciel au-dessus
de la terre des hommes. Mais bientt il laissa retomber ses bras en
secouant la tte, car il aurait fallu, pour rendre rel un pareil
rve, des millions qu'il ne possdait plus maintenant.

Un autre jour, par une aprs-midi radieuse, il se rendit galement 
cette gorge de Monserrat, o nous avons nous-mme err tout  l'heure.
Il tait accompagn seulement de Bertrand et de Pons de l'Hrault,
alors directeur des mines, qui nous a racont toute l'excursion dans
son amusant et prcis dtail. On peut la refaire aujourd'hui, livre en
main, en retrouvant presque tous les cailloux de la route.

Nous prenons, dit Pons, en quittant la route de Porto-Ferraio, un
sentier troit, bord de hauts cyprs, dans un ravin couvert d'alos
et de figuiers de Barbarie, et au fond duquel coule un ruisseau qui va
se perdre dans la mer  la fontaine de Barberousse.... Le sentier,
les cyprs, les alos et les cactus, la petite fontaine, les voil.

[Illustration: La salle de bains de San Martino a conserv sa
baignoire de pierre.]

[Illustration: La chambre de Napolon  San Martino.]

En suivant le sentier ils arrivrent  l'ermitage. Les ermites,
continue Pons, y ont ramass un peu de terre, plant quelques arbres
et quelques ceps. L'glise est simple et pauvre, mais bien tenue; la
cellule de l'ermite, maisonnette assez commode, est situe sur une
petite terrasse couverte de treillages. C'est bien cela toujours: les
treillages, les pampres, la maisonnette blanche. Cependant l'Empereur
tait parvenu jusqu'au seuil de la petite chapelle; il s'y arrta
avant d'entrer, et se retournant comme nous le faisons encore
aujourd'hui vers le paysage enchanteur,  la fois grandiose et doux,
si loin des amertumes de la vie, il se sentit pntrer par le charme
intense et rare qui s'en dgageait (chose trange que ces identits de
vibrations de l'me humaine!) et demeura quelques instants, sans rien
dire. Puis il entra dans l'glise. Elle tait tout illumine. Il
s'agenouilla un instant et il donna  l'ermite. Aprs quoi on dballa
un panier de provisions, apport de Porto-Longone, et auquel chacun
fit brche. L'Empereur,  la suite du djeuner, fatigu par la
chaleur, s'assoupit sur sa chaise. Lorsqu'il se fut rveill, on se
remit en route: il tait gai comme tout le monde, et ces moments
furent vraiment des moments heureux.

Le palais des Mulini n'tait pas encore achev que l'Empereur avait
dsir une autre maison, un peu plus distante des rumeurs de la ville
et dans le calme plus reposant de la campagne. La saison chaude, en
outre, tait venue, et il fallait songer  prendre ses prcautions
contre une temprature excessive dj sous cette latitude. L'Empereur
se fit construire la rsidence de San Martino.

L'on s'y rend aujourd'hui par la route de Marciana;  quatre
kilomtres environ de Porto-Ferraio, un chemin bifurque et s'engage
dans un vallon dont le fond est, comme  Monserrat, ferm en
amphithtre par une colline escarpe plante de vignes  sa base et,
plus haut, de touffes de chnes et de maquis. On s'lve peu  peu,
jusqu' mi-cte de la montagne, et, de l, en se retournant, on
aperoit se dvelopper Porto-Ferraio et sa colline, sa citadelle et le
cercle de sa rade, en un tableau qui semble agenc tout exprs pour le
plaisir des yeux. Le site n'a pas le charme virgilien de celui de
Monserrat, mais il est beau diffremment, et par sa proximit de la
capitale il tait tout indiqu pour y btir le Saint-Cloud imprial,
ainsi que les grenadiers de la Garde ne manqurent pas d'appeler
aussitt le nouveau palais.

La maison est toujours l. Elle rappelle par son aspect un de ces
humbles rduits  la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles,
asile de Philmon et de Baucis, comme nous en montrent les estampes de
la fin du XVIIIe sicle. Quatre murs blancs, un toit de tuiles, un
rez-de-chausse avec une porte troite, et un premier. Par derrire,
et par suite de la dclivit du terrain, il n'y a plus qu'un
rez-de-chausse, qui est le premier de la faade. Tout alentour, de
grands arbres, micocouliers, chnes verts, magnolias aux feuilles
lisses et aux fleurs charnues, et, dans le jardin, de petites alles
ombreuses avec des charmilles de buis et des bordures de pervenches.

Nous entrons. Voici d'abord la salle des Pyramides. Elle est en
proportion de la demeure et ne mesure gure plus de huit mtres de
long sur autant de large, avec un plafond bas. Au centre, afin de lui
donner la couleur locale ncessaire, un bassin et un jet d'eau,  sec
l'un et l'autre. Au plafond, les signes du Zodiaque, et, sur les murs,
des colonnes gyptiennes s'entremlant de minarets, de palmiers et de
charges de mameluks, en souvenir des victoires de la premire heure.
C'est, en dpit des assertions du _Mmorial de Sainte-Hlne_ qui
affirme avec audace que les plus grands artistes vinrent  Elbe se
disputer l'honneur d'embellir les logis impriaux, de la peinture qui
rappelle un peu celle des enseignes de village, de cette peinture en
trompe-l'oeil, semblable  un dcor de thtre, dont les Italiens
aiment  orner leurs maisons et o ils sont, du reste, assez habiles.
Toute une poque, cependant, revit l soudain, et, comme dans la
grande salle des Mulini, l'abandon mme des choses leur a conserv
leur singulire et vivante ralit. La chemine, faite d'une table de
marbre supporte par deux fines colonnettes, est jolie. Entre les fts
de deux des grosses colonnes peintes, qui dcorent les murs, on lit
trois mots qui semblent ngligemment jets l, comme une inscription
de pote ou d'amoureux sur un tronc d'arbre ou sur un rocher:
_Ubicunque felix Napoleon._ Napolon est partout heureux. L'Empereur
a voulu proclamer ainsi qu'il tait satisfait dans son le et qu'il ne
songeait point  en sortir jamais.

C'est ensuite le salon. Au plafond, voletant dans un ciel d'azur, deux
colombes sont enlaces par un ruban dont le noeud se resserre 
mesure qu'elles semblent s'loigner l'une de l'autre. Les deux
colombes reprsentent Marie-Louise et l'Empereur. La tradition raconte
que c'est l'Empereur lui-mme qui indiqua ce sujet au peintre, qui a
voulu qu' son arrive, imminente d'un jour  l'autre, sa femme, en
voyant cet amoureux symbole, connaisse bien qu'elle n'a pas t
oublie. Marie-Louise n'est jamais venue, mais les colombes et leur
ruban bleu volettent toujours.

[Illustration: La cour de Napolon  l'le d'Elbe, d'aprs une
caricature du temps.]

L'on traverse ensuite des pices vides, dont le plancher plie sous les
pas; dans l'une d'elles, il y a un lit en acajou, de style bateau,
avec des cuivres dors, ainsi qu'un fauteuil  bascule, et un petit
meuble bomb, qui porte un service  caf en porcelaine. C'est la
chambre de l'Empereur; elle occupe l'angle de gauche de la maison. Ce
lit, que le portier affirme naturellement tre celui de l'Empereur,
serait en ralit, d'aprs les traditions que se sont transmises les
propritaires successifs de San Martino, celui du grand-marchal
Bertrand.

Les deux tages de San Martino communiquent intrieurement entre eux
par un petit escalier raide et troit comme une chelle de moulin, et
o l'Empereur, dj obse, avait, semble-t-il, tout juste la place de
passer. Il est probable, d'ailleurs, qu'il en faisait peu d'usage, le
premier tage qu'il habitait tant par derrire, comme nous l'avons
dit, de plain pied avec le jardin; le rez-de-chausse tait rserv au
personnel de la maison et  la cuisine. L'Empereur n'avait l que sa
salle de bain, o il descendait chaque matin. Elle a conserv sa
baignoire de pierre, et, sur le mur rong d'humidit, une vague
fresque peinte, effrite comme une mosaque de Pompi, reprsente une
femme nue couche, qui tient  la main un miroir, le miroir de la
Vrit, comme nous l'apprend une nouvelle inscription: _Qui odit
veritatem, odit lucem._ Qui hait la vrit hait la lumire. La
mlancolique naade a survcu dans son geste immobile et gracieux vers
l'imprial baigneur qui, s'il aimait  savoir la vrit, n'aimait
gure, par contre,  la dire.

[Illustration: Une femme du village de Marciana Alta.]

La chaleur augmentait de plus en plus  Porto-Ferraio, et l'Empereur,
qui en souffrait physiquement, s'impatientait. Ds qu'il avait trouv
trois pices habitables  San Martino, il s'y tait transport avec un
lit de fer, mais il ne tarda pas  s'apercevoir que, l aussi, il
touffait. Dans ce cercle de montagnes, la rverbration du soleil
tait extrme et l'air ne circulait pas. L'ombre surtout manquait; les
arbres qu'il faisait planter et dont les luxuriantes frondaisons se
sont, depuis, panouies si belles, taient encore  l'tat de
squelette et schaient sur pied. Il fut reconnu que San Martino serait
une excellente rsidence de printemps ou d'automne, mais qu'il
fallait, pour l't, chercher encore un autre gte.

C'est alors que l'Empereur songea  Marciana et au Monte Giove. L
aussi, sur ce fate sublime dominant l'immensit, et o il avait, en
arrivant parmi les chtaigniers sculaires, tressailli une fois de
plus en face de l'incomparable spectacle de la nature qui s'offrait 
lui, il aurait rv peut-tre le palais merveilleux que son
imagination avait bti sur les cimes de Volterrajo, mais ce rve
n'tait pas ici plus ralisable pour le roitelet de l'le d'Elbe.

Il se contenta donc de beaucoup moins et fit simplement dresser, 
ct de l'ermitage de la Madone, sa tente de campagne, o, comme les
rois de l'antiquit, dit Pons, il leva sous la toile son trne
voyageur. Il dcida en outre que la Cour (c'est--dire Madame Mre
avec ses dames de compagnie, son valet de chambre et son cuisinier,
plus un matre de piano et un violoniste, un bon chanteur et une
bonne chanteuse pour se distraire le soir) s'installerait de son
mieux au village abrupt de Marciana Alta. Cette installation, si peu
considrable qu'elle ft, tait encore malaise en ce nid de vautour,
et l'Empereur dut,  l'instar aussi de ces rois antiques, s'occuper
lui-mme de tous les dtails du mnage. Monsieur le comte Bertrand,
crivait-il de la Madone, le 23 aot, au grand-marchal du palais
rest  Porto-Ferraio, il me manque deux volets pour les fentres de
ma chambre  coucher; la troisime fentre en a. Tchez de me les
envoyer demain. Envoyez-moi galement deux lanternes pour mettre  la
porte de ma tente, et un fanal. J'ai apport ici mes trois lits de
fer; j'ordonne qu'on en mette un  Marciana pour Madame Mre; elle
sera bien dans la maison de l'adjoint et pourra venir jeudi. Elle aura
une chambre pour elle, et trois pour son personnel. Il y a dans cette
maison tous les gros meubles ncessaires; je lui ferai ajouter une
commode. Je crois qu'il y a assez d'objets de cuisine. Il y a aussi
assez de bougie et de lumire. Envoyez trois rideaux pour sa chambre;
les tringles y sont. Envoyez-nous aussi des feux, pincettes, pelles,
etc. Je crois que c'est avec raison qu'on dit qu'il faut faire ici du
feu le soir.

L'Empereur demeura prs d'une quinzaine  Marciana. L'attrait
fascinateur du Monte Giove le retenait sans doute, et ce sauvage
village de Marciana devait exercer la mme attirance sur Madame Mre.
C'tait la Corse, en effet, que l'un et l'autre ils avaient retrouve
L.

[Illustration: Le plafond de San Martino et les deux colombes
symboliques reprsentant Napolon et Marie-Louise.]

C'taient ses mmes maisons farouches, c'taient l'enivrement de son
air libre et de ses purs sommets et ces mmes senteurs du maquis qui
leur faisaient revivre  tous deux le pass lointain. De tout l haut
o il s'asseyait, les pieds dans la bruyre, son fusil de chasse entre
les jambes, non seulement il le respirait, ce parfum qui, comme il l'a
dit  Sainte-Hlne, lui aurait fait reconnatre la Corse les yeux
ferms, mais il la voyait elle-mme, comme nous l'avons vue, se
dessiner sur l'horizon dans le flamboiement du soleil couchant. Quelle
motion, secrte et relle, celle-l, devait le saisir et lui
treindre la gorge,  l'aspect de sa terre natale apparaissant ainsi
sur la mer, au dclin du jour, et en face de laquelle il se
retrouvait,  son dclin lui-mme! Elbe et la Corse c'taient les deux
extrmits de sa gloire. L, elle n'tait pas ne encore, ici elle
commenait  mourir. Sa vie tout entire tenait entre ces deux
sommets, celui o il tait assis, celui qu'il apercevait l-bas. Quant
 l'avenir, que serait-il?

L'avenir fut, on le sait, ce qu'il devait tre fatalement, l'audacieux
et soudain dpart sur le brick l'_Inconstant_, le 26 fvrier 1815,
avec une arme de huit  neuf cents hommes, et la reconqute
momentane du trne de France. Napolon, roi de l'le d'Elbe, avait
rgn dix mois exactement. Le 30 juillet 1815, un peu plus d'un mois
aprs Waterloo, le grand-duc de Toscane ayant envoy une flottille 
Porto-Ferraio, elle y dbarqua sans obstacle.

Le 2 septembre, la souverainet de Ferdinand III fut officiellement
reconnue, et Elbe fit ainsi retour  la Toscane, c'est--dire 
l'Italie dont elle a depuis fait partie.

[Illustration: San Martino rappelle par son aspect une de ces
maisonnettes  la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page
123).]

Tout en tant aujourd'hui loyaux sujets de la monarchie de Savoie, les
Elbois aiment toujours la France et accueillent avec sympathie toute
dmarche amie de sa part. Ils fraternisent surtout avec les Corses,
leurs voisins dans les flots; Porto-Ferraio et Bastia choquent
volontiers leurs verres en de cordiaux banquets.

Mais, par-dessus tout, ils aiment  glorifier, chaque anne, le
souvenir de leur ancien Empereur par la crmonie funbre du 5 mai
(date de la mort  Sainte-Hlne), dont nous avons parl au dbut de
ce livre. L, les passions politiques, que ce mort soulve encore chez
nous, n'existent pas  son gard; on le respecte, simplement parce
qu'il fut grand, et que s'lever au-dessus des hommes est chose plus
ardue que de critiquer et juger ceux qui ont su y parvenir. On
l'honore aussi par reconnaissance durable pour le bien qu'il a fait en
passant  son petit royaume, pour la place qu'il a donne dans
l'histoire  ce coin de terre, dont nul, sans lui, ne connatrait
aujourd'hui le nom.

[Illustration: Rideau du thtre de Porto-Ferraio reprsentant
Napolon sous la figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admte.]

En quittant l'le d'Elbe, l'Empereur avait lgu  Porto-Ferraio sa
maison des Mulini, son portrait en pied plac dans la salle
principale de la maison commune, et sa bibliothque; mais le grand-duc
de Toscane mit bientt la main sur toutes les proprits impriales.
Il fit vendre les meubles, dont une partie se dispersa  l'tranger,
dont une autre fut achete dans l'le par les habitants, qui s'en
servirent pour leur usage personnel, et chez lesquels on en retrouve
a et l des dbris.

[Illustration: La salle gyptienne de San Martino est demeure intacte
avec ses peintures murales et son bassin  sec.]

L'Htel de Ville conserve galement, comme nous l'avons dit, le
drapeau du souverain de l'le d'Elbe, quelques chaises du mobilier de
l'poque, branlantes et dfonces, aujourd'hui relgues dans les
greniers, et, au rez-de-chausse, ceux des livres de la bibliothque
de l'Empereur que le grand-duc de Toscane n'avait pas vendus ou
emports.

En 1851, le prince Anatole Demidoff, qui s'tait alli aux Bonaparte
en pousant une fille de Jrme, acquit San Martino et entreprit d'y
tablir un muse napolonien, o il runirait tous les objets qu'il
pourrait retrouver  Elbe, augments d'une collection personnelle fort
riche se rapportant  diverses poques de la vie impriale. Afin,
toutefois, de ne pas dfigurer la petite maison qui avait abrit le
grand Empereur, il profita de la dclivit du terrain pour faire
construire en dessous d'elle, et lui formant en quelque sorte comme un
pidestal avec son toit en terrasse et ses colonnes, une sorte
d'difice de 63 mtres de faade,  l'imposante architecture, et
portant  ses angles des aigles aux ailes ployes. Ce fut lui aussi
qui fit placer dans le jardin des Mulini,  Porto-Ferraio, les
cussons de marbre blanc et les bas-reliefs que l'on y voit dans les
parterres; ce fut lui qui fit don  l'glise de la Misricorde du
cercueil d'bne et du masque de bronze de l'Empereur, qui institua la
crmonie funbre du 5 mai, et qui lgua les fonds ncessaires pour la
distribution d'aumnes qui l'accompagne. Mais aprs sa mort, son neveu
et hritier, Paul Demidoff, envoya vendre  Florence,  vil prix,  la
crie publique, tout ce que renfermait ce coteux et prcieux muse.
San Martino fut lui-mme cd  un nomm Giuliani; il n'y restait
qu'un lit, c'est ce lit que nous avons vu dans la chambre de
l'Empereur et le fauteuil  bascule que l'on y voit galement.

[Illustration: Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit
de Napolon aux Mulini, dont on a fait le trne piscopal de l'vque
d'Ajaccio.]

San Martino a t revendu, depuis,  un richissime propritaire de
l'le d'Elbe, Signor del Buono, qui expulsa de la maison un certain
nombre d'objets htroclites qui s'y taient introduits, et la rendit
 son aspect primitif. Il a mme entrepris, depuis peu, de
reconstituer dans la grande galerie Demidoff un muse napolonien. Il
y a fait rentrer tout d'abord le superbe lit d'acajou,  ornements
dors, de Madame Mre, qui se l'tait fait expdier de Paris 
Porto-Ferraio, puis aprs le dpart de l'Empereur, l'avait envoy 
Lucques, o il servit probablement  la princesse Pauline, et o
signor del Buono l'a retrouv et rachet. Il a galement rachet  une
famille de Porto-Ferraio le guridon et le service  caf en
porcelaine, qui sont aujourd'hui dans la chambre de l'Empereur et qui
proviendraient des Mulini.

C'est en effet dans les familles qu'il convient de rechercher  l'le
d'Elbe ce qui a pu y demeurer de souvenirs impriaux. J'ai russi,
pour ma part,  en retrouver un certain nombre dont l'authenticit
n'est pas douteuse. La signora Traditi, petite-fille du maire Traditi
qui reut l'Empereur  l'le d'Elbe et y fut un de ses chambellans,
conserve toujours et m'a montr les clefs de la ville, que son
grand-pre prsenta au nouveau souverain, sur un plat d'argent, le
jour de son dbarquement. Elle possde galement quelques meubles
provenant du palais imprial, une miniature de l'Empereur, en habit
vert de chasseur de la garde, et un bel ventail en ivoire sculpt,
avec des peintures de style chinois, que lui adressa de Rome la
princesse Pauline, aprs son dpart de l'le d'Elbe, en mme temps
qu'un collier de perles avec un came, des boucles d'oreilles et deux
bagues. La lettre d'envoi de Pauline accompagnant ces souvenirs  la
bonne Madame Traditi y est jointe. Elle m'a montr galement la
lettre que le grand-marchal Bertrand crivit de Paris, le 24 mars, au
maire Traditi, pour lui annoncer les derniers vnements qui avaient
eu lieu en France, le retour de Sa Majest aux Tuileries, et lui faire
part du don que l'Empereur faisait  la ville de Porto-Ferraio de son
portrait en pied plac dans la salle de la Maison commune (ce portrait
a disparu et a t remplac par celui qui s'y trouve actuellement et
qui a t donn par le prince Demidoff).

Le signor Squarci, dont le grand-oncle tait, en 1814, mdecin 
l'hpital de Porto-Ferraio, possde l'original d'un ordre de
l'Empereur commandant au comte Drouot de former une nouvelle compagnie
de canonniers pris dans les chevau-lgers polonais, les mamelucks et
les chasseurs. L'ordre est du 2 juillet et sign de l'Empereur; il
porte, en annotation: Ce 4 juillet, fait le rapport demand. Le
signor Squarci a dans sa cave deux ou trois douzaines de bouteilles
vides de la cave impriale, et sa fille se plat encore  revtir la
robe de satin blanc que son aeule portait aux ftes des Mulini.
Signor Bigeschi, aujourd'hui syndic de Porto-Ferraio, et dont
l'arrire-grand-pre fut membre de la junte gouvernementale de l'le
d'Elbe institue par l'Empereur lorsqu'il partit, garde dans ses
papiers le passeport donn par le pape  Madame Mre, se rendant 
l'le d'Elbe avec sa suite sous le nom de Madame De Pont.

[Illustration: La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que
son aeule portait  la cour des Mulini.]

Grce  la cristallisation de la vie dans cette petite le, toutes ces
pices, tous ces objets ne sont jamais sortis des familles qui les
dtiennent. Ce sont eux (nous allons encore en retrouver d'autres) qui
pourraient reformer ce nouveau muse de San Martino et ramener  Elbe
les visiteurs trangers; c'est l que Signor del Buono doit puiser. Le
rideau du thtre, qui reprsente le roi de l'le d'Elbe sous la
figure d'Apollon et qui rsiste, depuis un sicle, au service de
toutes les troupes de passage, mais s'raille chaque jour de plus en
plus, est pareillement une pice historique, dont le transport
s'impose dans la vaste galerie Demidoff.

Avant mon dpart de Porto-Ferraio, l'excellent abb Soldani, que je
trouvais chaque jour prt  se mettre  mon service et qui avait voulu
m'inscrire membre d'honneur de la Confrrie des Pnitents Blancs, sans
obligation toutefois de rentrer  Paris avec une cagoule, avait
galement tenu  m'emmener avec lui, un matin, dans l'glise de
l'Insigne Archiconfrrie du Trs-Saint-Sacrement, dont il tait
prtre, et  m'en ouvrir la sacristie aux armoires luisantes, aux murs
silencieux imprgns d'encens.

L il me sortit d'abord d'un tiroir un cadre ovale, en bois dor, de
moyenne grandeur, et qui contenait une _Pieta_, c'est--dire la
Vierge-Mre tenant sur ses genoux le cadavre de son Fils descendu de
la croix. Ce tableau tait suspendu  San Martino, en guise de
crucifix,  la tte du lit de l'Empereur, et c'est devant lui qu'il ne
manquait jamais, soir et matin, de s'agenouiller, dans cette vague
croyance qu'une prire profonde  ce Dieu, dont il lui semblait se
rapprocher plus qu'un autre, pouvait faire flchir peut-tre en sa
faveur les arrts du destin. Et pourtant sa mre  lui, qu'en priant
devant ce tableau il enveloppait dans la mme superstitieuse
adoration, ne devait seulement pas, comme celle du Christ, le tenir
mort sur son giron! Cette relique tait venue ici directement,
dcroche du mur de San Martino, lors de la vente gnrale faite dans
l'le par le grand-duc de Toscane aprs Waterloo, et c'tait un zl
confrre qui l'avait achete de ses deniers, pour l'offrir  son
glise o l'Empereur tait venu, le 29 mai 1814, entendre la messe de
San Christino.

Puis l'abb Soldani tira d'une des armoires un paquet d'toffes
soupoudres de camphre et soigneusement enveloppes. C'taient de
riches broderies de soie, ornes de guirlandes de fleurs en toffe
rapporte, aux couleurs chatoyantes et un peu jaunies, qui avaient
pris cette infinie douceur des vieilles choses. Elles devaient
provenir de la razzia de Piombino et servaient de couvre-pieds, de
rideaux et de baldaquin au lit imprial, dans la chambre des Mulini.
Ces broderies avaient t acquises  la mme vente publique, et
l'toffe du couvre-pieds taille, puis recousue sans que l'on toucht
au dessin, de faon  pouvoir en recouvrir le trne piscopal de
l'vque d'Ajaccio, lorsqu'il venait officier  Elbe.

Aprs quoi l'abb m'avait demand la permission de me conduire  son
pre qui, disait-il dans son amusant jargon franais, meilleur encore
que mon italien, tait aveugle, et dsirait me voir. Je le suivis.

[Illustration: ventail de Pauline Borghse, en ivoire sculpt, envoy
en souvenir d'elle  la signora Traditi, femme du maire de
Porto-Ferraio.]

Au premier tage d'une maison  l'escalier de pierre et dont les
fentres troites donnaient sur l'admirable baie aux flots bleus et
aux tartanes vertes o je devais me rembarquer le lendemain, dans une
grande pice nue et carrele, il y avait en effet un vieil aveugle. Il
tait assis sur un canap de style Empire, en acajou paill, et dans
les rosaces duquel des cygnes sculpts enchssaient des lyres. Encore
un dbris contemporain du pass, et rfugi l.

_Signor mon padre_, monsieur mon pre, me dit l'abb.

Le vieux bonhomme n'avait pas paru nous avoir entendus, car il tait
galement  peu prs sourd. Envelopp dans un manteau jet sur ses
paules et dont les manches pendaient, il chauffait ses mains osseuses
 un petit pot de terre jaune, o quelques braises allumes se
consumaient sous la cendre, et que recouvrait un grillage de fil de
fer, afin qu'il ne s'y brlt pas. Cette sorte de brasero, tout
primitif, tait pos devant lui, sur un escabeau, et il l'enserrait de
ses jambes glaces par l'ge. Ses yeux blancs, levs, regardaient le
plafond, le ciel sans doute, car pour l'aveugle, il n'y a rien entre
soi et sa pense.

L'abb lui toucha l'paule, et lui dit trs fort, dans l'oreille: _Le
Signor francese!_

Alors je le vis se lever lentement (c'tait rapidement pour sa
faiblesse) et ses bras se remuer vers moi dans le vide. J'allai vers
lui, je lui pris la main, et il demanda: Est-ce lui? Sur la rponse
affirmative qui lui fut faite, il m'enserra tout  coup d'une vive
treinte, et je l'entendis qui se rptait en lui-mme: Franais!
L'Empereur! Mon pre! Waterloo! Puis il se mit  parler avec
volubilit:

[Illustration: Le lit de Mme mre qu'elle s'tait fait envoyer de
Paris  l'le d'Elbe.]

Je suis le fils, Monsieur, d'un soldat de Waterloo. Napolon! mon
pre l'a connu quand il tait roi de l'le d'Elbe. Vive ternellement
Napolon! Je suis fier parce que mon pre l'a connu! Il tait sergent
de sa garde-mobile et il l'accompagnait partout. L'Empereur l'aimait
bien, et souvent il lui causait; il causait de mme  tous, sans
orgueil. Mon pre venait de se marier, et l'Empereur lui avait promis,
quand mon pre aurait un fils, de le tenir dans l'glise pour le
baptme. Mais je devais natre seulement plus tard, quand l'Empereur
n'tait plus l. Il tait parti un jour, tout  coup, et mon pre
s'tait embarqu avec lui sur son bateau. Mon pre disait: Je
l'aurais suivi jusqu'au bout de la terre, et ici tous les autres comme
moi, parce qu'il tait le grand Empereur! Il l'a suivi jusqu'
Waterloo. Puis, aprs, il est revenu ici. Il a fallu qu'il revienne 
pied, depuis l-bas, jusqu' Piombino, sans ressources,  travers
toute l'Allemagne, les Alpes et l'Italie. Cela fait plus de 400
lieues! Il me racontait cela quand j'tais petit, comment l'Empereur
tait habill, ce qu'il disait, puis comment il a t vaincu.
Maintenant, l'Empereur est mort, mon pre aussi, et je suis vieux 
mon tour, et j'ai oubli beaucoup de ces choses. Mais si l'Empereur
revenait, je partirais avec lui, comme a fait mon pre. Vive
l'Empereur!

Le vieil aveugle s'tait, en parlant, transfigur; son enfance
semblait remonter en lui et tout le brouillard des souvenirs de
l'impriale pope, qu'en le faisant sauter sur ses genoux, lui avait
conte son pre, revenu  pied de Waterloo, tout balafr par la
mitraille de Wellington et tout noirci par la fume des canons du mont
Saint-Jean.

Et c'tait pour moi, je l'avoue, un des plus curieux sentiments qu'il
ft possible d'prouver que de me voir ml l soudain  cette page
d'histoire, si connue par les livres, dj si lointaine de nous en
ide, de me trouver en face d'elle encore vivante, de la toucher du
doigt en quelque sorte. Je me retrouvais, avec ce vieux qui s'en
illuminait tout entier, devant cette mme fascination lgendaire que
l'homme au petit chapeau exerait sur tous ceux qui l'approchaient, et
qui lui ralliait tous les coeurs, en dpit d'eux. Et je comprenais par
cet exemple comment les hommes et les peuples se grisent de gloire et
de paroles, et, se livrant  ceux qui savent les prendre, se
prcipitent  leur suite, comme moutons  l'abattoir, vers la folle
tuerie des batailles. Moi-mme, dont toutes les ides cependant
allaient  l'encontre, j'en tais remu malgr moi.

[Illustration: Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo,
chauffait,  un petit brasero de terre jaune, ses mains osseuses.]

Le vieil aveugle s'tait rassis, comme puis; des larmes roulaient
dans ses yeux morts. Je m'tais rapproch de lui, et j'aurais voulu
qu'il parlt davantage, lui faire prciser quelqu'une de ses
ressouvenances. L'abb lui transmit mon dsir, et alors il se mit 
rire:

C'tait un malin l'Empereur! et il n'tait pas facile de le tromper.
Il y avait dans une rue proche de la ntre, je me souviens, car mon
pre me l'a racont bien souvent, une petite vieille nomme Battini.
Elle habitait une chambre au rez-de-chausse, o elle travaillait
toute la journe avec son mtier  tisser. On la voyait sans cesse,
par sa fentre, faire aller et venir le battant de bois et les fils.
L'Empereur, quand il passait dans cette rue, ne manquait jamais de la
regarder. Un jour, il s'tait arrt pour lui causer; il tait trs
gnreux l'Empereur, et il avait toujours dans son gilet des pices
d'or pour donner aux pauvres gens. Alors il s'tait avanc avec tous
ses gnraux, et il lui avait dit: Bonne femme, combien gagnez-vous
par jour? La petite vieille (elle se doutait bien de son dessein)
avait voulu se faire plus pauvre qu'elle n'tait, afin d'avoir une
plus grosse aumne. Elle avait pris un air contrit, et lui avait
rpondu: Hlas! Majest, quatre ou cinq sous par jour! Elle mentait,
la Battini! car elle en gagnait bien davantage. Mais l'Empereur savait
le prix des choses! Il frona le sourcil: Si peu que cela, vraiment!
Voil qui prouve que vous ne travaillez gure. Il lui tourna le dos,
et plus jamais il ne l'avait regarde. Elle n'eut rien du tout.
C'tait bien fait. Personne ne pouvait tromper l'Empereur.

Puis le vieux s'agita  nouveau sur son sige et dit quelques mots 
l'abb, qui alla vers un secrtaire plac au fond de la chambre, et en
rapporta un coffret qu'il lui remit.

Il l'ouvrit  ttons et y prit d'abord une clef d'or, puis un flacon
de cristal cisel, et un crin dont il poussa le bouton et qui
contenait une mdaille: Ceci, me dit-il, c'est la mdaille de
Sainte-Hlne. L'Empereur en a lgu une, par testament,  chacun de
ses compagnons de gloire de la bataille de Waterloo. Celle-ci est
celle de mon pre; son nom est grav l,  ct de celui de
l'Empereur. Je ne peux plus le lire parce que je suis aveugle, mais je
le sens toujours avec mes doigts. La clef d'or et le flacon de
cristal, c'est l'Empereur aussi qui les lui a donns, quand il tait
 Elbe, pour qu'il les garde en souvenir de lui. Mon pre les a
toujours gards, et moi aussi; je ne voudrais pas les donner pour un
trsor! Il y avait aussi une lampe de cuivre que ma mre a conserve
pendant bien longtemps. Elle lui servait  mettre sur sa fentre
lorsque l'Empereur rentrait tard en ville, et qu'il faisait nuit.
Quand on entendait s'approcher dans la campagne le galopement des
chevaux, chacun, dans la rue o il devait passer pour rentrer aux
Mulini, ne manquait pas d'en allumer sur sa fentre une semblable,
qu'il tenait toujours prte; car la rue tait trs en pente, et le
sabot des chevaux glissait souvent sur les mauvaises dalles qui la
pavaient; il aurait pu arriver malheur  l'Empereur! La lampe, depuis,
s'est use, et je ne sais pas ce qu'elle est devenue, mais ma mre me
la montrait quand j'tais jeune.

Le vieux se tut. Je lui demandai encore s'il n'avait rien d'autre  me
dire, mais il secoua la tte, et je vis que tout recommenait  se
brouiller dans son cerveau las de la vie. Il avait remis dans leur
bote, aprs les avoir embrasses, les petites reliques qu'il m'avait
confies, et, retenant mes mains qui les lui rendaient, il les porta
aussi  ses lvres et les baisa doucement, passionnment. Puis, avec
cette hyperbole coutumire au langage de l'Italie: Il me charge de
vous dire, me transmit son fils, qu'avoir vu un compatriote de son
Empereur sera la joie de sa vieillesse.

Il tenait toujours ma main serre contre ses lvres et s'tait remis 
pleurer. Une de ses larmes y glissa, brlante. Il semblait ne pas
vouloir me lcher et craindre de laisser s'envoler avec moi ce pass
lointain que j'avais rveill en lui. Presque de force je me dgageai
de son treinte, et il rentra dans la nuit. On le rinstalla sur le
canap d'acajou aux cygnes sculpts, il ramena sur lui son manteau et
reprit entre ses jambes le petit brasero grillag sur lequel
s'allongrent  nouveau ses mains grelottantes. Une dernire fois, en
sortant, je me retournai vers lui; il s'tait remis  fixer le ciel.

Le lendemain je regagnai le continent, sur cette impression enfin
trouve de sentir un peu parler l'me des hommes, comme j'avais,
livres en main, fait parler l'me des choses. Car si ma dfiance avait
plus d'une fois perc  travers l'enthousiasme de mes cicerones
l'influence probable du bon pourboire, il ne pouvait plus y avoir ici
aucun doute sur la sincrit de ce bonhomme pique, qui semblait
descendu d'un cadre de Charlet ou de Raffet, et qui n'attendait rien
de moi que de me baiser les mains.

Et revenu depuis  Paris, repris comme tous par le flot dvorant de
nos vies, je n'ai jamais resong sans tonnement au vieil aveugle
elbois, qui en est toujours demeur au temps de Branger et qui attend
paisiblement la mort en rvant du Grand Empereur alors que pour nous
les disparus d'un an sont dj vieux, ceux de vingt ans, entrs dans
l'histoire, et ceux d'il y a un sicle  peine, presque aussi
lointains que les Csars romains et les Pharaons d'gypte.

                                        PAUL GRUYER.

Mars-avril 1902 et mai 1904.

[Illustration: L'entre du goulet de Porto-Ferraio par o sortit la
flottille impriale, le 26 fvrier 1815.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




TABLE DES GRAVURES ET CARTES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_


  En rickshaw sur la route du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      1

  L'lphant du touriste  Djapour.                                 1

  Petit sanctuaire latral dans l'un des temples djans du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      2

  Pont de cordes sur le Djhilam, prs de Garhi. (Dessin de Massias,
    d'aprs une photographie.)                                       3

  Les Karvas ou plateaux alluviaux forms par les rosions du
    Djhilam. (D'aprs une photographie.)                             4

  Ekkas et Tongas sur la route du Kachmir: vue prise au relais
    de Rampour. (D'aprs une photographie Jadu Kissen,  Delhi.)     5

  Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam  Ouri. (D'aprs une
    photographie.)                                                   6

  Shr-Garhi ou la Maison du Lion, palais du Maharadja  Srinagar.
    (Photographie Bourne et Sheperd,  Calcutta.)                    7

  L'entre du Tchinar-Bagh, ou Bois des Platanes, au-dessus de
    Srinagar; au premier plan une dounga, au fond le sommet du
    Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)          7

  Ruines du temple de Brankoutri. (D'aprs une photographie.)        8

  Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen,
     Delhi.)                                                        9

  Le quai de la Rsidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            10

  La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam  Baramoula.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            11

  Nos tentes  Lahore. (D'aprs une photographie.)                  12

  Dounga ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne
    et Shepherd,  Calcutta.)                                       13

  Vichnou port par Garouda, idole vnre prs du temple de
    Vidja-Broer (hauteur 1m 40.)                                    13

  Enfants de bateliers jouant  cache-cache dans le creux d'un
    vieux platane. (D'aprs une photographie.)                      14

  Batelires du Kachmir dcortiquant du riz, prs d'une range de
    peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd,  Calcutta.)       15

  Campement prs de Palhallan: tentes et doungas. (D'aprs une
    photographie.)                                                  16

  Troisime pont de Srinagar et mosque de Shah Hamadan; au fond,
    le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)    17

  Le temple inond de Pandrethan. (D'aprs une photographie.)       18

  Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  19

  Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthan.
    (D'aprs une photographie.)                                     20

  Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, 
    Delhi.)                                                         21

  Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din,  Vidjabroer. (D'aprs une
    photographie.)                                                  22

  Le temple de Panyech:  gauche, un brahmane;  droite, un
    musulman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                  23

  Temple hindou moderne  Vidjabroer. (D'aprs une photographie.)   24

  Brahmanes en visite au Naga ou source sacre de Valtongou.
    (D'aprs une photographie.)                                     25

  Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosque,
     Houtamourou, prs de Bhavan.                                  25

  Temple ruin,  Khotair. (D'aprs une photographie.)              26

  Naga ou source sacre de Kothair. (D'aprs une photographie.)     27

  Ver-Nag: le bungalow au-dessus de la source. (D'aprs une
    photographie.)                                                  28

  Temple rustique de Voutanar. (D'aprs une photographie.)          29

  Autel du temple de Voutanar et accessoires du culte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  30

  Noce musulmane,  Rozlou: les musiciens et le fianc. (D'aprs
    une photographie.)                                              31

  Sacrifice bhramanique,  Bhavan. (D'aprs une photographie.)      31

  Intrieur de temple de Martand: le repos des coolies employs au
    dblaiement. (D'aprs une photographie.)                        32

  Ruines de Martand: faade postrieure et vue latrale du temple.
    (D'aprs des photographies.)                                    33

  Place du campement sous les platanes,  Bhavan. (D'aprs une
    photographie.)                                                  34

  La Ziarat de Zan-oud-Din,  Eichmakam. (Photographie Bourne et
    Shepherd,  Calcutta.)                                          35

  Naga ou source sacre de Brar, entre Bhavan et Eichmakar.
    (D'aprs une photographie.)                                     36

  Maisons de bois,  Palgam. (Photographie Bourne et Shepherd, 
    Calcutta.)                                                      37

  Palanquin et porteurs.                                            37

  Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche
    miraculeuse. (D'aprs une photographie.)                        38

  Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la valle du Lidar
    au-dessus de Palgam, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          39

  Valle d'Amarnath: vue prise de la grotte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  40

  Pondjtarni et le camp des plerins: au fond, la passe du
    Mahagounas. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                41

  Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et
    Zodji-Pal. (D'aprs une photographie.)                          42

  Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac ecra-Nag.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            43

  Grotte d'Amarnath. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)           43

  Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'aprs une
    photographie.)                                                  44

  Campement de Goudjars  Astan-Marg. (D'aprs une photographie.)   45

  Le bain des plerins  Amarnath. (D'aprs une photographie.)      46

  Plerins d'Amarnath: le Sadhou de Patiala; par derrire, des
    brahmanes, et  droite, des musulmans du Kachmir. (D'aprs une
    photographie.)                                                  47

  Mosque de village au Kachmir. (D'aprs une photographie.)        48

  Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd,
     Calcutta.)                                                    49

  Mendiant musulman. (D'aprs une photographie.)                    49

  Le Brahma Sar et le camp des plerins au pied de l'Haramouk.
    (D'aprs une photographie.)                                     50

  Lac Gangabal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu
    Kissen,  Delhi.)                                               51

  Le Noun-Kol, au pied de l'Haramouk, et le bain des plerins.
    (D'aprs une photographie.)                                     52

  Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs houkas (pipes) et leur
    hangri (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)   53

  Temples ruins  Vangth. (D'aprs une photographie.)             54

  Mla ou foire religieuse  Hazarat-Bal. (En haut, photographie
    par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen,  Delhi.)       55

  La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srinagar. (D'aprs
    une photographie.)                                              56

  Nishat-Bagh et le bord oriental du lac de Srinagar. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          57

  Le canal de Mar  Sridagar. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  58

  La mosque de Shah Hamadan  Srinagar (rive droite). (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          59

  Spcimens de l'art du Kachmir. (D'aprs une photographie.)        60


SOUVENIRS DE LA CTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.


  La barre de Grand-Bassam ncessite un grand dploiement de force
    pour la mise  l'eau d'une pirogue. (D'aprs une photographie.) 61

  Le fminisme  Adoko: un mdecin concurrent de l'auteur.
    (D'aprs une photographie.)                                     61

  Travail et Maternit ou Comment vivent les femmes de
    Petit-Alp. (D'aprs une photographie.)                       62

   Motso: soins maternels. (D'aprs une photographie.)            63

  Installation de notre campement dans une clairire dbroussaille.
    (D'aprs une photographie.)                                     64

  Environs de Grand-Alp: des hangars dans une palmeraie, et une
    douzaine de grands mortiers destins  la prparation de l'huile
    de palme. (D'aprs une photographie.)                           65

  Dans le sentier troit, montant, il faut marcher en file indienne.
    (D'aprs une photographie.)                                     66

  Nous utilisons le ft renvers d'un arbre pour traverser la M.
    (D'aprs une photographie.)                                     67

  La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'aprs une
    photographie.)                                                  68

  Indignes coupant un acajou. (D'aprs une photographie.)          69

  La cte d'Ivoire.--Le pays Atti.                                 70

  Ce fut un sauve-qui-peut gnral quand je braquai sur les
    indignes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lave,
    d'aprs une photographie.)                                      71

  La rue principale de Grand-Alp. (D'aprs une photographie.)     72

  Les Trois Graces de Mop (pays Atti). (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Femme du pays Atti portant son enfant en groupe. (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Une clairire prs de Mop. (D'aprs une photographie.)           74

  La garnison de Mop se porte  notre rencontre. (D'aprs une
    photographie.)                                                  75

  Femme de Mop fabriquant son savon  base d'huile de palme et de
    cendres de peaux de bananes. (D'aprs une photographie.)        76

  Danse excute aux funrailles du prince hritier de Mop.
    (D'aprs une photographie.)                                     77

  Toilette et embaumement du dfunt. (D'aprs une photographie.)    78

  Jeune femme et jeune fille de Mop. (D'aprs une photographie.)   79

  Route, dans la fort tropicale, de Malamalasso  Daboissu.
    (D'aprs une photographie.)                                     80

  Beni Coam, roi de Betti et autres lieux, entour de ses femmes
    et de ses hauts dignitaires. (D'aprs une photographie.)        81

  Chute du Mala-Mala, affluent du Como,  Malamalasso. (D'aprs
    une photographie.)                                              82

  La valle du Como  Malamalasso. (D'aprs une photographie.)     83

  Tam-tam de guerre  Mop. (D'aprs une photographie.)             84

  Piroguiers de la cte d'Ivoire pagayant. (D'aprs une
    photographie.)                                                  85

  Allou, le boy du docteur Lamy. (D'aprs une photographie.)        85

  La fort tropicale  la cte d'Ivoire. (D'aprs une
    photographie.)                                                  86

  Le dbitage des arbres. (D'aprs une photographie.)               87

  Les lianes sur la rive du Como. (D'aprs une photographie.)      88

  Les occupations les plus frquentes au village: discussions et
    farniente Atti. (D'aprs une photographie.)                    89

  Un incendie  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)           90

  La danse indigne est caractrise par des poses et des gestes
    qui rappellent une pantomime. (D'aprs une photographie.)       91

  Une inondation  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)        92

  Un campement sanitaire  Abidjean. (D'aprs une photographie.)    93

  Une rue de Jackville, sur le golfe de Guine. (D'aprs une
    photographie.)                                                  94

  Grand-Bassam: cases dtruites aprs une pidmie de fivre jaune.
    (D'aprs une photographie.)                                     95

  Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplne. (D'aprs une
    photographie.)                                                  96


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_


  L'le d'Elbe se dcoupe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et
    violtre.                                                       97

  Une jeune fille elboise, au regard nergique,  la peau d'une
    blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs.                   97

  Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100).     98

  Porto-Ferraio:  l'entre du port, une vieille tour gnoise,
    trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots.               99

  Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napolon
    pour se rendre  sa maison de campagne de San Martino.         100

  Porto-Ferraio: la porte de mer, o aborda Napolon.              101

  La teste de Napolon (page 100).                               102

  Porto-Ferraio s'chelonne avec ses toits plats et ses faades
    scintillantes de clart (page 99).                             103

  Porto-Ferraio: les remparts dcoupent sur le ciel d'un bleu
    sombre leur profil anguleux (page 99).                         103

  La faade extrieure du Palais des Mulini o habitait Napolon
     Porto-Ferraio (page 101).                                    104

  Le jardin imprial et la terrasse de la maison des Mulini
    (page 102).                                                    105

  La Via Napoleone, qui monte au Palais des Mulini.              106

  La salle du conseil  Porto-Ferraio, avec le portrait de la
    dernire grande-duchesse de Toscane et celui de Napolon,
    d'aprs le tableau de Grard.                                  107

  La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonne, avec ses
    volets clos et les peintures dcoratives qu'y fit faire
    l'empereur (page 101).                                         107

  Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protge du
    soleil.                                                        108

  Les mille mtres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte
    Giove, dvalent dans les flots de toute leur hauteur.          109

  Un enfant elbois.                                                109

  Marciana Alta et ses ruelles troites.                           110

  Marciana Marina avec ses maisons ranges autour du rivage et
    ses embarcations tires sur la grve.                          111

  Les chtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte
    Giove.                                                         112

  ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nues
    (page 111).                                                    113

  La Seda di Napoleone sur le Monte Giove o l'empereur
    s'asseyait pour dcouvrir la Corse.                            114

  La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithtre de
    rochers est entoure de sveltes cyprs (page 117).             115

  Voici Rio Montagne dont les maisons rgulires et cubiques ont
    l'air de dominos empils... (page 118).                        115

  J'aperois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nues.  116

  Une des trois chambres de l'ermitage.                            117

  L'ermitage du Marciana o l'empereur reut la visite de la
    comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814.                        117

  Le petit port de Porto-Longone domin par la vieille citadelle
    espagnole (page 117).                                          118

  La maison de Madame Mre  Marciana Alta.--Bastia, signor!--La
    chapelle de la Madone sur le Monte Giove.                      119

  Le coucher du soleil sur le Monte Giove.                         120

  Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino.       121

  L'arrive de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        121

  Le drapeau de Napolon roi de l'le d'Elbe: fond blanc, bande
    orang-rouge et trois abeilles jadis dores.                   122

  La salle de bains de San Martino a conserv sa baignoire de
    pierre.                                                        123

  La chambre de Napolon  San Martino.                            123

  La cour de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        124

  Une femme du village de Marciana Alta.                           125

  Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques
    reprsentant Napolon et Marie-Louise.                         126

  San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes 
    la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page 123).    126

  Rideau du thtre de Porto-Ferraio reprsentant Napolon sous la
    figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admte.            127

  La salle gyptienne de San Martino est demeure intacte avec ses
    peintures murales et son bassin  sec.                         127

  Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napolon
    aux Mulini, dont on a fait le trne piscopal de l'vque
    d'Ajaccio.                                                     128

  La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aeule
    portait  la cour des Mulini.                                  129

  ventail de Pauline Borghse, en ivoire sculpt, envoy en
    souvenir d'elle  la signora Traditi, femme du maire de
    Porto-Ferraio.                                                 130

  Le lit de Madame Mre, qu'elle s'tait fait envoyer de Paris 
    l'le d'Elbe.                                                  130

  Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo,
    chauffait,  un petit brasero de terre jaune, ses mains
    osseuses.                                                      131

  L'entre du goulet de Porto-Ferraio par o sortit la flottille
    impriale, le 26 fvrier 1815.                                 132



D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes_.


  Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du
    Ksar-el-Benat (page 142). (D'aprs une photographie.)          133

  Le canal de Sleucie est, par endroits, un tunnel (page 140).    133

  Vers le coude de l'Euphrate: la pense de relever les traces de
    vie antique a dict l'itinraire.                              134

  L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que
    l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137).                  135

  Les rues d'Antioche sont troites et tortueuses; parfois, au
    milieu, se creuse en foss. (D'aprs une photographie.)        136

  Le tout-Antioche inonde les promenades. (D'aprs une
    photographie.)                                                 137

  Les crtes des collines sont couronnes de chapelles ruines
    (page 142).                                                    138

  Alep est une ville militaire. (D'aprs une photographie.)        139

  La citadelle d'Alep se dtache des quartiers qui l'avoisinent
    (page 143). (D'aprs une photographie.)                        139

  Les parois du canal de Sleucie s'lvent jusqu' 40 mtres.
    (D'aprs une photographie.)                                    140

  Les tombeaux de Sleucie s'tageaient sur le Kasios. (D'aprs
    une photographie.)                                             141

   Alep une seule mosque peut presque passer pour une oeuvre
    d'art. (D'aprs une photographie.)                             142

  Tout alentour d'Alep la campagne est dserte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 143

  Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifi.                       144

  Balkis veille, de loin et de haut, l'ide d'une taupinire
    (page 147). (D'aprs une photographie.)                        145

  Stle Hittite. L'artiste n'a excut qu'un premier ravalement
    (page 148).                                                    145

  glise armnienne de Nisib; le plan en est masqu au dehors.
    (D'aprs une photographie.)                                    146

  Tell-Erfat est peupl d'Yazides; on le reconnat  la forme des
    habitations. (D'aprs une photographie.)                       147

  La rive droite de l'Euphrate tait couverte de stations romaines
    et byzantines. (D'aprs une photographie.)                     148

  Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indfiniment
    (page 148). (D'aprs une photographie.)                        149

  Srsat: village mixte d'Yazides et de Bdouins (page 146).
    (D'aprs une photographie.)                                    150

  Les Tcherkesses diffrent des autres musulmans; sur leur personne,
    pas de haillons (page 152). (D'aprs une photographie.)        151

  Ras-el-An. Deux jours se passent, mlancoliques, en ngociations
    (page 155). (D'aprs une photographie.)                        152

  J'ai laiss ma tente hors les murs devant Orfa. (D'aprs une
    photographie.)                                                 153

  Environs d'Orfa:  les vignes, basses, courent sur le sol. (D'aprs
    une photographie.)                                             154

  Vue gnrale d'Orfa. (D'aprs une photographie.)                 155

  Porte arabe  Rakka (page 152). (D'aprs une photographie.)      156

  Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurs sont ports dans le
    bac  force de bras (page 159). (D'aprs une photographie.)    157

  Bdouin. (D'aprs une photographie.)                             157

  Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restes debout.
    (D'aprs une photographie.)                                    158

  Orfa: mosque Ibrahim-Djami; les promeneurs flnent dans la cour
    et devant la piscine (page 157). (D'aprs une photographie.)   159

  Pont byzantin et arabe (page 159). (D'aprs une photographie.)   160

  Mausole d'Alif, orn d'une frise de ttes sculptes (page 160).
    (D'aprs une photographie.)                                    161

  Mausole de Thodoret, selon la lgende, prs de Cyrrhus.
    (D'aprs une photographie.)                                    162

  Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taille (page 165).
    (D'aprs une photographie.)                                    163

  L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit
    corps de lgionnaires romains (page 160). (D'aprs une
    photographie.)                                                 163

  Trappe de Checkhl: un grand difice en pierres a remplac les
    premires habitations (page 166.)                              164

  Trappe de Checkhl: la chapelle (page 166). (D'aprs une
    photographie.)                                                 165

  Pre Maronite (page 168). (D'aprs une photographie.)            166

  Acbs est situ au fond d'un grand cirque montagneux (page 166).
    (D'aprs une photographie.)                                    167

  Trappe de Checkhl: premires habitations des trappistes
    (page 166). (D'aprs une photographie.)                        168


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_


  Indignes hbridais de l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat. (D'aprs
    une photographie.)                                             170

  Une case de l'le de Spiritu-Santo et ses habitants. (D'aprs
    une photographie.)                                             171

  Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat, prsente
    une rade magnifique. (D'aprs une photographie.)               172

  C'est  Port-Vila ou Franceville, dans l'le Vat, que la France
    a un rsident. (D'aprs une photographie.)                     173

  Dieux indignes ou Tabous. (D'aprs une photographie.)           174

  Les indignes hbridais de l'le Mallicolo ont un costume et
    une physionomie moins sauvages que ceux de l'le Pentecte.
    (D'aprs des photographies.)                                   175

  Pirogues de l'le Vao. (D'aprs une photographie.)               176

  Indignes employs au service d'un bateau. (D'aprs une
    photographie.)                                                 177

  Un sous-bois dans l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 178

  Un banquet de Franais  Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La colonie franaise de Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La rivire de Luganville. (D'aprs une photographie.)            180


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_


  Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba
    (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         181

  La reine des cloches Tsar Kolokol (page 180). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 181

  Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files
    dans les rues de Moscou (page 183).                            182

  Les paysannes en plerinage arrives enfin  Moscou, la cit
    sainte (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  183

  Une chapelle o les passants entrent adorer les icnes
    (page 183). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         184

  La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se dcouvrir
    (page 185). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        185

  Une porte du Kreml (page 185). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    186

  Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui
    entourent la cit sainte (page 185). (D'aprs une photographie
    de M. J. Cahen.)                                               187

  Deux villes dans le Kreml: celle du XVe sicle, celle d'Ivan,
    et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais
    (page 190).                                                    188

  Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses crneaux, ses tours aux
    toits aigus (page 183). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    189

  Tout prs de l'Assomption, les deux glises-soeurs se dressent:
    les Saints-Archanges et l'Annonciation (page 186). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 189

   l'extrmit de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis
    de ses clochers (page 184). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    190

  Du haut de l'Ivan Vliki, la ville immense se dcouvre (page 190).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    191

  Un des isvotchiks qui nous mnent grand train  travers les rues
    de Moscou (page 182).                                          192

  Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchs moscovites,
    entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent l
    leurs produits (page 195). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        193

  L'isvotchik a revtu son long manteau bleu (page 194). (D'aprs
    une photographie de M. J. Cahen.)                              193

  Itinraire de Moscou  Tomsk.                                    194

   ct d'une picerie, une des petites boutiques o l'on vend le
    kvass, le cidre russe (page 195). (D'aprs une photographie de
    M. J. Cahen.)                                                  195

  Et des Tatars offraient des toffes tales sur leurs bras
    (page 195). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         196

  Patients, rsigns, les cochers attendent sous le soleil de midi
    (page 194). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         197

  Une cour du quartier ouvrier, avec l'icne protectrice (page 196).
    (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)                     198

  Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui
    relie la vieille ville  la nouvelle, la citadelle au march
    (page 204). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         199

  Le march tincelait dans son fouillis (page 195). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  200

  Dj la grande industrie pntre: on rencontre  Moscou des
    ouvriers modernes (page 195). (D'aprs une photographie.)      201

  Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux (page 204).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    202

  Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent,  tous les
    tages, autour de grandes cours (page 196). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  203

  Le char funbre tait blanc et dor (page 194). (D'aprs une
    photographie.)                                                 204

   Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars,
    Tcherkesses (page 208). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        205

  Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand chle
    (page 214). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        205

  Nous avons travers le grand pont qui mne  la foire (page 205).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    206

  Au dehors, la vie de chaque jour s'talait, ple-mle, 
    l'orientale (page 207). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        207

  Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni (page 206).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    208

  Dans les rues, les petits marchands taient innombrables
    (page 207). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         209

  Dans une rue, c'taient des coffres de toutes dimensions, peints
    de couleurs vives (page 206). (D'aprs une photographie de M.
    J. Cahen.)                                                     210

  Prs de l'asile, nous sommes alls au march aux cloches
   (page 208). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)          211

  Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques taient pendues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         211

  Dans une autre rue, les charrons avaient accumul leurs roues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         212

  Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchs
    des dbarcadres ou des stations (page 215). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  213

  Le Kreml de Kazan. C'est l que sont les glises et les
    administrations (page 214). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    214

  Sur la berge, des tarantass taient ranges (page 216). (D'aprs
    une photographie de M. Thibeaux.)                             215

  Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs
    (page 213). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        216

   presque toutes les gares il se forme spontanment un petit
    march (page 222). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  217

  Dans la plaine (page 221). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    217

  Un petit fumoir, vitr de tous cts, termine le train
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        218

  Les migrants taient l, ple-mle, parmi leurs misrables
    bagages (page 226). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        219

  Les petits garons du wagon-restaurant s'approvisionnent
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        220

  migrants prenant leur maigre repas pendant l'arrt de leur train
    (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine)           221

  L'ameublement du wagon-restaurant tait simple, avec un bel air
    d'aisance (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 222

  Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibrien.
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                223

  L'glise, prs de la gare de Tchliabinsk, ne diffre des isbas
    neuves que par son clocheton (page 225). (Photographie extraite
    du Guide du Transsibrien.)                                  224

  Un train de constructeurs tait remis l, avec son wagon-chapelle
    (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)          225

  Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur
    la rive droite. (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)      226

  Un point d'migration (page 228). (Photographie de M. A. N. de
    Koulomzine.)                                                   227

  Enfants d'migrants (page 228). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    228

  Un petit march dans une gare du Transsibrien. (Photographie de
    M. Legras.)                                                    229

  La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isol (page 230).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    229

  Nous sommes passs prs d'une glise  clochetons verts (page 230).
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                230

  Tomsk a group dans la valle ses maisons grises et ses toits
    verts (page 230). (Photographie de M. Brocherel.)              231

  Aprs la dbcle de la Tome, prs de Tomsk (page 230). (D'aprs
    une photographie de M. Legras.)                                232

  Le chef de police demande quelques explications sur les passeports
    (page 232). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        233

  La cathdrale de la Trinit  Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         234

  Tomsk: en revenant de l'glise (page 234). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 235

  Tomsk n'tait encore qu'un campement, sur la route de l'migration
    (page 231). (D'aprs une photographie.)                        236

  Une rue de Tomsk, dfinie seulement par les maisons qui la bordent
    (page 231). (Photographie de M. Brocherel.)                    237

  Les cliniques de l'Universit de Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         238

  Les longs btiments blancs o s'abrite l'Universit (page 237).
    (Photographie extraite du Guide du Transsibrien.)           239

  La voiture de l'icne stationnait parfois (page 230). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 240

  Flneurs  la gare de Petropavlosk (page 242). (D'aprs une
    photographie de M. Legras.)                                    241

  Dans les valles de l'Oural, habitent encore des Bachkirs
    (page 245). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        241

  Un taillis de bouleaux entourait une petite mare. (D'aprs une
    photographie.)                                                 242

  Les rivires roulaient une eau claire (page 244). (D'aprs une
    photographie.)                                                 243

  La ligne suit la valle des rivires (page 243). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 244

  Comme toute l'activit commerciale semble frle en face des eaux
    puissantes de la Volga! (page 248.) (D'aprs une photographie
    de M. G. Cahen.)                                               245

  Bachkirs sculpteurs. (D'aprs une photographie de M. Paul
    Labb.)                                                        246

   la gare de Tchliabinsk, toujours des migrants (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. J. Legras.)                    247

  Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel (page 251).
    (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)                     248

  Joie nave de vivre, et mlancolie.--un petit march du sud
    (page 250). (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)         249

  Un russe dans son vtement d'hiver (page 249). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  250

  Dans tous les villages russes, une activit humble, pauvre de
    moyens.--Marchands de poteries (page 248). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  251

  L, au passage, un Kirghize sur son petit cheval (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)         252


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_


  Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse
    promenade. (Photographie Alinari.)                             253

  Porte de la cathdrale Saint-Laurent de Lugano (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        253

  Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de
    San Salvatore. (D'aprs une photographie.)                     254

  La ville de Lugano descend en amphithtre jusqu'aux rives de son
    lac. (Photographie Alinari.)                                   255

  Lugano: faubourg de Castagnola. (D'aprs une photographie.)      256

  La cathdrale de Saint-Laurent: sa faade est dcore de figures
    de prophtes et de mdaillons d'aptres (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        257

  Saint-Roch: dtail de la fresque de Luini  Sainte-Marie-des-Anges
    (Photographie Alinari.)                                        258

  La passion: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260). (Photographie Alinari)                             259

  Saint Sbastien: dtail de la grande fresque de Luini 
    Sainte-Marie-des-Anges. (Photographie Alinari.)                260

  La madone, l'enfant Jsus et Saint Jean, par Luini, glise
    Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari.)     261

  La Scne: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260).                                                    262

  Lugano: le quai et le faubourg Paradiso.
    (Photographie Alinari.)                                        263

  Lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard.
    (D'aprs une photographie.)                                    264


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_


  Les quais sont anims par la population grouillante des Chinois
    (page 266). (D'aprs une photographie.)                        265

  Acteurs du thtre chinois. (D'aprs une photographie.)          265

  Plan de Shangha.                                                266

  Shangha est sillonne de canaux qui,  mare basse, montrent
    une boue noire et mal odorante. (Photographie de Mlle Hlne
    de Harven.)                                                    267

  Panorama de Shangha. (D'aprs une photographie.)                268

  Dans la ville chinoise, les camelots sont nombreux, qui dbitent
    en plein vent des marchandises ou des lgendes extraordinaires.
    (D'aprs une photographie.)                                    269

  Le poste de l'Ouest, un des quatre postes o s'abrite la milice
    de la Concession franaise (page 272). (D'aprs une
    photographie.)                                                 270

  La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville
    chinoise de Shangha (page 268).                               271

  Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment
    l'arrive du client (page 266). (Photographies de Mlle H. de
    Harven.)                                                       271

  Une maison de th dans la cit chinoise. (D'aprs une
    photographie.)                                                 272

  Les brouettes, qui transportent marchandises ou indignes, ne
    peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions
    (page 270). (D'aprs une photographie.)                        273

  La prison de Shangha se prsente sous l'aspect d'une grande cage,
     forts barreaux de fer. (D'aprs une photographie.)           274

  Le parvis des temples dans la cit est toujours un lieu de
    runion trs frquent. (D'aprs une photographie.)            275

  Les murs de la cit chinoise, du ct de la Concession franaise.
    (D'aprs une photographie.)                                    276

  La navigation des sampans sur le Ouang-P. (D'aprs une
    photographie.)                                                 277

  Aiguille de la pagode de Long-Hoa. (D'aprs une photographie.)   277

  Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang.
    (D'aprs une photographie.)                                    278

  Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle
    apparence (page 282).                                          279

  Les jeunes Chinois flnent au soleil dans leur Cit.
    (Photographies de Mlle H. de Harven.)                          279

  Sur les quais du Yang-King-Pang s'lvent des btiments, banques
    ou clubs, qui n'ont rien de chinois. (D'aprs une
    photographie.)                                                 280

  Le quai de la Concession franaise prsente,  toute heure du
    jour, la plus grande animation. (D'aprs une photographie.)    281

  Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entre de la pagode. (D'aprs
    une photographie.)                                             282

  L'omnibus du pauvre (wheel-barrow ou brouette) fait du deux 
    l'heure et cote quelques centimes seulement. (D'aprs une
    photographie.)                                                 283

  Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang. (D'aprs une
    photographie.)                                                 284

  Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai
    chinois de Tou-Ka-Dou. (D'aprs une photographie.)             285

  Chinoises de Shangha. (D'aprs une photographie.)               286

  Village chinois aux environs de Shangha. (D'aprs une
    photographie.)                                                 287

  Le charnier des enfants trouvs (page 280). (D'aprs une
    photographie.)                                                 288


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_


  L'cole maternelle de Hampton accueille et occupe les ngrillons
    des deux sexes. (D'aprs une photographie.)                    289

  Institut Hampton: cours de travail manuel. (D'aprs une
    photographie.)                                                 289

  Booker T. Washington, le leader de l'ducation des ngres aux
    tats-Unis, fondateur de l'cole de Tuskegee, en costume
    universitaire. (D'aprs une photographie.)                     290

  Institut Hampton: le cours de maonnerie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 291

  Institut Hampton: le cours de laiterie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 292

  Institut Hampton: le cours d'lectricit. (D'aprs une
    photographie.)                                                 293

  Institut Hampton: le cours de menuiserie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 294

  Le salut au drapeau excut par les ngrillons de l'Institut
    Hampton. (D'aprs une photographie.)                           295

  Institut Hampton: le cours de chimie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 296

  Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton. (D'aprs
    une photographie.)                                             297

  Institut Hampton: le cours de cosmographie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 298

  Institut Hampton: le cours de botanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 299

  Institut Hampton: le cours de mcanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 300


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan._


  Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed.
    (D'aprs une photographie.)                                    301

  Un poney persan et sa charge ordinaire. (D'aprs une
    photographie.)                                                 301

  Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur,
    d'Astrabad  Kirman.                                           302

  Les femmes persanes s'enveloppent la tte et le corps d'amples
    toffes. (D'aprs une photographie.)                           303

  Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravag, une rivire
    presque  sec; au fond, des constructions  l'aspect de fortins.
    (D'aprs une photographie.)                                    304

  Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus
    visits de l'Asie. (D'aprs une photographie.)                 305

  La cour principale du sanctuaire de Mechhed. (D'aprs une
    photographie.)                                                 306

  Enfants nomades de la Perse orientale. (D'aprs une
    photographie.)                                                 307

  Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 308

  Les prparatifs d'un campement dans le dsert de Lout. (D'aprs
    une photographie.)                                             309

  Le dsert de Lout n'est surpass, en aridit, par aucun autre de
    l'Asie. (D'aprs une photographie.)                            310

  Avant d'arriver  Kirman, nous avions  traverser la chane de
    Kouhpaia. (D'aprs une photographie.)                          311

  Rien n'gale la dsolation du dsert de Lout. (D'aprs une
    photographie.)                                                 312

  La communaut Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous
    souhaiter la bienvenue. (D'aprs une photographie.)            313

  Un marchand de Kirman. (D'aprs une photographie.)               313

  Le dme de Djabalia, ruine des environs de Kirman, ancien
    sanctuaire ou ancien tombeau. (D'aprs une photographie.)      314

   Kirman: le jardin qui est lou par le Consulat, se trouve  un
    mille au del des remparts. (D'aprs une photographie.)        315

  Une avenue dans la partie ouest de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 316

  Les gardes indignes du Consulat anglais de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 317

  La plus ancienne mosque de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik.
   (D'aprs une photographie.)                                     318

  Membres des cheikhis, secte qui en compte 7000 dans la province
    de Kirman. (D'aprs une photographie.)                         319

  La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix
    mosques de Kirman. (D'aprs une photographie.)                320

  Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf,
    terrain de plaisance occup par des jardins. (D'aprs une
    photographie.)                                                 321

  Les environs de Kirman comptent quelques maisons de th. (D'aprs
    une photographie.)                                             322

  Une tour de la mort, o les Zoroastriens exposent les cadavres.
    (D'aprs une photographie.)                                    323

  Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de
    Kirman. (D'aprs une photographie.)                            324

  Le Farma Farma. (D'aprs une photographie.)                    325

  Indignes du bourg d'Aptar, Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 325

  Carte du Makran.                                                 326

  Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupes autour
    d'un fort. (D'aprs une photographie.)                         327

  Des forts abandonns rappellent l'ancienne puissance du
    Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)                     328

  Chameliers brahmanes du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 329

  La passe de Fanoch, faisant communiquer la valle du mme nom et
    la valle de Lachar. (D'aprs une photographie.)               330

  Musiciens ambulants du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 331

  Une halte dans les montagnes du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 332

  Baloutches du district de Sarhad. (D'aprs une photographie.)    333

  Un fortin sur les frontires du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 334

  Dans les montagnes du Makran:  des collines d'argile succdent
    de rugueuses chanes calcaires. (D'aprs une photographie.)    335

  Bureau du tlgraphe sur la cte du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 336

  L'oasis de Djalsk, qui s'tend sur 10 kilomtres carrs, est
    remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages.
    (D'aprs une photographie.)                                    337

  Femme Parsi du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)        337

  Carte pour suivre les dlimitations de la frontire
    perso-baloutche.                                               338

  Nous campmes  Fahradj, sur la route de Kouak, dans une
    palmeraie. (D'aprs une photographie.)                         339

  C'est  Kouak que les commissaires anglais et persans s'taient
    donn rendez-vous. (D'aprs une photographie.)                 340

  Le sanctuaire de Mahoun, notre premire tape sur la route de
    Kouak. (D'aprs une photographie.)                             341

  Cour intrieure du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une
    photographie.)                                                 342

  Le khan de Klat et sa cour. (D'aprs une photographie.)         343

  Jardins du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une photographie.)     344

  Dans la valle de Kalagan, prs de l'oasis de Djalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             345

  Oasis de Djalsk: Des difices en briques abritent les tombes
    d'une race de chefs disparue. (D'aprs une photographie.)      346

  Indignes de l'oasis de Pandjgour,  l'est de Kouak. (D'aprs
    une photographie.)                                             347

  Camp de la commission de dlimitation sur la frontire
    perso-baloutche. (D'aprs une photographie.)                   348

  Campement de la commission des frontires perso-baloutches.
    (D'aprs une photographie.)                                    349

  Parsi de Yezd. (D'aprs une photographie.)                       349

  Une sance d'arpentage dans le Seistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 350

  Les commissaires persans de la dlimitation des frontires
    perso-baloutches. (D'aprs une photographie.)                  351

  Le delta du Helmand.                                             352

  Sculptures sassanides de Perspolis. (D'aprs une photographie.) 352

  Un gouverneur persan et son tat-major. (D'aprs une
    photographie.)                                                 353

  La passe de Buzi. (D'aprs une photographie.)                    354

  Le Gypsies du sud-est persan.                                    355

  Sur la lagune du Helmand. (D'aprs une photographie.)            356

  Couple baloutche. (D'aprs une photographie.)                    357

  Vue de Yezd, par o nous passmes pour rentrer  Kirman. (D'aprs
    une photographie.)                                             358

  La colonne de Nadir s'lve comme un phare dans le dsert.
    (D'aprs une photographie.)                                    359

  Mosque de Yezd. (D'aprs une photographie.)                     360


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES_


  Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses
    votes un peuple de divinits de pierre.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 361

  Emblme dcoratif (art khmer). (D'aprs une photographie.)       361

  Porte d'entre de la cit royale d'Angkor-Tom, dans la fort.
    (D'aprs une photographie.)                                    362

  Ce grand village, c'est Siem-Rap, capitale de la province.
    (D'aprs une photographie)                                     363

  Une chausse de pierre s'avance au milieu des tangs. (D'aprs
    une photographie.)                                             364

  Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la
    montagne sacre. (D'aprs une photographie.)                   365

  Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs. (D'aprs une
    photographie.)                                                 366

  La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomtres de tour;
    c'est un long clotre. (D'aprs une photographie.)             367

  Trois dmes hrissent superbement la masse formidable du temple
    d'Angkor-Wat. (D'aprs une photographie.)                      367

  Bas-relief du temple d'Angkor. (D'aprs une photographie.)       368

  La fort a envahi le second tage d'un palais khmer. (D'aprs
    une photographie.)                                             369

  Le gouverneur rquisitionne pour nous des charrettes  boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    370

  La jonque du deuxime roi, qui a, l'an dernier, succd  Norodom.
    (D'aprs une photographie.)                                    371

  Le palais du roi,  Oudong-la-Superbe. (D'aprs une
    photographie.)                                                 371

  Sculptures de l'art khmer. (D'aprs une photographie.)           372


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_


  La petite ville de Petrozeny n'est gure originale; elle a, de
    plus, un aspect malpropre. (D'aprs une photographie.)         373

  Paysan des environs de Petrozeny et son fils. (D'aprs une
    photographie.)                                                 373

  Carte de Roumanie pour suivre l'itinraire de l'auteur.          374

  Vendeuses au march de Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)   375

  La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit
     Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)                      376

  C'est aux environs d'Arad que pour la premire fois nous voyons
    des buffles domestiques. (D'aprs une photographie.)           377

  Montagnard roumain endimanch. (Clich Anerlich.)                378

  Derrire une haie de bois blanc s'lve l'habitation modeste.
    (D'aprs une photographie.)                                    379

  Nous croisons des paysans roumains. (D'aprs une photographie.)  379

  Costume national de gala, roumain. (Clich Cavallar.)            380

  Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont
    conserv leur type et leurs moeurs. (Photographie Anerlich.)   381

  Un rencontre prs de Padavag d'immenses troupeaux de boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    382

  Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et svres, sous
    le linge blanc. (D'aprs une photographie.)                    383

  En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria. (D'aprs une
    photographie.)                                                 384

  Dans la valle de l'Olt, les castrinza des femmes sont
    dcores de paillettes multicolores.                           385

  Dans le village de Slanic. (D'aprs une photographie.)           385

  Roumaine du dfil de la Tour-Rouge. (D'aprs une photographie.) 386

  La petite ville d'Horezu est charmante et anime. (D'aprs une
    photographie.)                                                 387

  La perle de Curtea, c'est cette superbe glise blanche,
    scintillante sous ses coupoles dores. (D'aprs une
    photographie.)                                                 388

  Une ferme prs du monastre de Bistritza. (D'aprs une
    photographie.)                                                 389

  Entre de l'glise de Curtea. (D'aprs une photographie.)        390

  Les religieuses du monastre d'Horezu portent le mme costume
    que les moines. (D'aprs une photographie.)                    391

  Devant l'entre de l'glise se dresse le baptistre de Curtea.
    (D'aprs une photographie.)                                    392

  Au march de Campolung. (D'aprs une photographie.)              393

  L'excursion du dfil de Dimboviciora est le complment oblig
    d'un sjour  Campolung. (D'aprs une photographie.)           394

  Dans le dfil de Dimboviciora. (D'aprs des photographies.)     395

  Dans les jardins du monastre de Curtea.                         396

  Sinaa: le chteau royal, Castel Pels, sur la montagne du mme
    nom. (D'aprs une photographie.)                               397

  Un enfant des Carpathes. (D'aprs une photographie.)             397

  Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina.
    (D'aprs une photographie.)                                    398

  Vue intrieure des mines de sel de Slanic. (D'aprs une
    photographie.)                                                 399

  Entre Campina et Sinaa la route de voiture est des plus
    potiques. (D'aprs une photographie.)                         400

  Un coin de Campina. (D'aprs une photographie.)                  401

  Les villas de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                402

  Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. -- L'glise du Spiritou
    Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. --
    L'glise mtropolitaine.--L'Universit.--Le palais Stourdza.
    -- Un vieux couvent. -- (D'aprs des photographies.)           403

  Le monastre de Sinaa se dresse derrire les villas et les
    htels de la ville. (D'aprs une photographie.)                404

  Une des deux cours intrieures du monastre de Sinaa. (D'aprs
    une photographie.)                                             405

  Une demeure princire de Sinaa. (D'aprs une photographie.)     406

  Busteni (les villas, l'glise), but d'excursion pour les habitants
    de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                         407

  Slanic: un wagon de sel. (D'aprs une photographie.)             408


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._


   la kermesse.                                                   409

  Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi.      409

  Des boerin bien prises en leurs justins marchent en roulant,
    un joug sur les paules.                                       410

  Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa
    demeure de haut en bas.                                        410

  Emplettes familiales.                                            411

  Les mnagres sont l, galement calmes, lentes, avec leurs
    grosses jupes.                                                 411

  Jeune mtayre de Middelburg.                                    412

  Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du march conduit
     un pont.                                                     412

  Une mre, songeuse, promenait son petit garon.                  413

  Une famille hollandaise au march de Middelburg.                 414

  Le march de Middelburg: considrations sur la grosseur des
    betteraves.                                                    415

  Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites.    416

  Un septuagnaire appuy sur son petit-fils me sourit
    bonassement.                                                   417

  Roux en le dcor roux, l'clusier fumait sa pipe.                417

  Le village de Zoutelande.                                        418

  Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bches
    blanches.                                                      419

  Aussi comme on l'aime, ce home.                                  420

  Les filles de l'htelier de Wemeldingen.                         421

  Il se campe prs de son cheval.                                  421

  Je rencontre  l'ore du village un couple minuscule.            422

  La campagne hollandaise.                                         423

  Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du molen.      423

  Par tous les sentiers, des marmots se juchrent.                 424

  Le pre Kick symbolisait les gnrations des Nerlandais
    dfunts.                                                       425

  Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues.               426

  L'une entonna une chanson.                                       427

  Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux.             428

  Famille hollandaise en voyage.                                   429

  Ah! les moulins; leur nombre droute l'esprit.                   429

  Les chariots enfoncs dans les champs marcageux sont enlevs
    par de forts chevaux.                                          430

  La digue de Westkapelle.                                         431

  Les cluses ouvertes.                                            432

  Les petits garons rdent par bandes,  grand bruit de sabots
    sonores....                                                    433

  Jeune mre  Marken.                                             433

  Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des
    peintres de tous les pays.                                     434

  Avec leurs figures rondes, panouies de contentement, les petites
    filles de Volendam font plaisir  voir.                        435

  Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout.  436

  Les jeunes filles de Volendam sont coiffes du casque en dentelle,
     forme de salade renverse.                                 437

  Deux pcheurs accroupis au soleil,  Volendam.                   438

  Une lessive consciencieuse.                                      439

  Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif.    440

  Les femmes de Volendam sont moins claquemures en leur logis.    441

  Vtu d'un pantalon dmesur, le pcheur de Volendam a une allure
    personnelle.                                                   442

  Un commencement d'idylle  Marken.                               443

  Les petites filles sont charmantes.                              444


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_


  Le lac sacr d'Osiris, situ au sud-est de son temple, qui a t
    dtruit. (D'aprs une photographie.)                           445

  Sti Ier prsentant des offrandes de pain, lgumes, etc. (D'aprs
    une photographie.)                                             445

  Une rue d'Abydos. (D'aprs une photographie.)                    446

  Maison d'Abydos habite par l'auteur, pendant les trois premires
    annes. (D'aprs une photographie.)                            447

  Le prtre-roi rendant hommage  Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une photographie.)          448

  Thot prsentant le signe de la vie aux narines du roi Sti Ier
    (chambre annexe de la deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une
    photographie.)                                                 449

  Le dieu Thot purifiant le roi Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris, mur sud). (D'aprs une photographie.) 450

  Vue intrieure du temple de Ramss II. (D'aprs une
    photographie.)                                                 451

  Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Sti Ier.
    (D'aprs une photographie.)                                    451

  Temple de Sti Ier, mur est, pris du mur nord. Salle due 
    Ramss II. (D'aprs une photographie.)                         452

  Temple de Sti Ier, mur est, montrant des scnes diverses du
    culte. (D'aprs une photographie.)                             453

  Table des rois Sti Ier et Ramss II, faisant des offrandes aux
    rois leurs prdcesseurs. (D'aprs une photographie.)          454

  Vue gnrale du temple de Sti Ier, prise de l'entre. (D'aprs
    une photographie.)                                             455

  Procession des victimes amenes au sacrifice (temple de
    Ramss II). (D'aprs une photographie.)                        456


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_


  Le bazar de Tackhent s'tale dans un quartier vieux et ftide.
    (D'aprs une photographie.)                                    457

  Un Kozaque de Djarghess. (D'aprs une photographie.)             457

  Itinraire de Tachkent  Prjevalsk.                              458

  Les marchands de pain de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  459

  Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 460

  Un contrefort montagneux borde la rive droite du tchou.
    (D'aprs une photographie.)                                    461

  Le bazar de Prjevalsk, principale tape des caravaniers de
    Viernyi et de Kachgar. (D'aprs une photographie.)             462

  Couple russe de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)           463

  Arrive d'une caravane  Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  464

  Le chef des Kirghizes et sa petite famille. (D'aprs une
    photographie.)                                                 465

  Notre djighite, sorte de garde et de policier. (D'aprs une
    photographie.)                                                 466

  Le monument de Prjevalsky,  Prjevalsk. (D'aprs une
    photographie.)                                                 467

  Des ttes humaines, grossirement sculptes, monuments funraires
    des Nestoriens... (D'aprs une photographie.)                  467

  Enfants kozaques sur des boeufs. (D'aprs une photographie.)     468

  Un de nos campements dans la montagne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 469

  Monte du col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)           469

  Dans la valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)         470

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         470

  La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indignes. (D'aprs
    une photographie.)                                             471

  Au sud du col s'levait une blanche pyramide de glace. (D'aprs
    une photographie.)                                             472

  La valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              473

  Le col de Karaguer, valle de Tomghent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 474

  Sur le col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)              475

  J'tais enchant des aptitudes alpinistes de nos coursiers.
    (D'aprs une photographie.)                                    475

  Le plateau de Saridjass, peu tourment, est pourvu d'une herbe
    suffisante pour les chevaux. (D'aprs une photographie.)       476

  Nous passons  gu le Kizil-Sou. (D'aprs des photographies.)    477

  Panorama du massif du Khan-Tengri. (D'aprs une photographie.)   478

  Entre de la valle de Kachkateur. (D'aprs une photographie.)   479

  Nous baptismes Kachkateur-Tao, la pointe de 4250 mtres que
    nous avions escalade. (D'aprs une photographie.)             479

  La valle de Tomghent. (D'aprs une photographie.)               480

  Des Kirghizes d'Oustchiar taient venus  notre rencontre.
    (D'aprs une photographie.)                                    481

  Kirghize joueur de flte. (D'aprs une photographie.)            481

  Le massif du Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              482

  Rgion des Monts Clestes.                                       482

  Les Kirghizes mnent au village une vie peu occupe. (D'aprs
    une photographie.)                                             483

  Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente
    glace. (D'aprs une photographie.)                            484

  Valle suprieure d'Inghiltchik. (D'aprs une photographie.)     485

  Valle de Kaende: l'eau d'un lac s'coulait au milieu d'une
    prairie maille de fleurs. (D'aprs une photographie.)        486

  Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangrent, avec leurs
    enfants, sur notre passage. (D'aprs une photographie.)        487

  Le chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)                488

  Nous salumes la valle de Kaende comme un coin de la terre des
    Alpes. (D'aprs une photographie.)                             489

  Femmes maries de la valle de Kaende, avec leur progniture.
    (D'aprs une photographie.)                                    490

  L'lment mle de la colonie vint tout l'aprs-midi voisiner
    dans notre campement. (D'aprs une photographie.)              491

  Un aoul kirghize.                                              492

  Yeux brids, pommettes saillantes, nez pat, les femmes de
    Kaende sont de vilaines Kirghizes. (D'aprs une photographie.) 493

  Enfant kirghize. (D'aprs une photographie.)                     493

  Kirghize dressant un aigle. (D'aprs une photographie.)          494

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         494

  Nous rencontrmes sur la route d'Oustchiar un berger et son
    troupeau. (D'aprs une photographie.)                          495

  Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'taient, pour
    nous recevoir, assembls sur une minence. (D'aprs une
    photographie.)                                                 496

  Le glacier de Kaende. (D'aprs une photographie.)                497

  L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende.                            498

  Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar. (D'aprs des
    photographies.)                                                498

  Kirghizes de Kaende. (D'aprs une photographie.)                 499

  Le pic de Kaende s'lve  6000 mtres. (D'aprs une
    photographie.)                                                 500

  La fille du chirta (chef) de Kaende, fiance au kaltch de la
    valle d'Irtach. (D'aprs une photographie.)                   501

  Le kaltch (chef) de la valle d'Irtach, l'heureux fianc de
    la fille du chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)     502

  Le glacier de Kaende.                                            503

  Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende. (D'aprs
    des photographies.)                                            503

  Retour des champs. (D'aprs une photographie.)                   504

  Femmes kirghizes de la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Un chef de district dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une
    pyramide. (D'aprs une photographie.)                          506

  Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Clestes,
    emmenant leur famille avec leurs marchandises. (D'aprs une
    photographie.)                                                 507

  La valle de Zououka, par o transitent les caravaniers de Viernyi
     Kachgar. (D'aprs une photographie.)                         508

  Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du mme nom,
    frquent par les nomades qui se rendent  Prjevalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             509

  Le chaos des pics dans le Kara-Tao. (D'aprs une photographie.)  510

  talon kirghize de la valle d'Irtach et son cavalier. (D'aprs
    une photographie.)                                             511

  Vhicule kirghize employ dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 511

  Les roches plisses des environs de Slifkina, sur la route de
    Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)                         512

  Campement kirghize, prs de Slifkina. (D'aprs une
    photographie.)                                                 513

  Femme kirghize tannant une peau. (D'aprs une photographie.)     514

  Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao. (D'aprs une photographie.)   515

  Tombeau kirghize. (D'aprs une photographie.)                    516


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_


  L'espoir des Fero se rendant  l'cole. (D'aprs une
    photographie.)                                                 517

  Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois.
    (D'aprs une photographie.)                                    517

  Thorshavn apparut, construite en amphithtre au fond d'un petit
    golfe.                                                         518

  Les fermiers de Kirkeboe en habits de fte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 519

  Les poneys feroens et leurs caisses  transporter la tourbe.
    (D'aprs une photographie.)                                    520

  Les dnicheurs d'oiseaux se suspendent  des cordes armes d'un
    crampon. (D'aprs une photographie.)                           521

  Des lots isols, des falaises de basalte ruines par le heurt
    des vagues. (D'aprs des photographies.)                       522

  On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont
    environ 6 mtres. (D'aprs une photographie.)                  523

  Les femmes feroennes prparent la laine.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 524

  On sale les morues. (D'aprs une photographie.)                  525

  Feroen en costume de travail. (D'aprs une photographie.)       526

  Les femmes portent une robe en flanelle tisse avec la laine
    qu'elles ont carde et file. (D'aprs une photographie.)      527

  Dj mlancolique!... (D'aprs une photographie.)                528


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_


  Groupe de Brahmanes lecteurs franais. (D'aprs une
    photographie.)                                                 529

  Musicien indien de Pondichry. (D'aprs une photographie.)       529

  Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu
    compliqu. (D'aprs une photographie.)                         530

  La visite du march est toujours une distraction utile pour le
    voyageur. (D'aprs une photographie.)                          531

  Indienne en costume de fte. (D'aprs une photographie.)         532

  Groupe de Brahmanes franais. (D'aprs une photographie.)        533

  La pagode de Villenour,  quelques kilomtres de Pondichry.
    (D'aprs une photographie.)                                    534

  Intrieur de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.) 535

  La Fontaine aux Bayadres. (D'aprs une photographie.)           536

  Plusieurs rues de Pondichry sont larges et bien bties.
    (D'aprs une photographie.)                                    537

  tang de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.)     538

  Brahmanes franais attendant la clientle dans un bazar.
    (D'aprs une photographie.)                                    539

  La statue de Dupleix  Pondichry. (D'aprs une photographie.)   540


UNE PEUPLADE MALGACHE

LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_


  Les populations souhaitent la bienvenue  l'tranger. (D'aprs
    une photographie.)                                             541

  Femme d'Ankarimbelo. (D'aprs une photographie.)                 541

  Carte du pays des Tanala.                                        542

  Les femmes tanala sont sveltes, lances. (D'aprs une
    photographie.)                                                 543

  Panorama de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)             544

  Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy. (D'aprs une
    photographie.)                                                 545

  Un partisan tanala tirant  la cible  Fort-Carnot. (D'aprs
    une photographie.)                                             546

  Enfants tanala. (D'aprs une photographie.)                      547

  Les hommes, tous arms de la hache. (D'aprs une photographie.)  548

  Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creus, et recouverts
    d'un drap. (D'aprs une photographie.)                         549

  Le battage du riz. (D'aprs une photographie.)                   550

  Une halte de partisans dans la fort. (D'aprs une
    photographie.)                                                 551

  Femmes des environs de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)  552

  Les Tanala au repos perdent toute leur lgance naturelle.
    (D'aprs une photographie.)                                    553

  Une jeune beaut tanala. (D'aprs une photographie.)             553

  Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste lgant et souple.
    (D'aprs une photographie.)                                    554

  Le chant du e manenina,  Iaborano. (D'aprs une
    photographie.)                                                 555

  La rue principale  Sahasinaka. (D'aprs une photographie.)      556

  La danse est excute par des hommes, quelquefois par des femmes.
    (D'aprs une photographie.)                                    557

  Un danseur botomaro. (D'aprs une photographie.)                 558

  La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degr.
    (D'aprs des photographies.)                                   559

  Tapant  coups redoubls sur un long bambou, les Tanala en tirent
    une musique trange. (D'aprs une photographie.)               560

  Femmes tanala tissant un lamba. (D'aprs une photographie.)      561

  Le village et le fort de Sahasinaka s'lvent sur les hauteurs
    qui bordent le Faraony. (D'aprs une photographie.)            562

  Un dtachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana.
    (D'aprs une photographie.)                                    563

  Profil et face de femmes tanala. (D'aprs une photographie.)     564


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_


  Les murailles de Sfax, vritable dcor d'opra.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Salem, le domestique arabe de l'auteur. (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Carte de la rgion du Bou Hedma (sud tunisien).                  566

  Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses. (D'aprs
    une photographie.)                                             567

  L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la
    fivre. (D'aprs une photographie.)                            568

  Le cirque du Bou Hedma. (D'aprs une photographie.)              569

  L'oued Hadedj sort d'une troite crevasse de la montagne.
    (D'aprs une photographie.)                                    570

  Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'annes.
    (D'aprs une photographie.)                                    571

  Un puits dans le dfil de Touninn. (D'aprs une photographie.)  571

  Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sdentaires, qui
    cultivent oliviers et figuiers. (D'aprs une photographie.)    572

  De temps en temps la fort de gommiers se rvle par un arbre.
    (D'aprs une photographie.)                                    573

  Le village de Mech; dans l'arrire-plan, le Bou Hedma. (D'aprs
    une photographie.)                                             574

  Le Khrangat Touninn (dfile de Touninn), que traverse le chemin
    de Bir Saad  Sakket. (D'aprs une photographie.)              575

  Le puits de Bordj Saad. (D'aprs une photographie.)              576


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_


  Aprs avoir crois des boeufs superbes.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 577

  Femme castillane. (D'aprs une photographie.)                    577

  On chemine  travers l'inextricable rseau des ruelles
    silencieuses. (D aprs une photographie.)                      578

  La rue du Commerce,  Tolde. (D'aprs une photographie.)        579

  Un reprsentant de la foule innombrable des mendiants de Tolde.
    (D'aprs une photographie.)                                    580

  Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entres monumentales
    d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              581

  Porte du vieux palais de Tolde. (D'aprs une photographie.)     582

  Fire et isole comme un arc de triomphe, s'lve la merveilleuse
    Puerta del Sol. (Photographie Lacoste,  Madrid.)              583

  Dtail de sculpture mudejar dans le Transito. (D'aprs une
    photographie.)                                                 584

  Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              585

  Madrilne. (D'aprs une photographie.)                           586

  La porte de Visagra, construction massive remontant  l'poque
    de Charles Quint. (Photographie Lacoste,  Madrid.)            587

  Tympan mudejar. (D'aprs une photographie.)                      588

  Des familles d'ouvriers ont tabli leurs demeures prs de
    murailles solides. (D'aprs une photographie.)                 589

  Castillane et Svillane. (D'aprs une photographie.)             589

  Isabelle de Portugal, par le Titien (Muse du Prado).
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              590

  Le palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)        591

  Statue polychrome du prophte lie, dans l'glise de Santo Tom
    (auteur inconnu). (D'aprs une photographie.)                  592

  Porte du palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)  593

  Portrait d'homme, par le Greco. (Photographie Hauser y Menet,
     Madrid.)                                                     594

  La cathdrale de Tolde.                                         595

  Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (glise Santo Tom).
    (D'aprs une photographie.)                                    596

  Le couvent de Santo Tom conserve une tour en forme de minaret.
    (D'aprs une photographie.)                                    597

  Les vques Mendoza et Ximns. (D'aprs une photographie.)      598

  Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia.
    (D'aprs une photographie.)                                    599

  Prise de Melilla (cathdrale de Tolde). (D'aprs une
    photographie.)                                                 600

  C'est dans cette pauvre demeure que vcut Cervants pendant son
    sjour  Tolde. (D'aprs une photographie.)                   601

  Saint Franois d'Assise, par Alonzo Cano, cathdrale de Tolde.  601

  Porte des Lions. (Photographie Lacoste,  Madrid.)               602

  Le clotre de San Juan de los Reyes apparat comme le morceau le
    plus prcieux et le plus fleuri de l'architecture gothique
    espagnole. (Photographie Lacoste,  Madrid.)                   603

  Ornements d'glise,  Madrid. (D'aprs une photographie.)        604

  Porte due au ciseau de Berruguete, dans le clotre de la
    cathdrale de Tolde. (Photographie Lacoste,  Madrid.)        605

  Une torea. (D'aprs une photographie.)                           606

  Vue intrieure de l'glise de San Juan de Los Reyes.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              607

  Une rue de Tolde. (D'aprs une photographie.)                   608

  Porte de l'hpital de Santa Cruz. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     609

  Sur les bords du Tage. (Photographie Lacoste,  Madrid.)         610

  Escalier de l'hpital de Santa Cruz. (D'aprs une photographie.) 611

  Dtail du plafond de la cathdrale. (D'aprs une photographie)   612

  Pont Saint-Martin  Tolde. (D'aprs une photographie.)          613

  Guitariste castillane. (D'aprs une photographie.)               613

  La Casa consistorial, htel de ville. (D'aprs une
    photographie.)                                                 614

  Le patio des Templiers. (D'aprs une photographie.)            615

  Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille lgre.
    (D'aprs une photographie.)                                    616

  Un coin de la Mosque de Cordoue. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     617

  Chapelle de San Fernando, de style mudejar, leve au
    centre de la Mosque de Cordoue. (D'aprs une photographie.)   618

  La mosque qui fait la clbrit de Cordoue, avec ses dix-neuf
    galeries hypostyles, orientes vers la Mecque. (Photographie
    Lacoste,  Madrid.)                                            619

  Dtail de la chapelle de San Fernando. (D'aprs une
    photographie.)                                                 620

  Vue extrieure de la Mosque de Cordoue, avec l'glise
    catholique leve en 1523, malgr les protestations des
    Cordouans. (D'aprs une photographie.)                         621

  Statue de Gonzalve de Cordoue. (D'aprs une photographie.)       622

  Statue de doa Maria Manrique, femme de Gonzalve de Cordoue.
    (D'aprs une photographie.)                                    623

  Dtail d'une porte de la mosque. (D'aprs une photographie.)    624









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If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.

1.B.  "Project Gutenberg" is a registered trademark.  It may only be
used on or associated in any way with an electronic work by people who
agree to be bound by the terms of this agreement.  There are a few
things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
even without complying with the full terms of this agreement.  See
paragraph 1.C below.  There are a lot of things you can do with Project
Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
works.  See paragraph 1.E below.

1.C.  The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
Gutenberg-tm electronic works.  Nearly all the individual works in the
collection are in the public domain in the United States.  If an
individual work is in the public domain in the United States and you are
located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
are removed.  Of course, we hope that you will support the Project
Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
the work.  You can easily comply with the terms of this agreement by
keeping this work in the same format with its attached full Project
Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.

1.D.  The copyright laws of the place where you are located also govern
what you can do with this work.  Copyright laws in most countries are in
a constant state of change.  If you are outside the United States, check
the laws of your country in addition to the terms of this agreement
before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
creating derivative works based on this work or any other Project
Gutenberg-tm work.  The Foundation makes no representations concerning
the copyright status of any work in any country outside the United
States.

1.E.  Unless you have removed all references to Project Gutenberg:

1.E.1.  The following sentence, with active links to, or other immediate
access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
copied or distributed:

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
with this eBook or online at www.gutenberg.org

1.E.2.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
and distributed to anyone in the United States without paying any fees
or charges.  If you are redistributing or providing access to a work
with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
1.E.9.

1.E.3.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
with the permission of the copyright holder, your use and distribution
must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
terms imposed by the copyright holder.  Additional terms will be linked
to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
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1.E.4.  Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
License terms from this work, or any files containing a part of this
work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.

1.E.5.  Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
electronic work, or any part of this electronic work, without
prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
active links or immediate access to the full terms of the Project
Gutenberg-tm License.

1.E.6.  You may convert to and distribute this work in any binary,
compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
word processing or hypertext form.  However, if you provide access to or
distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
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you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
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request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
form.  Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
License as specified in paragraph 1.E.1.

1.E.7.  Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
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1.E.8.  You may charge a reasonable fee for copies of or providing
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that

- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
     the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
     you already use to calculate your applicable taxes.  The fee is
     owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
     has agreed to donate royalties under this paragraph to the
     Project Gutenberg Literary Archive Foundation.  Royalty payments
     must be paid within 60 days following each date on which you
     prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
     returns.  Royalty payments should be clearly marked as such and
     sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
     address specified in Section 4, "Information about donations to
     the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."

- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
     you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
     does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
     License.  You must require such a user to return or
     destroy all copies of the works possessed in a physical medium
     and discontinue all use of and all access to other copies of
     Project Gutenberg-tm works.

- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
     money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
     electronic work is discovered and reported to you within 90 days
     of receipt of the work.

- You comply with all other terms of this agreement for free
     distribution of Project Gutenberg-tm works.

1.E.9.  If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
your equipment.

1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH F3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

1.F.3.  LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from.  If you
received the work on a physical medium, you must return the medium with
your written explanation.  The person or entity that provided you with
the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
refund.  If you received the work electronically, the person or entity
providing it to you may choose to give you a second opportunity to
receive the work electronically in lieu of a refund.  If the second copy
is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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